B£M ARGUES
(a) Dëmoboroi ^ déyoreurs de peuples.
(&) Voyez les réflexions d'Aliieri dans la Décade^ et l«i préface du Poème des Hehétiens.
(c) Foyez dans le Traité des études de Roîlin, le parallèle d'Heiiièré et dé Virgile.
3l2 LIV. II. LA RÉNOVATION,
des mots. Ce qui manque surtout à Virgik; et ce qui fait le fond du génie du poëte grec , c'est la naïveté , la force tranquille , la grandeur simple.
» Ce qui .achève .d'établir la supériorité d'Homère sur ses^ imitateurs, c'est, qu'il est lui-même , et n'imita personne. On a beau creuser avant, on. ne trouve point la racine de ce talent extraordinaire, tandis que la souche de toute poésie se trouve pour ainsi dire dans Homjère, De là ces deux images ,; dont l'une figure Homère comme un fleuve vaste où tous les poètes s'abreuvent , et dont l'autre le représente comme un chêne élevé sur le sommet du Pinde , qu'il couvre de son ombrage immense.
» Quel est ce génie dont naissent tous les autres ! ce génie , qui fait résulter d'une jeule partie de son arl, un art nouveau et sublime^ celui du théâtre , qui sortit naturellement du développement des caractères et des situations établies dans l'Iliade : ce qui faisait dire à Eschyle que ses poëmes n'étaient que des reliefs des festins d'Homère ; ce génie, dont trois vers enfantent le chef-d'œuvre de la statuaire, le Jupiter olympien de Phidias ; dont chaque
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chant est une galerie de tableaux dont le pinceau s'empare; dont le poème enfin semble contenir tous les poëmes.
— » Que s'il renfermait ensuite les plus hautes leçons de la morale et les plus rares trésors de la philosophie.... .
— » C'est la seule partie de sa gloire qui ait souffert quelque reproche. Vous vous rappelez que Platon bannit iHomère de sa république , après l'avoir couronné de fleurs. — S'il fut banni de la république imaginaire de Platon , il fut introduit avec honneur dans la sage république de Lycurgue (i). Lycurgue, qu'un poëte ( Damon ) avait précédé à Lacédémone , y porta les poésies d'Homère ; et il est à remarquer que ses institutions , devancées et accompagnées par la poésie , furent soutenues par elle : Thyrtée acheva l'impression commencée par Homère.
» Quelle profondeur de raison ! Oui , Homère enseigne mieux que Chrysîppe et Crantore , lebeau, l'honnête et l'utile (2) ; il eut l'art
AUTORITÉS
(0 Plut, — (2) Hoi^ai.
3i4 Mv. 11/ LA hîbnôvatiok; ^e philosopher poél&(}iiettiént (a). Il ne iaat point $*y tromper ; récite à sé^ ^ùles armes, au langage austère de la raison , ta philosophie ne saurait attirer ni captiyer la multitude : il fauti potar fi^ter seâ regards , qa^elle emprunte la parure de la riante imagination ; c'est Jnnoâ qui, pour plaire , a besoin de la ceinture de yénu&.
>> Les premiers sage^ ne s'adressaient au peuble que la Ijre à la main. Ils mirent toute leur philosophie en image et en sentiiàens tou)oun^ plu» puissant que raridité des jMre^ ceptes et la sécheresse des maximes. Là riante fiction emnnieUâdt Ua^ bords de la coti}>e sàlu* taire . Ajoiites à ee charme celtiî de rhArmonie , Tenq^ûre irrésii^tible des passions et de kur accent « et vous eoneetrez eémbkn il est £icile d'agûr sur ks hommes par leÀ impréssioiks sensibles que le sage législateur doit ÊkvorMer de tout son pouvoir. — ' Cela nous conduit à considérer la religion poétique d^Homère. Il chang/ea les hommes en dieux ^ et les dieux en hommes. »
(a) Expression de Julien sur AiD-p^idn.
Cependant un violent orage nou^ menaçait : déjà nos regai^ lié ^B^tili^i^cM plus les îles de LemnoSy de Tënédos et d^Halonnèse, que les vagues mugté^^anrf es assiégeaient , et sur lesquelles planaient des nuées ténébreuses. La tempête s^étendait dans la plaine et brisait les arbres ; le mont Ida était illuminé d^éclairâ. I^ous nous levons pour nous réfugier sous les débris d^un portique ; et là , sur le fut de la plus haute colonne , nous traçons pl^ofondfcment, avec un style , cette inscription simp!é: