OBSERVATIONS
(1) Signes de la création, des réno-
r'T5 'Iu vi“ « 1» «condilé, de
la résurrection, et sous lesquels la nature présente l’aspect d'un riant Eden d’un Paradis.
(2) Du Scorpion , de la Balance et du Sagittaire, signes funestes qui président a la guerre des élémens , au développement des maladies de l’automne, a fa mort des hommes et des animaux, au deuil de la nature et au jugement dernier, et qui changent le théâtre du monde eu un lieu de ténèbres et de désolation, en un enfer.
(3) Le Soleil nouveau , né fils de luimemc. mourant et ressuscitant, sans cesser d’être Dieu. (De là l’incarnation de Wishnou , la Vierge immaculée mère, etc.)
La nouvelle et brillante émanation du feu éternel, dont il est le foyer.
Les premiers rayons du Printemps, tous enfans du Soleil, et Soleils euxmêmes.
Le Soleil des trois saisons de l’année présontoit, pour ainsi dire, trois Dieux diflérens qui n’en formoient qu’un seul. (De la les dogmes de la Trinité admis dans l’Orient, et transmis de là aux chrétiens.)
(4) Les rayons qui développent les germes; ces rayons qui meurent en automne, pour briller de nouveau au printemps.
C’est ainsi que le Dieu éternel, et l’un des trois Soleils de l’année, semble devenir mortel et s’enfermer au tombeau, pour y ressusciter ayec la Nature.
NOTES
Dans le culte solaire qui servit de base à ce système, il faut distinguer, i°. les formes astronomiques, ou tirées des rapports célestes ; i°. les formes allégoriques , ou tirées des rapports terrestres.
Les premières donnent la clef de la combinaison des types, c’est-à-dire des figures monstrueuses ou hiéroglyphiques , des panthées , etc. Les secondes donnent la clef de la combinaison des fables principales, des tragédies divines, de la création, des rénovations, etc.
Dans le premier cas, l’iconographie sacrée consiste, selon Iamblique, à peindre le soleil avec les formes ou les attributs des animaux célestes qui occupent les signes du zodiaque qu’il semble parcourir, enfin à varier les formes et les attributs des images du dieu , selon les divers caractères des saisons. Dans le second cas , l’allégorie se rapporte à ces changemens périodiques qui se lient à l’apparence des mouvemens de l’astre qui échauffe et vivifie la nature. Ce contraste frappant du double état où se trouve la terre lorsque le soleil paraît s’approcher ou s’éloigner de notre hémisphère , a été peint dans toutes les fictions théologiques de tous les peuples , et a fait la base de tous les mystères.
(E), page 186. SUR LES PHILITIES.
PLUSIEURS écrivains ont retracé le charme de ces réunions ; nul ne l’a fait avec plus de naïveté que Bodin.
« Les premiers princes et législateurs, qui n’avoyent
NOTES
encores découvert les difficultés qu’il y a de maintenir les subjects par justice, entretenoyent les confrairies, collèges et communautés, afin que les parties et membres d’un même corps de république estans d’accord, il fust plus aisé de reigler toute la république, comme nous voyons que le fit Numa, roy et législateur des Piomains,.qui establit confrairies et collèges de tous mestiers, et à chacune confrairie ordonna certains patrons, curés et sacrifices particuliers, après avoir aboli le nom de Sabins, qui se divisoyent aucunement des Pvomains. Et depuis on fit aussi une confrairie des marchands, et leur fut baillé ■Mercure pour patron : à l’exemple de Solon , qui fit par sa loi (1) que toutes confrairies et communautés seroyent permises, avec pouvoir de faire statuts tels qu’ils voudroyent, pourvu qu’il ne fust rien fait contre les lois publiques.
>> Lycurgue aussi non seulement permit , ains -encores estroitement commanda d’entretenir telles communautés , tant générales que particulières, et que tous les subjecîs prinssent Peur réfection en collèges de quirize à quinze , qu’ils appeloyentju/uVîï/a, pour l’amitié jurée qu’ils ayoyent les uns aux autres ; comme aussi en tditfés les villes de la Grèce , il y avoit de semblables confrairies , qu'ils appelloyent elairias; comme en Italie , les mêmes collèges estoyent appeliez sodalitia , pour l’union, fréquentation et amitié qu’ils avoyent entr’eux , beuvans et mangeans
(i) Plut, in Solon.
AUTORITÉ
NOTES
ensemble la pluspart du temps ; et n'avoyent autres juges qu’eux -mesmes , s'il y avoit quelquès différends entre les compagnons associés, cognoissant que l’amitié est le seul fondement de toute société, et beaucoup plus requise entre les hommes que la justice ; car la justice, qui jamais n’est ployable , retenant sa droiture , fait bien souvent les amis ennemis; et l’amitié cédant de son droit, establit la vraie justice naturelle : attendu que le seul but de toutes les lois divines et humaines est d’entretenir l’amour entre les hommes, et des hommes envers Dieu, ce qui ne se peut mieux faire que par fréquentation et unioe ordinaire.
» Les Candiots (1) anciennement beuvoyent et mangeoyent tous ensemble , jeunes et vieux , hommes et femmes , pour entretenir l’amitié que j’ai dit : mais depuis , pour éviter confusion , les aages et les sexes furent séparés. Et mesmes nous voyons en la loy de Dieu, les festins de Pasques avoir été commandez en campagnes de dix à dix personnes , outre les festins des pavillons et banquets ordinaires des sacrifices que Dieu commande être solemnisez en toute joye et liesse : ce qui fust bien entendu à la première église des Chrétiens, qui faisoyent Souvent tels festins, qu ils appelloyent agnpas , pour les baisers de pitié et embrassemens charitables que les uns donnoyent aux autres, outre la fraction et communication ordinaire : cela est encore à présent mieux gardé en Suisse qu’en lieu
autorité.
(1) Aristot. in polit.
NOTES
du monde; car en toutes les villes, les confrairies et mestiers ont leurs maisons communes , où ils font leurs banquets et festins fort souvent, et il n'y a si petit village qui n'ait sa maison commune pour ce faire ; et ordinairement les procès et querelles sont vuidez amiablement, et la sentence escrite de croye blanche sur la table où ils ont banqueté. Et tout ainsi que les artisans, marchands, prêtres , pontifes , et toutes sortes d’hommes avoyent leurs confrairies et colleges, aussi avoyent les philosophes entr’eux , et principalement, les Pythagoriciens (i), qui s’assembloyent ordinairement et vivoyent la pluspart du temps en commun (a). »
(F), page 223. CROIX; SON ORIGINE.
« Le sentiment de Socrate sur l’origine de la croix parmi les Chrétiens , se retrouve dans beaucoup d’auteurs (2).
» Cælius Rhodiginus (3) dit en parlant de la vertu et
MYTHOLOGIE COMPARÉE
(a) Les Chrétiens avaient leurs Agapes, à l’imitation des Philities (4).
AUTORITÉS
(1) lamblic. de Vit. Pythag. — (2 ) Sozomen. I. vu. Eceles. Hist. c. XV. Suidas in Theodos. Nicephor. Calyslus , /. XII , C. XXVI. Histor. tripart . /. IX , c. XXIX. — (3) Antiq. lect. I. x, c. VIII. — (4) Superst. anc. et mod. t. Il, p. 129.
NOTES. 52g
des mérites que les anciens ont attribués à l’image de la croix , que cette opinion avait pris son origine et son accroissement chez les Egyptiens qui plaçaient la croix au nombre de leurs caractères sacrés, la regardaient comme le symbole de la vie future , et en représentaient l’image sur la poitrine de leur dieu Sérapis. Ruffinus (1) n’en parle pas autrement dans son Histoire ecclésiastique.
» Les obélisques égyptiens, qui depuis ont été transportés à Rome , nous offrent très-souvent la représentation de ce signe, qui passait pour le symbole unique de salut.
» Enfin, on représentait Osiris lui-même, tenant à la main une croix ou un tau , ainsi que l’attestent plusieurs monumens antiques (2).
» Jusqu’à l’an 690 , ou à peu près , il n’y avait encore dans les églises que la seule figure de la croix en deux pièces de bois traversées, et l’on avait coutume de représenter J. C. sous la forme d’«« agneau : ce qui n’était qu’une peinture symbolique. Mais le sixième concile universel ordonna d’ajouter à la croix l’image en figure humaine (3). »
AUTORITÉS
(1) Ln>. II, c1. XXIX.' — (2) Casai de ritib. veter. Ægypt. c. xm,/7. 5o. — (3) Hist. des Cèrém. et des Superst. p. 87.
NOTES
(G), page 249.
Tite-Live (i) nous a décrit la licence et l’anéantissêment des Bacchanales dans le Latium. Nous transcrivons, en l’abrégeant , ce récit éloquent.
