Provost, curé de Saint-Jean de Matha
Nous sommes heureux de publier ce sermon in exlenso: nos lecteurs et sur- M ie de la campagne en tireront leur pro
nedixit no Le Seigneur s’est souvenu de nous, énis.
et il nous a b Ps. 113—19,
Domirus memor fuit nostri, et bei bis.
Mes Frères,
Ce concours d’intelligences éclairées, ce rassemblement honorable d’ane partie ande ville autour cole, qui vient par-
de Ia société de cette d’un missionnaire
ler de colonisation et d’agriculture, dans un jour et dans un temple consacrés au Seigneur, montrent bien la haute importance que l’on attache en tous lieux etde tous côtés à cette double question.
Il fallait assurément une circonstance comme celle-ci, une fête de cette nature, et un sujet qui m’occupe depuis au-delà de trente ans, pour m’amener aujourd’hui dans cette chaire sacrée.
Et, malgré tout, permettez-moi de vous dire que je n’avais pas calculé au juste le coût de l’entreprise, Néanmoins, comme les intérêts de la religion et de la patrie sont intimement liés à ceux de la colonisation et de l’agriculture, je consens volontiers à servir et à continuer ma part de sacrifices en faveur d'une œuvre qui provoque avec raison tant de sympa-
thies.
Je viens donc sans prétention comm sans crainte, mû par un double motif d’obéissance et de patriotism faire part
à ce nombreux et bienveillant auditoire,
de certaines considérations sur le sujet
précité, que je me propose de développer :
en aussi peu de temps que possible, sous
la heute approbation et de ceux qui : |
m'invitent et de ceux qui m’envoient.
C’est aussi sous votre patro
moire, Ô osepà, b
, dont l'Eglise nous rappeile aujourd’hvi la mé-
Saint-Jo 8 on modèle de tous les travailleurs, que je viens
ler d'une œnvre très importante au t de vue de la religion et de la
Daignez Pope quelqu’onction L'Ames paroles, afin qu’elles portent de bons fruits dans cette immense et religieëss assemblée.
Je dirai, mes frères, que la colonisation et l’agriculture sont des occunations très dignes, et les plus convenables auxuelles une grande partie de notre popution puisse 8e livrer avec avantage et po8 plus sérieux efforts doivent ten-
re à les favoriser, car eiles sont dans les vues de la Providence, la conservation 4e notre peuple et le brillant avenir de
notre pays.
res : On sait que le Maître de la création avait Ja pensée de rendre l’homme heureux lorsqu'il le plaça dans le paradis terrestre, avec ordre de cultiver ce beau domaine et de l’entretenir avec soin. Voilà une occupation divinement enseignée à l’homme dans son plus bel état de vie, alors qu’il était au sein desa gloire et au milieu de son bonbeur.
Les faits qui °° sont passés subséquemment ne l’ont point soustrait à lJ’obligation de travailler, tant s’en faut ; et c’est en vertu de ce travail même qu’il a dû depuis, qu’il doit encore et qu’il devra toujours pourvoir à sa subsistance. ‘“ In sudore vultôs tui, vesceris pane.” ‘ Tu te pourriras de pain à la sueur de ton * front.” En effet, les produits les plus précieux, les plus nécessaires même à la vie, n’émergent pas spontanément du sol, les quatre-cinquièmes de la population travaillante du globe sous l’apprennent par expérience, ils ont besoin d’être cultivés avec assiduité, et leurs propriétés, leur abondance de rendement dépendent des soins qu’ils reçoivent. Qui operatur lerram suam saltiabitur panibus. C’est celui qui cultive bien sa terre qui sera rassasié, comblé de biens.
