MONTREAL
Imprimerie de La Minerve,
Société'de St, François-Xavier,
Sansa
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Dimanche dernier, Montréal a vu l’une des plus intéressantes fêtes, auxquelles on puisse assister. ;
La Société de St. François-Xavier, fondée depuis deux ans, s’est réunie au nombre au moins de deux cent membres présents pour
manger, dans une assemblée fraternelle, le Gâteau des Rois,
Honneur donc aux SS. François-Xavier qui ne laissent pas tomber les bonnes pratiques et les joyeuses et religieuses traditions de nos Ancêtres.
Toute l’association était réunie aveo son | Directeur, M. Picard, vers quatre heures à PEglise de Bonsecours. On remarquait un grand nombre des citoyens les plus respectables de la ville qui avaient repondu à linvi-
tation de la Société, parmi lesquels : Sort Hon. M. W. Nelson, maire de la ville, l’Hon.
M. Chauveau, surintendant provincial de Education, M. B. Delisle, grand connétable ; puis MM. Renauds Louis, Benoit François»
Fitzpatrick, et M. le Docteur Rottote. On voit comme cette association est déjà bien connue et comme elle est dignement patronée dans la ville.
A l’heure fixée, on partit, musique en tête et enseigne déployée, au milieu d’un grand conçours, malgré le froid intense qui régnait en ce moment, et on se rendit à PEglise St Pierre, où la fête devait convenablement commencet par une instruction et une cérémonie religieuse.
L'Eglise St. Pierroé était remplie: de di attiré par cette intéressante démonstration.
L’instuction était parfaitement appropriée à la circonstance par le Rév. P. Honorat qui; dans son cœur. et cette bonté que tout le monde; #0nB8fi} atrouyéoiles draite der: pla: hagraax etleaàrprapos: Jesi plus! affectueux di
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ét les plus encourageants pour tous ceux qui l’entendaient,
Apres l’instruction, M. le Directeur de l’œuvre a fait approcher les nouveaux membres, et ils ont été reçus par le Rév. P. Santoui, supérieur provincial des Oblats, immédiatement avant Ja bénédiction du St. Sacrement.
Après cette cérémonie religieuse et la bénédiction de l'Eglise, la fête a continué; sans perdre un instant, ni un seul homme, on s’est dirigé vers six heures, à la salle du banquet, préparé dans les nouvelles écoles des Frères de la Doctrine Chrétienne, au faubourg $te.
Marie.
Et, au bout de quelques instants, les vastes salles parfaitement éclairées et décorées d’ornements, de drapeaux et de bannières, retentissaient des éclats modérés d’une gaité très convenable, mais très franche, et des accents joyeux de la bande.
On a pris place d’abord, pour entendre un dialogue sur la fête de FImmaculée Concep-
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tion à Rome. Des officiers (tfès bien représentés par les enfants de l’école) venant de Sébastopol et passant par Rome pour assister aux fêtes de l’Immaculée Conception, nous ont raconté tout ce qui s’était passé d’édifiant sous les murs de Sébastopol, puis ce qui avait rapport à la proclamation du Dogme à Rome, on voyait là deux officiers des Zouaves, plusieurs autres officiers français et anglais, et enfin, on a même vu apparaître ce chef turc, ce fameux Aga de Silistrie, qui a été converti, il y a un an, à Rome, par Mgr. de Montréal, et qui, revêtu du costume oriental, est venu raconter aux applaudissements de toute la salle, les principaux détails de sa conversion ; tout cela était très pieux, très édifiant et en même temps très gai, s’il faut en juger par les applaudissements et les éclats de joie de toute la réunion.
En tout ce compte-rendu, nous sommes obligés, par l’espace et le temps, de’ passer bien des détails et des meilleurs, mais nous
allons consacrer encore quelques mots aux paroles qui ont terminé le repas fraternel et joyeux de la St. François-Xavier, et qui ont été principalement adressées par son honneur sle Maire et l’honorable surintendant présent à cette fête :
Son Hon. le Maire, que l’on a vu.si dévoué dans tous les devoirs de sa charge, et dans toutes les obligations de la profession qu’il exerce, on peut le dire, avec autant de dévouement que de distinction, enfin, qui a si bien représenté la ville de Montréal lors des principales réceptions faites, soit au Gouverneur Général, soit à M. le Commandantde Belvèze, lors de sa visite en notre ville, paraît dignement en toutes circonstastances et sait aussi dans la perfection, encourager , ravir et enchanter par sa parole vive, éloquente et pittoresque, une réunion comme celle-ci, toute franche, toute joyouse et toute populaire ; il a été vivement applaudi, quant ii a dit qu’il appréciait le bien produit par de pareilles associations faites sous le patronage
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de la Religion Catholique ; que ce bien, il l’avait toujours admiré, toujours reconnu et toujours proclamé, même en face des opinions les plus contraires, et même dans des circonstances où il savait qu’en proclamant ainsi la vérité, il pouvait choquer et refroidir vis-à-vis de lui des affections qui pouvaient lui être cependant très chères et très précieuses. Îoi, la réunion par ses acclamations et ses applaudissements répétés, a voulu nonseulement iui temoigner la reconnaissauce qu’elle iui conservera toujours pour son assistance depuis le commencement, mais encore la réunion a aussi dignerhent marqué qu’elle savait apprécier ce qu’il y avait de plus noble Gans la conduite et la vie âe celui qui s’adressait à elle en ce moment.