« Hispala Fecenia , célèbre courtisane, détourne un jeune Romain, nommé Ebutius, de se faire initier aux nouveaux sacrifices des Bacchantes, où sa mère et son beau-père voulaient le faire recevoir pour le perdre , et où Hispala elle-même avait été initiée avant d’être affranchie. Ebutius , épouvanté du récit que lui fait Hispala , et chassé par sa mère pour ne point vouloir consentir à ce qu’elle exige de lui , va découvrir au consul les abominations de ces assemblées nocturnes. Hispala, interrogée en présence du consul par Sulpitia , belle - mère de ce dernier, lui révéla tout le mystère de ces sacrifices, en les reprenant dès leur première origine.
» D'abord ils avaient été confiés à des femmes, sans qu’on y admît aucun homme. On consacrait alors trois jours dans l’année à l’initiation de celles qui se présentaient pour être admises aux orgies. Les matrones parvenaient à la prêtrise chacune à leur tour; mais Paculla Minia, de Gapoue , élevée à cette dignité , avait introduit dans ces cérémonies des nouveautés qu’elle prétendait lui avoir été inspirées par les dieux. C’était elle qui y avait admis les premiers hommes; savoir, ses deux fils, Minius et He-
AUTORITÉ
f 1) L!v. xxxix , c. xv, xvi.
NOTES
rennius, de la famille des Cerrinius. Elle avait voulu que ces sacrifices se célébrassent la nuit, et non le j our; et, au lieu des trois jours consacrés chaque année aux initiations, elle en avait établi cinq par mois. Depuis que les hommes y avaient été confondus avec les femmes, et que les ténèbres de la nuit avaient amené une licence inconnue à la lumière du jour, il n’y avait sorte de crimes, d’infamies et d’abominations auxquels on ne se fût abandonné sans scrupule ; la débauche hideuse des hommes entre eux surpassait encore celle des femmes. Ceux qui témoignaient de la répugnance à subir ou à proposer ces indignités, étaient immolés en victimes. Le caractère de leur religion était de se croire tout permis. Agités de mouvemens convulsifs, fanatiques en délire, les hommes jouaient l’inspiré, et prédisaient l’avenir. Les femmes, travesties en Bacchantes, et les cheveux épars , couraient aux bords du Tibre , plongeant dans ses eaux des torches ardentes; elles les en retiraient tout allumées, et présentaient comme un miracle ce qui n’était que l’effet du soufre et de la chaux combinés. Précipitant dans le fond des abîmes ceux dont ils voulaient se défaire , ils publiaient que les dieux les avaient enlevés. Ils traitaient ainsi ceux qui refusaient d’entrer dans la conjuration , de participer à leurs forfaits, ou de souffrir les prostitutions. La secte était déjà si nombreuse , qu’elle composait à Rome un second peuple , dont plusieurs personnes illustres , de 1 un et l’autre sexe, faisaient partie. Depuis deux ans, on avait arrêté de ne recevoir personne au-dessus de vingt ans, parce qu’on recherchait 1 âge le plus convenable à l’erreur et à la prostitution.
NOTES
» Le consul s’étant assuré des deux dénonciateurs , Ebutius et Hispala, informa le sénat de toute cette intrigue. Lorsqu'il eut exposé avec ordre, et ce qui lui avait été rapporté par d’aulres, et ce qu’il avait découvert par lui-même, le sénat craignit pour la république les suites d’un si épouvantable rassemblement ; il ordonna que le consul serait remercié des soins qu’il avoit pris de découvrir, sans éclat, ce foyer de conjurations, et le chargea, lui et son collègue, d’informer extraordinairement contre les ministres de ces cérémonies nocturnes , et contre leurs complices et adhérens. On donna l’ordre d’arrêter, non seulement à Rome , mais encore dans tous les autres bourgs et villes circonvoisines , les prêtres ou prêtresses qui présidaient à ces sacrifices. On défendit à tous ceux ou celles qui s’étaient fait initier parmi les Bacchantes , de s’assembler pour en célébrer les mystères. Avant tout, on devait agir contre ceux qui s’étaient associés pour attenter à l’honneur ou à la vie des citoyens. Tel fut le résultat de la délibération du sénat.
» Toutes les mesures ayant été prises pour s’assurer des initiés , le sénat rendit un arrêt qui défendait de célébrer à l’avenir les Bacchanales, ni à Rome, ni dans l’Italie. Ce culte se releva dans la suite sous le règne des empereurs. »
(II), page 267. SUR L’UNION UES DEUX SEXES.