Le défrichement âu sol, la bonne agri-
l'ordre de Dieu dans le cercle infini de ses volontés adorables, tant pour étendre les pacifiques conquêtes de l’homme sur ‘la terre que pour lui conserver une di- |. «gnité pleine d'harmonie avec la perfec- ‘|: tion des œuvres divines Oui |! l’œuvre de la colonisation et l’agriculture ! voilà une - œuvre qui, du côté du ciel, s’harmonise admirablement avec les desceins du Très Haut, et du côté de la terre une œuvre de vie, une œuvre de progrès, une œuvre ‘chère à l’homme.
- Que ne fait-elle en effet pour lui et avec lui! C'est elle qui recule la forêt, qui assainit le sol, qui en changeet en | te les produits. Pour lui, elle con-
culture rentrent donc par un effet de|h
FAASS ES PSA
vertit ses plusabondants tr.sors en us utiles, elle récompense le travail intelligent, l'énergie du colon, elle ceint de couronnes victorieuses le front des hommes énergiques qui ont agrandi le domaine de la culture.
O noble ouvrage que celui du défricheur ! et quel torrent de consolations sa colonisation ne fait-elle pas ruisseler dans sa famille !
Cette terre dont il prend possession sur la forêt devient pour lui un théâtre de succès prompts et étonnants—récom-
ense d’un travail et d’une méthode
ien ordonnés. Elle est aussi pour lui une mine précieuse puisqu'il en retire en peu de temps un vrai trésor dans un
ien-être sensible et dans une position enviable, Plusieurs y trouvent des richesses, tous y trouvent leur vie : ce 801 de la porte n’est ingrat pour personne : Ve
e cultive avac science et jugement il deviendra fécond et il assurera le bonheur de tous. In omni opere iuo erit abundantia.
Que les chefs de famille, dirai-je ici en cette occasion, veuillent bien considérer qu’ils ont pour ainsi dire et pour la plupart, comme une mission de salut public à remplir, celle par exemple de conduire leurs enfants dans les terres nouvelles,ou au moins dans les paroisses déjà commencées, mais qui ont à se compléter ; qu’ils doivent leur procurer les moyens d'y faire de bons établissements ; que ce sera pour eux, ces bons parents, une véritable satisfaction de les établir en quelque sorte à côté du toit qui les a vus naître ; qu’ils pourront visiter de temps en temps ces enfants bien-aimés dans leurs nouvelles demeures ; que ceux-ci y feront alternativement des fêtes joyeuses et innocentes au milieu de frères, de sœurs, de voisins, d'amis pleins d'estime et d’affection mutuelles; qu’ils toucheront enfin parce moyen au moment fortuné de la vie où toutes les joies les plus pures étant rassemblées, on goûte un vrai boneur.
Oui, disons-le hardiment, une ère nouvelle s’ouvre aujourd’hui pour les fils de nos cultivateurs canadiens surtout, et en
résences des sacrifies et des efforts que
’on fait de tous côtés pour dévelosper l’œuvre de la colonisation et encourager l’agriculture, il nous est permis de porter bien loin et bien haut nos espérances Jamais mouvement semblable à celui d’aujourd’hui n’a envahi aussi unanimement toutes les classes de la société, ;
Mes Frères, il est des spectacles qui
uvent passer inaperçus devant nous.
ien des choses en ce monde nous trouvent tièdes et indifférents. Il n’en est pas ainsi d’un noble dévouement, d’une géné-
LUS nn
rease entrenrise de bien public dont on connaît la louable rtée, l’heureuse issue. Notre impartialité se fait jour à travers une insensibilité apparente, nous applaudissons même et quand nous en sommes rendus à ce degré d’approbation, nous sommes tout près de l’imitation.
À l’œuvre donc, dirai-je à tous, au loin et au proche, à vous jeunes gens, pères de famille, hommes de métiers, fils de cultivateurs, d'hommes de profession même, et autres, qui que vous soyez, quelque soit votre condition, ésoutez ces paroles d’un ami sincère qui vous veut du bien, prêtez l'oreille aux avis bienveillants qu'il ose vous donner pour vous rendre service.