Après ces paroles, nous mentionnerons encore un incident tout à fait remarquable de la soirée ; c’est le discours de l’Hon. M Chauveau, discours qui montre un orateur éminent, on le savait déjà, mais qui de plus promet à Moniréal un patron dévoué et
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intelligent de toutes les œuvres nationales morales et religieuses qui sont toute la force et la dignité du pays.
Voici donc ce discours. Sans doute notre analyse va le décolorer et ôter peut-être ce qu’il y avait de plus charmant et de plus pétillant dans tous les traits dont il était rempli, mais nous espérons au moins donner quelqu’idée de l’ensemble et du succès tout cordial qu’il a rencontré :
‘ Messieurs, a dit l’Hon. M. Cheauveau, si ‘“ comme S. H. le Maire, je vous disais que je ‘ n’ai pas l’habitude de parler dans une réu- “ nion publique, vous ne voudriez pas le ‘ croire, mais à coup sûr ce que je puis vous ‘6 M 0 c’est que je n’ai pas eu souvent ‘ occasion de parler après des paroles aussi ‘ bien dites et aussi bien adressées que ‘: celles que vient de vous faire entendre ‘6 Son Honneur le Maire ( applaudis- ‘ sements.) Pour vous parler maintenant, ‘‘ de mes sentiments à votre égard, je vous ‘* dirai que Je suis tout ému et enchanté de
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‘ tout ce que je viens de voir et d’entendre ‘ et que je vous suis tout reconnaissant d’a- ‘ voir bien voulu m’admettre parmi vous.
‘ Dans mon pays, par chez nous, l’on dit ‘ quelques fois, [mais c’est un vieux dicton, ‘et dans un vieux dicton, quelquefois il y a ‘ a peu de vrai,] l’on dit donc que celui qui ‘ vient de nos Contrées en votre pays est ‘ souvent semblable à un pauvre mouton ‘ venant parmi des loups. Quoiqu’il en soit, ‘ je puis dire que si je me comparais à un ‘6 mouton, je devrais déclarer que je me “trouve très bien reçu et très bien traité “ parmi les loups. (Rires ét vives acclama- ‘6 tions.)
‘ Rien de charmant, je vous assure, pour ‘ mon cœur, comme une telle réunion, qui ‘ prouve ce qui est bien vrai que loin que la ‘6 morale et la piété aient rien de trop grave ‘et de trop austère; il y a vraiment moyen & d’y trouver toute sa satisfaction et son plai- ‘6 sir.
46 Et en effet, en cette réunion de St. Fran-
‘ cois-Xavier, en cette charmante soirée, ‘ nous avons vu de fort belles choses ; nous ‘6 avons entendu d'excellentes choses ; nous ‘avons bu et mangé de fort bonnes choses èt en ‘ même temps, en tout cela, il n’y a rien que sé. de très bon, très innocent et très convena- ‘“ ble, mais bien plus on peut dire, que nous ‘€ avons accompli, aussi, d’excellentes choses ‘ parceque il n’y à rien de bon, d’utile et de ‘ si parfait qu’une réunion semblable, où, ‘ d’honnêtes citoyens se réunissent de cœur ‘6 et de société pour s’encourager tous en- ‘ semble au bien, pour assurer l'utilité ‘“ de chacun et le suscès d’une association ‘6 sisi utileet si salutaire.
“Un homme de beaucoup d’esprit a dit en France, c’est M. Emile de Girardin après “ la révolution de 1848 : 4, si les bons vou- « aient se compter, ils seraient capables de “out contre le malet pour l’intérét du ‘6 bien.
é Et en effet, ce serait déjà beaucoup de se ‘“ compter, de voir ce que l’on est, Ce que
‘ Pon vaut, ce que l’on peut, combien il en ‘est qui peuvent et veulent mettre au ser- ‘ vice du bien, leur zèle ét leur dévoue- ‘ment.
