Î.—LES FRANÇAIS DE LA LOUISIANF
(Extrait de La Minerve, du 1er Décembre 1880.)
On nous communique une livraison de l’ ‘ Athénée Louisianais ” revue publiée par l'institution du mème nom à la Nouvelle-Or.éans. Cette Société Littéraire a plusieurs membres honoraires au Canada, au nombre desquels se trouve M. Chauveau.
Nous extrayons du procès-verbal de la dernière séance de l’Alhénée ce qui suit :
“ M. le Président a reçu du Canada un journal contenant le discours pronondé par M. Chauveau, membre honoraire, à la convention nationale réunie à Québec le 24 juin dernier : il signale à l'attention de l'assemblée le passage où l’orateur exprime le regret de ne pas voir la Louisiane représentée à cs Gongrès des Américains d’origine française. Notre émineut collègue s'exprime en ces termes :
“ Nous voici réunis ici de toutes les parties de l'Amérique et il n’a man- ‘ qué à l'appel qu’une seule des branches de la famille franco-américaine ! ‘“ La Louisiane où un véritable réveil de l’idée nationale s’est produit à la “suite des malheurs de la guerre civile, la Louisiane, par un malentendu ‘“ inexplicable, n’est point représentés dans cette Salle. Elle tient cepen- “ dant au Canada par des liens bien chers, elle a été comme une longue et ‘“ lointaine expansion de la Nouvelle-France, sa population, (ses premiers ‘“ colons), ont étè pour nos pères comme la chair de leur chair, comme le “ sang de leur sang. Ses viiles portent encore le nom des héros de notre “histoire. Deux des fils de M, LeMoine que l’on a si justement appelés les “ Macchabées Canadiens, Bienville et d’Iberville s'y sont illustrés et y ont ‘“ Juissé de glorieux souvenirs.
‘“ La fondation comparativement récente d’un Athénée français et “ quelques articles bienveillants des journaux Louisianais, nous avait fait *‘ espérer que notre appel avait èté entendu et nous croyons au moins qu'il “ n'a pas &.é dédaigné, Cette réunion ne sera pas la dernière de ce genre, * je l'espère. et nous devons former des vœux pour que la convention n'ait “ pas à regretter une semblable lacune. ”
‘“ Cette communication produit une douleureuse surprise parmi tous les membres, l’Athénée n'ayant jamais reçu aucune invitation au sujet de cette amphictyonie franco-américaine. Un seul , :urnal nous arrive du Canada et aucun membre ne se souvient d’y avoir vu un appel qu’on fut en droit d'appliquer à notre Société, Le secrétaire est prié d'écrire au nom de tous ses collègues à M. Ghauveau pour lui donner une nouvelle assurance des sympathies des Louisianais d'origine française peur leurs frères du Canada et de l'intérêt qu’ils portent à tout ce qui concerne l’avenir d'un pays auquel les liens du sang et les souvenirs d’une même mèrepatrie rattachent l’ancienne population de la Louisiane, ”
M. Ghauveau a répondu comme suit à la lettre du Secrétaire :
Montréal 29 novembre 1880.
Morsieur et honoré collègue,
J'ai l'honneur de vous accuser réception de votre lettre et de la livraison de l’ ** Athénée Louisianais ” qui l'accompagne.
Je m’empresse de vou: dire que l’Athénée qui est exempt de tout bläme en ce qui concerne notre fête nationale du vingt-quatre juin dernier, On
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m'informe que l’on avait fait aprel à la presse louisianaise : mais ilne serait pas juste de comprendre dans la presse proprement dite une revue comme celle que vous publiez.
Si les démarches qui ont êté faites pour nous assurer du concours de nos frères de la Louisiane n’ont pas été aussi complètes que je l'avais cru et qu’il eût été désirable, il n’en est pas moins malheureux qu’elles soient restées sans résultats malgré le bon vouloir réciproque. Espérons qu'une autre fois nous serons de part et d'autre plus heureux.
Je ne manquerai pas de faire publier dans nos journaux l'extrait des délibérations de l’Athénée sur lequel vous avez attiré mon attention, et je ne doute pas qu'on ne soit ici bien touché des sentiments qui y sont exprimés,
J'ai l'honneur d’être, Cher monsieur et collègue, Votre tout devoué serviteur,