Venez voir les riantes campagnes que l'on vous propose de repeupler et de cultiver avec connaissance et discernement, venez voir les beaux domaines, les grands bois, les fertiles vallées que l’on vous proque de coloniser. Quels vastes og
‘honneur, de succès et de mérite à la disposition de tous les talents et de tous les courages !
Le 49ième parallèle de latitude au nord, la rivière Ottawa à l’ouest, le Saguenay à l’est, voilà les limites qui doivent circonscrire graduellement notre action colonisatrice. Vous avez dans cet espace des noms connus. Témiskeming, Maniwaki, Rivière du Lièvre, Nominin-
ue, Rivière-Rouge, Lac Archambault,
atawini, le Saint-Maurice, Lac Saint- Jean,—encore une iois, quelle immense région colonisable et qui n’a besoin que de la main de l’homme et de quelques années pour devenir l’égale des plus florissantes parties non seulement de la province, mais je dirai de la Puissance même.
Déjà d’heureux commencements sont faits, vous le savez. De nouvelles paroisses, de nouveaux villages s’y érigent de côté et d'autre Venez y ajouter, vous aussi, votre inufatigable activité, votre esprit d'entreprise, cette énergie conquérante qui feront surgir des entrailles mé.
mes de la terre, le bien-être et la prospèrité pour ceux que vous aimez ou que vous y aurez conduits, ou peut-être mieux encore pour vous-mêmes Soyez sûrs que vous pe serez pas trompés, un avenir, un grand avenir, le vôtre peut-être est là, d'immenses richesses, de grands trésors y sont enfouis, il ne tient qu’à vous d’en faire l’heureuse acquisition, l’importante exploitation, et d’être bénis, vous aussi à votre tour sur ce nouveau sol, “ Benedicti vos a Domino ”.
Et puis quel travail plus digne que celui-là, très rémunérateur d'ailleurs, quelle occupation plus honorable ? Et n’est-ce pas l’accomplissement d’une par-
tie du commandement divin : subjuguer ‘3
la terre pour la plus grande gloire de Dieu. Subjicite terram.…… terram autem dedit filius hominem.
Ah! je l'explique maintenant en second lieu, c’est avec raison, Mes Frères, que nous devons unir nos plus sérieux efforts en faveur de la colonisation et de l’agriculture. Ce sont nos artères de vie sociale et religieuse.
Autrefois, il n’y avait pas un mot À dire sur ces sujets. C'était à peu près précher dans le désert que de chercher à diriger des compatriotes vers les terres nouvelles, et quand il nous était donné, d’un autre côte, de nous adresser aux cultivateurs des 7ieilles paroisses pour leur parler d'instruction en maiière d’agriculture c'était presque leur faire une injure. Aujourd’hui c’est bien différent ; grâce aux louables efforts de toutes les autorités civiles et religieuses nous apercevons des jours meilleurs Lorsque nous voyons des associations se former de tous côtés sous les noms de sociétés de colonisation, sociétés d'agriculture, d’horticulture, concours régionaux, agricoles, etc., nous sommes témoins que les colons pensent à l’avenir de leurs tamilles et que les cultivateurs tendent vers la bauteur de leur position ; que les uns et les autres regardent avec anxiété dans l'avenir du pays et qu’ils voudraient, eux aussi, voir ses limites cultivables s’agrandir, ses vieilles terres s'améliorer. Tous semblent comprendre que la culture est la base matérielle de toute civilisation, qu’elle est la richesse des peuples et que le vrai patriotisme, qui surpasse en importance tous les biens temporels, a sa plus forte racine dans l’amour de la propriété ou si l’on veut d’un ehez 801.
D'où viennent, Mes Frères, ces admirables changements, sinon d’une meilleure intelligence de la vie agricole et parce que l’on commence à connaître Îles bienfaits de l'éducation même en cette watière,
Vous êtes les amis de cette éducation. Wous en donnez des preuves. Gloire à vous. Vous aimez à voir la génération actuelle marcher dans ce sentier si digne et si profitable. Eh bien, c’est là en effet le secret de l’avenir, la conservation de notre peuple.