Tout le mouvement de ce monde se résout et tend
NOTES
à cet accouplage .• c’est une matière infuse partout; c’est un centre où toutes choses regardent. On voit encore des ordonnances de la vieille et sage Rome faites pour le service de l’amour, et les préceptes de Socrate à instruire les courtisanes....
« Cinquante déités étaient au lemps passé asservies à cet office, et s’est trouvé nation, où, pour endormir la concupiscence de ceux qui venaient à la dévotion , on
tenait aux temples des G à jouir, et était acte de
cérémonie Je s’en servir avant de venir à l’office («).
« En la plupart du monde , cette partie de notre corps était déifiée (é) ; en même province , les uns se l’écorchaient pour en offrir et consacrer un lopin ; les autres offraient et consacraient leur semence : en une autre , les jeunes gens se le perçaient publiquement.... estimés peu vigoureux et peu chastes , s’ils venaient à s’étonner par la force de cetle cruelle douleur. Ailleurs, le plus sacré magistrat était révéré et recognu par ces parties-là; et en plusieurs cérémonies , l’effigie en était portée en pompe à l’honneur de diverses divinités. Les dames égyptiennes , en la fête des Bacchanales, en portaient au cou, de bois exquisément formé , grand et pesant , chascun selon sa force : oultre que la statue de leur dieu en représentait
REMARQUES
(а) Nimirum propter incontinentiam incontinentia neeessaria est; incendium ignibus restinguitur.
(б) On retrouve ce symbole chez les Scythes et les peuples septentrionaux, comme chez les Orientaux et les Egyptiens.
NOTES
un qui surpassait en mesure le reste du corps. Les femmes mariées ici près en forgent, de leur couvre-chef, une figure sur le front , pour se glorifier de la jouissance qu’elles en ont , et venant à être veuves , le couchent en arrière et ensevelissent sous leur coiffure. Les plus sages matrones, à Rome, estaient honorées d’offrir des fleurs et des couronnes au dieu Priapus ; et sur ses parties moins honnêtes faisait-on seoir les vierges au jour de leurs nopces....
» Chascun fuit, à voir naître l’homme , chascun court à le voir mourir. Pour le détruire , on cherche un champ spacieux et en pleine lumière ; pour le construire , on se musse en un creux ténébreux et le plus contraint qu’il se peut. C’est le devoir de se cacher pour le faire , et c’est gloire , et naissent plusieurs vertus de le savoir défaire....
» A quoi bon faire ces pointes de la philosophie , sur lesquelles aucun être humain ne peut se rasseoir , et ces règles qui excèdent notre usage et notre force? Je vois souvent qu’on nous propose des images de vie , lesquelles ni le proposant, ni les auditeurs, n’ont aucune espérance de suivre, ni, qui plus est, envie. De ce même papier dont il vient d’écrire l’arrêt de condamnation contre un adultère, le juge en dérobe un lopin, pour en faire un poulet à la femme de son compaignon.
» Celle à qui vous viendrez de vous frotter illicitement, criera plus asprement, tantôt en votre présence, même à l’encontre d’une pareille faute de sa compaigne , que ne ferait Porcia : et tel condamne un homme à mourir pour des crimes qu’il n’estime pas fautes....
« En toutes les chambrées de la philosophie ancienne.
NOTES
ceci se trouvera , qu’un même ouvrier y publie des règles de tempérance , et publie ensemble des écrits d'amour et débauche.
» Xénophon , au giron de Clinias , écrivit contre la vertu aristippique. »
Montaigne, Essais , lie. III.
(ï), page 277.
« J’ai une statue très-ancienne représentant Priape (dit Casalius), elle est de marbre blanc. Les deux mains du dieu soutiennent contre sa poitrine quantité de fruits, son arme distinctive est d’une proportion énorme , et telle que nous la dépeint Virgile (a).
>» Ce qu’il y a de bien remarquable dans cette statue , c’est qu’elle porte les mêmes vêtemens que nos moines , le scapulaire, le capuchon, et ce qu’on appelle la patience; le sommet de la tête est même rasé, et présente l’aspect d’une tonsure.
» Quelques uns prétendent que les héritiques ont fabriqué cette statue pour tourner en ridicule les pieux
REMARQUE
(«) Est tugurî custos armatus falce salignâ , Sed non et vasto est inguine terribilis (1).
AUTORITÉ
(1) Virg.inCopa.