‘ Ainsi donc, honneur à. ceux qui se son “ réunis ici, et à tous ceux qui ont concouru ‘à une telle réunion qui peut avoir tant ‘ d’heureux résultats.
‘6 Oui, dans un pays comme celui-ci si ‘“ heureusement organisé, où les carrière s ‘# sont ouvertes à tous, et les plus heureuses “ circonstances sont offertes à chacun,
‘ De telle sorte qu’il n’y a pas d’enfant si ‘ pauvre, si dénué que, s’il sait conserver ‘“ pieusement et faire fructifier les moyens ‘ qu’il a reçus d’en haut, il peut parvenir à ‘ la plus haute position, même à celle de ‘ de premier ministre de son pays. (Applau- ‘ dissements.)
‘6 Il faut aussi que Les bons réunissent leurs ““ efforts pour se conserver, pour se soutenir ‘les uns les autres pour ne pas permettre ‘qu'aucun d’entré eux, par négligence ou
‘ abandon, tombe au-dessous de la position ‘ que Dieu lui avait assigné, et ne puisse ‘ profiter par sa faute des circonstances fa- ‘ vorables qui pourraient lui être assurées.
‘6 [ Adhésion. ]
‘6 Vous, dans cette association vous êtes de
‘ Ja démocratie, mais de la bonne démocra- ‘étie non pas de celle qui est envieuse et ja- ‘ Jouse, et où chacun voudrait abaisser son ‘6 voisin au-dessous de lui, mais vous êtes de ‘ cette bonne démocratie, honnête et loyale, ‘ qui vett aller en avant, quine veut pas re- “ culer, mais où chacun veut loyalements’é- ‘“ Jever et élever aussi les autres avec lui. « FApplaudissements.]
“Vous réussirez, Messieurs, si vous êtes fi. : ‘“ dèles à vos principes, à votre religion, aux & liens qui vous ‘unissent, car la religion est : ‘ toute charité ettout amour, et en même
“ temps vous n’exclurer pas Ja gaité, cette
6 gaité qui vous réunit aujourd’hui, qui est
«chine forée)Aids ‘lt vie. C’est'elle qui peut
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* eles, au milieu des plus grandes épreuves, ‘ qui est une partie du génie de votre peu- “ ple et qui peut faire accomplir facilement ‘ les choses les plus difficiles.
‘ Vos pères ont trouvé plus d’obstacles que ‘ vous, ils ont eu à combatire contre les peu- ‘“ ples les plus rudes et les plus barbares, ‘ privés des principales ressources de l’in- ‘ dustrie,isolés, et néanmoins, ils ont réussi à ‘4 fonder un grand pays, et comment cola ?
‘par leur foi sans doute, et par leurs fermes. ‘ principes; mais qui plus est,ils se sont sou- ‘tenus aussi par la gaité, la joie et légalité ‘ d'humeur. Oui, nos pères, au milieu des.
‘6 plus durs hivers et parfois dans les plus pé- “ nibles circonstauces, n’ont jamais manqué “ de tirer la tire à la Ste. Catherine et de. ‘manger comme vous aujourd’hui le Gâtean ‘ des Rois au jour de l’Epiphanie.
(Hilarité et explosion qui intérompit l’orateur pendant quelques instants).
En terminant, l’Honorable Orateur a offert tous ses vœux et ses sympathies pour l’œu-.
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vre et a été encore vivement applandi en finissant par ces paroles toutes sincères :
‘Cet affectueuses ; Messieurs , je vous ai, 4 dit les choses comme elles me venaient, ‘et eomme elles me passaient par la tête, ‘ mais soyez sûrs, qu’avant de me passer ‘€ par la tête elles ont passés par mon cœur.”
(Applaudissements de toutes parts.)
Nous aurions encore bien d’autres détails à donner sur d’autres bonnes paroles, mais de peur d’excéder les limites légitimes d’un tel compte-rendu, nous offrons ici tous nos
vœux à cette beile société ; nous avons assisté avec un vif plaisir à la réunion, nous savons
tout le mérite qu’à eu son fondateur pour l’6tablir, et tout le bien qui a déjà été opéré dans notre ville, dans toute une classe de notre population si considérable ; nous admirons tout ce bien et nous n’avons qu’à souhaiter qu’il augmente dans la même progression les années suivantes.
Ce sera le vœu de tous les bons citoyens.
Docteur S. B. Scxminx
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Ce volume doit être rendu à la dernière date indiquée ci-dessous.
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