Il a fallu beaucoup d'énergie, un tra-
vail et une constance hors ligne pour!
dissiper les préjugés qui ont retardé jus-
qu’à présent la colonisation et l’agricule !
ture. Et si ces œuvres ont quelque périté aujourd’hui, c’est ‘que ces ugés.
sont en partie vaincus, c'est que le temps
cercles - :
de la réflexion est venu, c’est que l’ins- |
aua si bonat norint à mar ! mais j'emtruction agricole a déjà mis dans les | prunte une parole d’'Evangile qui est bien
mains d’une foule de cultivateurs intelligent des diplômes exemplaires, impor-
, honorables, et que l’on s'efforce d'acquérir en tous lieux.
Poursuivous donc cet ouvrage, tous ensemble, mes frères, dans des fêtes comme celle-ci, dans des réunions particulières, dans des conférences faites
religion et la patrie y trouveront un ce immense. Car dans ces champs fortunés de la colonisation et de l’agriculture, n’en doutez pas,sont déposés comme ici au milieu de vous, les germes les plus précieux d’intégrité publique, d'honneur et de conscience. En se développant, ils nous conservent et nous fortifient dans la détermination d’un avenir sojide, définitif et prospère. Et puis il y a du roc dans les âmes comme dans la nature, voilà urquoi la nationalité canadienne, une is assise au banquet de sa plus haute prospérité, telle qu’un principe religieux, sera immuable et indestructible dans les hauteurs de sa destinée. Bénéfice de la religion !
Achevons d'exprimer ici toute notre pensée. La hache du défricheur qui mord la forêt du mutin au soir, ouvre un champ de carnage il est vrai, mais cette dévastation n’est qu’un bienfait : c’est l’entrée du règne agricole, c’est sa prise de
ession des terres. La fertilité d’un sol vierge donne immédiatement de grands produits. Puis aux champs de céréales succèdent les prairies, aux prairies les priarges. puis l’élévage des sn1imaux.
Enfin les voies de communication s’ouvrent, les produits s’exportent, de bons systèmes amènent le succès général. Béfice de la patrie !
O règne béni de l’agricuture, le fer et le feusont tes agents, la forêt tombe et recule à ton approche, l’homme est ton serviteur. Son courage à l'ombre des pons qu’il Fraque est mille fois plus
gau que la bouillante ardeur du soldat emporté par le prestige éblouissant de la loire. Son travail opiniâtre attache un euron de vaillance à la couronne que tu lui destines. Son bonheur est ta fin.
sur ces terrains conquis par une émulation pacifique et’ fraternelle, 1l ne flotte aucune bannière de guerre, aucun tro- - vhée teint du sang des morts ou des blesés, là point d’engivs destructeurs de la vie humaine, point d’éclairs foudroyants redoutables aux travailleurs ; cependant il s'accomplit des actes aussi honorables et aussi utiles à l'humanité, et pour le moins aussi acceptables à Dieu que le . d’une bataille ou la prise d’une ville.
Déjà il avait été dit : O fortunatos nimium,
pe explicite, je l’applique ici et je dis :
scires donum Dei : trop heureux habitants de la on si vous connaissies le don de Dieu
Plus nous aiderons le peuple dans sa marche vers la colonisation et l’agriculture, plus nous le pousserons selon les vues de la Providence vers le fond de sa vocation.
Vous travaillez à ce noble but, vous particulièrement mes frères, citoyens de cette grande ville, et vous le faites avec un dévouement digne de louange. Rien n’est épargné de votre part, ni démarches, ni sacrifices personnels, ni aumônes.
C’est bien là l’assurance du succès sous votre impulsion puissante, de grandes choses vont s’accomplir dans les domaines que vous avez choisis pour théâtres d’action, et je le souhaite de tout cœur.