NOTES
anachorètes de l’Eglise primitive ; mais il est plus probable que Priape étant le dieu des jardins, on le représentait ordinairement avec le costume des paysans et des cultivateurs (a).
» D’uri autre côté , les premiers anachorètes ayant dû choisir par humilité les vêtemens convenables aux derniers des hommes, tels que les paysans, l'origine de cette ressemblance parait toute naturelle (i). »
(K), page 3£o. ORIGINE DE LA MESSE DES CHRÉTIENS.
» C’était la coutume des Juifs, lorsqu’ils avaient à paroître devant Dieu, de porter toujours quelques présens des fruits de la terre , en signe de reconnaissance et d’hommage. Les anciens Chrétiens suivirent aussi cet exemple (2), de sorte qu’en leurs assemblées chacun apportait quelques pains , du vin , ou des grains et des raisins, et l’on consacrait tout cela à Dieu par la prière : après quoi on prenait de ce pain et de ce vin pour la
REMARQUE
(, a ) Agricolam proximus ante Deum (5).
AUTORITÉS
(1) Casalius de prof. Rom. rilib. p. J j3. — (2) Irenœ , l. IV, c. xxxii. — (3) Tïbull. Gy raid. Syniagm.
NOTES. 537
communion et la sainte cène. Le reste se mangeait en commun (c’étaient les agapes), et le surplus était distribué aux pauvres, ou appartenait aux ecclésiastiques ; et ces présens témoignaient la piété de ceux qui les donnaient. Mais cette charité venant peu à peu à se refroidir, les docteurs déclamèrent contre les riches (1), qui, loin de rien apporter, ne rougissaient pas de manger leur part des présens du pauvre. Ces dons offerts par le peuple furent appelés offrandes.
» De là vint que l’Eucharistie était quelquefois appelée sacrifice ou oblation, non pas expiatoire, mais en action de grâces.
» Entre les nouveautés qui parurent au commenrement du deuxième siècle (2) , il faut mettre le mélange de l’eau avec le vin de l’Eucharistie , dont la pratique n’était autorisée ni par l’institution de ce sacrement, ni par ordonnance apostolique. Cela pouvait être alors toléré comme indifférent ; mais aujourd’hui on le met au rang des choses nécessaires.
» 11 se glissa encore une autre coutume (3) ; on s’avisa de porter l’Eucharistie à ceux qui ne venaient point aux assemblées, principalement aux malades; même si quelque évêque étranger, ou autre personne de marque arrivait , on lui envoyait du pain et du vin de la cène , comme un symbole de communion fraternelle.
AUTORITÉS
(1) Cyp . /. de Op. et Eleemos. — (2) Justin. Mari. T)ef. ad Antonin. — (5) Irence apud Euseb. I. v, c. XXIII et XXVI.
538 NOTES
5> C’était aussi la coutume (i) de s’entre-baiser après les prières publiques , en signe de paix et de fraternité. Ensuite on censura ceux qui , après la prière , n’étaient pas au baiser de paix. Cela s’est depuis changé en une cérémonie ridicule (2). »
(L), page 367. DES BAISERS.
« Il y aurait de quoi faire une dissertation entière , s’il fallait s’étendre sur les baisers religieux , sur les cantiques chantés en l’honneur de la Divinité , et sur les danses sacrées , trois points capitaux de la religion cérémonielle. Nous n’en dirons que le moins qu’il soit possible d’en dire (3) : on baisait la main et quelquefois la bouche des dieux (4) ; on leur baisait les pieds et les genoux.
» Les Catholiques ont consacré cette partie du culte à l’honneur de la croix et des reliques des saints. A l’aspersion de l’eau bénite, le prêtre baise l’aspersoir; à la procession des rameaux , le diacre baise le rameau qu’il présente aux prêtres. 11 est inutile de s’étendre là-dessus, et de détailler quand et comment le prêtre baise l’autel , les baisers que l’on donne à l’encensoir, à la patène, au calice , à l’étole blanche , à la main du prêtre , etc. (5) »
AUTORITÉS
(1) Just. Mart. Defect. ad Antonin. Tect. . 1. de Oral. — (2) Hist. des Cérém. et des Superst. p. i5. — (3) Cicer. v in Verr. Lucret. I. 1. Tacit. Annal. 1. xv , etc. — (4) Apul. Miles. XI prudent. — (5) Apul. Minut. Félix. Job. c. XIII. Cérém. et Coût, relig. t. 1 , p. 3l.