Notre Nord-Ouest provincial est tout-àfait digne de fixer votre attention.
D'un autre côté, nos bien-aimés chefs et directeurs spirituels ont aussi eux pris la cause en leurs mains. Tantôt commé pour l’agriculture, ils font appel aux sentiments religieux du peuple dans d’admirables mandements. Tantôt comme aujourd’hui ils honorent et bénissent une fête de colonisation. Honneur et actions de grâces leur soient rendus !
C’est toujours le catholirisme au foni qui nous encourage et qui active le mouvement général dans les sphères du progrès. Et en l’interpellant ici devant vous, mes frères, pour lui demander comment il se fait que nous soyons arrivés à des jours dont nous nous faisons gloire, ne le vois-je pas qui 8e grandit detoutesa hauteur, qui se lève et qui dit:‘“ Les premiers enfants de ce pays se sont mis sous ma protection eux et leur postérité. Dès lors, je les ai regardés comme des fils chéris et bien-aimés auxquels je devais particulièrement m’intéresser. Leurs descendauts n’ont point déshérité de leurs qualités, de leurs vertus ; ils 8e sont montrés dignes de la confiance qu’avaient en noi reposée leurs pères, ils m'ont donné ñes témoignages de leur amour, et voilà qu’en retour de cet attachement fidèle qu’ils m'ont toujours professé, j'ai déployé audessus d’eux des ailes de protection, et je les ai sauvegardés, et je les ai conduits josqu ii heureux et prospères à travers tous les écueils.
En effet, mes frères, le catholicisme a gauvé notre langue, nos institutions et nos lois. Et puis notre religion, notre langue, nos institutions et nos lois ne sont-ce pas là les colonnes de notre édifice social que nos ennemis n’ont encore pu ébranler ?
Grâce à l'influence du principe reli-
de
gieux, nous sommes arrivés pleins de gloire et de foi, pleins de patriotisme de force et de vie à une époque certainement mémorable de notre vie sociale ; mais pour atteindre notre but définitif, nous n'avons pas seulement à conserver religieusement ce qu’on nous a légué au prix de bien des sacrifices, nous avons à consolider notre avenir, À le grandir encore et à lui ouvrir de nouvelles portes sur le chemin de la gloire.
Eh bien, comment cela se tera-t-il dans la suite ? Le passé nous instruit pour l'avenir. Cela se fera par la colonisation et l’agriculture, entre autres choses :
c’est-à-dire en faisant une me’ileure culture, une culture améliorée, une culture appropriée aux exigences du commerce et des besoins nouveaux, en remplissant les vides dans les paroisses déjà établies, et, enfin, en ouvrant de nouvelles terres, à tour de rôle, dans les endroits les plus favorables. Cela se fera par les missionnaires agricoles spécialement désignés pour encourager la colonisation et ve mouvoir l’agriculture dans leurs sphères respectives. Cela se fera par ies abondantes aumônes que vous saurez verser en temps et lieu convenables, comme au-
jourd’hui par exemple, au profit d’une |
œuvre aussi digne et aussi noble. Cela se tera, et très assurément encore, en favorisant la diffusion des principes et des sentiments rcligieux parmi le peuple.
Partout, en etfet, où resplendira le clocher du village, nous verrons des Canadiens à genoux chanter les hymnes de la religion et de la patrie. La langue, la foi, les mœurs, les usages se conserveront, c’est-à-dire la nationalité.
Et si l’avenir appartient à ceux qui s’empareront du sol, je prévois avec raison pour la race canadienne-française de beaux jours qui 8e perpétueront jusque dans les âges les plus lointains, sur ure terre imbibée de ses sueurs, et couverte des œuvres de sa foi : Adjiciat Dominus super vos; super vos el super filios vestros. Une terre ainsi vivifiée sous l’action conjointe de Dieu et des hommes est une terre de bonheur, une vraie terre promise. Et si la rosée fertilisante du ciel, parfois, se fait attendre, elle n’en descendra pas moins d’une manière très efñcace et dans un temps propice.
J’en donne pour ‘attestation ce qui arrive aujourd’hui dans le territoire où, travailleur obscur et isolé, je me suis occupé pendant trente ans, sans jamais désespérer du succès soit pour un jour, soit pour l’autre. Grand et bean territoire que celui-là, riche en terre, riche en bois, riche en pouvoirs d’eau, riche en terrain minier—plaine fertile, immense, à nos portes—soixante paroisses auraient
pu être établies 1ans ses limites, et il n'y en « encore que deux. Mais depuis six mois, cent nouveaux lots ont pris ; presque tous len jours de nouvelles fa:
milles s'y dirigent : j'ai assez de demandes en mains pour y former une nouvelle paroisse. Pour peu que ce mouvement se contir ue, nous constaterons hainement un succès prodigieux. Elle descendra aussi sur cette terre la rosée d'Hermon, et un peuple rapatrié, agrandi, conservé, s’y abritera comme ici sous la croix protectrice.
J'ai nommé la vallée de la Matawin— à vingt lieues de Joliette —à quinze lieues de ma paroisse, Saint-Tean de Matha, au cœur même de notre belle province de Québec. Elle sera plus tard la vallée centrale du second plan de la province que j'ai mentionné précédemment.
Lorsque 17 temps sera venu pour vous de porter vos regards de ce côté, vous y trouverez tout ce qu’il faut pour sa faire vos plus légitimes ambitions, Paroisses établies où il faut améliorer l'apr et combler des vides, paroisses
établir où il faut diriger nos rapatriés du nord.
Il est impossible de traverser cette belle vallée, comme je l'ai fait en tous sens et tant de fois, en calculant les avantages de colonisation et d’agriculture qu’elle offre dans toutes ses parties, sans pressentir qu’elle est destinée à devenir bientôt l’heureux séjour de populations canadiennes,qu'’elle se couvrira de leurs églises, de leurs écoles, qu'elle retentira du bélement de leurs troupeaux, du beuglement de leur bétail, qu’elle possèdera de richts greniers, d'agréables demeures.
Encore quelques années et nous saluerons, je l’espère, avec un inestimable plaisir l’aurore d’un beau jour ou plutôt une époque mémorable, une ère complète de prospérité pour ces agrandissemerits chéris de la atrie..…. CITRLLELLEL])] CLLLLLLLLRLLELELLELLE TX ))) Principalement quand au moyen du chemin de fer que nous travaillons à y construire de ce temps-ci, le trop plein de nos vieilles paroisses, ou peut-être même de nos villes y aura choisi son champ d’établissement..…… Et c’est alors que nous pourrons redire avec beaucoup de raison ces paroles que je prononçais en commençant :.“ Dominus memor fuit nostri et benedixit nobis ”, Le Seigneur s’est souvenu de nous et il nous a bénis. :
Et maintenant, Mes Frères, sans autre
précaution oratoire, pardon si j'ai abusé |
de votre indulgence. En bon fils de la religion et de la patrie, j'ai voulu dire un mot de ces œuvres qui leur seront si utiles à l’une et à l’autre. Je l'ai dit devañt un public éclairé, distingué, qui apprécie-
NATIVITE DE LA SAINTE VIERGE À l'église de la Nativité de la Saïntedu ifique démonstration
mon dans lequel
bienfaity de !’
Lai Ont fait la quête : M. G. E, Bari SAINT-LOUIS DE FRANOB, lier en c
nr Chabot, M. e, iso Saint-Louis de France, la | des eyndi et Dame Amédée | par M. l'abb6 Laroc- | M, Nan. Richard, dent de la
| Saint-Jean-Ba et Dame J, Pate.
Rouleau, professeur au col. | naude.