FIN DES DANSES
NOTES
(A), page 5.
J E me représente , dit Thomas, un père dans ces anciens temps et chez ce peuple singulier, voulant animer son (ils , et le promenant à travers les rues d’Athènes : « Voistu , lui dit-il, ces deux statues? adore-les; ce sont celles de deux citoyens vertueux qui ont délivré leur patrie. » Ce monument est celui d’une femme qui aima mieux mourir, que de trahir des citoyens qui voulaient rendre la liberté à l’Etat.
« Ce général exhortant les troupes, et distingué des neuf autres, c’est Miltiade : il a sauvé la Grèce, mais aussi il a obtenu ce prix de sa victoire. »
Peut-être dans le temps même qu’ils parlent, ils voient un Grec qui regardait ce même tableau en rêvant profondément. Une larme s’échappait et coulait le long de ses joues.
« Mon fils, ce Grec que tu vois, c’est Thémistocle. Bientôt il sera grand, puisqu’il verse de si nobles larmes. » Ils sortent d’Athènes et parcourent la Grèce. A quelque distance, ils trouvent Marathon. Ils approchent, et voient au milieu de la plaine un mausolée.
« C’est le tombeau de ceux qui sont morts pour la patrie. Regarde ces colonnes : là sont gravés les noms de
NOTES
tous ceux qui ont vaincu et péri dans cette journée. Mon fils, lis tous ces noms, honore-les, et adore la patrie qui récompense ainsi le courage. »
Arrivés aux Thernjopyles , ils se prosternent sur le lieu où trois cents hommes se sont dévoués contre trois cent mille. Le père fait lire à son fils cette inscription sur le rocher : Passant , va dire à Sparte que nous sommes morts pour obéir à ses saintes lois ; et ils redescendent à travers les rochers en silence.
Ils continuent leur course. Ils aperçoivent une ville. La plaine des environs est couverte de monumens. D’abord se présente à eux un trophée ; plus loin un mausolée en bronze , et près de là un autel au dieu de la Liberté.
« Celte ville est Platée; c’est là, mon fils, c’est là que les Grecs viennent de remporter une victoire sur les Perses. Vois les honneurs qui sont rendus à ceux dont le sang a coulé. Approche , et lis sur l’airain ces vers gravés en leur honneur. »
C’est ainsi qu’ils parcourent la Grèce. Ils terminent leur voyage par les jeux Olympiques. En arrivant, ils visitent le bois sacré , où ils contemplent plus de six cents statues en bronze ou en marbre , élevées à ceux qui avaient remporté les prix. De là ils se rendent aux jeux , et y trouvent la Grèce assemblée.
Supposons que , dans ce moment même , Thémistocle , vainqueur de Salamine, parût au milieu des jeux. On sait que , lorsqu’il s’y montra après sa victoire , tout retentit d’acclamations et de battemens de mains; les jeux furent interrompus, et l’on oublia pendant une journée entière les combattans, pour voir et regarder un grand homme.
NOTES
Je m’imagine que , dans ce moment , le père devais approcher de son fils, et lui dire : « Tu vois dans quel pays tu es né, et comme on y honore tout ce qui est grand, et toi aussi, mérite un jour que ton pays t’honore. »
Ainsi, chez les Grecs, de quelque coté qu’on jetât les ^eux , on trouvait partout des monumens de la gloire : les rues , les temples , les galeries , les portiques , tout donnait des leçons aux citoyens.
Partout le peuple reconnaisait l’image de ses grands hommes; et, sous le plus beau ciel, dans les plus belles campagnes, parmi des bocages ou des forêts sacrées, parmi les cérémonies et les fêtes religieuses les plus brillantes, environnés d’une foule d’arîisles, d’orateurs et de poêles, qui lous peignaient, modelaient , célébraient ou chantaient des héros, marchant au bruit enchanteur de la poésie et de la musique qui étaient animées du même esprit, les Grecs, victorieux et libres, ne voyaient, ne sentaient, ne respiraient partout que l’ivresse de la gloire et de l’immortalité (1). »
AUTORITÉ
( ï ) Thomas , Essai sur les Eloges.
NOTES
(P»), page 4 1.
L’armée entra dans la ville en bataille ; Alexandre marchait à la tête, comme s’il fût allé au combat. Les murs de Babylone étaient bordés par la multitude , quoique fa plupart fussent sortis au devant de lui, impatiens de voir leur nouveau prince. Bagophanes, gouverneur de la forteresse et gardien du trésor, fit joncher les chemins de fleurs, et dresser des deux côtés des autels d’argent, d’où s’exhalaient non seulement l’encens , mais encore les essences les plus rares.
Après lui suivaient les présens qu’il devait offrir au roi : c’étaient des troupeaux de fauves et des bandés de chevaux , avec des lions et des panthères qu’on portait dans leurs cages. Les Mages marchaient ensuite , entonnant des hymnes , puis les Chaldéens , et avec eux les devins et les musiciens de Babylone, chacun jouant de diverses sortes d’instrumens. Ce sont eux qui ont accoutumé de chanter les louanges du roi, comme les Chaldéens d’observer les mouvemens des astres et la vicissitude des saisons. La cavalerie babyloniennne venait la dernière en un si pompeux appareil , hommes et chevaux , qu’il passait toute magnificence. Le roi fit marcher le peuple à la queue de son infanterie , et , au milieu de ses gardes , entra sur un char dans la ville , et de là au palais , comme en triomphe (i).
AUTORITÉ
(i) Quinte- Curce i trad. de Vau gel a v.
NOTES
(C) , page io3.
Les nourrices invoquaient Lal/us , pour empêcher les enfans de crier, et pour les endormir. Quelques uns assurent que cette divinité présidait au balbutiement des enfans.
La sage-femme, chez les Romains, mettait l’enfant à terre : le père , ou celui qui le représentait , Je relevait , en invoquant la déesse Lcvana.
Les femmes de Damas révéraient beaucoup Babia , déesse de l’enfance. Quelques mères lui offraient même leurs enfans en sacrifice.
Les anciens Germains invoquaient leurs Mayrs , Irois divinités qui présidaient aux accouchemens.
Les bonnes femmes catholiques avaient grande foi à des chiffons, qu’on leur disait avoir fait partie du manteau de sainte Thérèse.
(C), page i4o.
PtolÉMÉE Soter, le premier des Lagides, après un règne de trente-huit ans , céda la couronne a Philadelphe , fils d’un second lit , au préjudice de Ptolémée Céraune , qu’il avait eu d’Eurydice , sa première femme. Philadelphe reconnut une si flatteuse préférence , en rendant à son père les honneurs divins dès son vivant : il parait que c’est l’objet de cette cérémonie. Soter et Bérénice y
NOTES
sont traités à l’égal des dieux ; et la fête se termine par des jeux , où on leur consacre un grand nombre de couronnes d’or. Nous renvoyons au texte même pour la description; nous ne donnerons ici que les remarques les plus curieuses. Reprenons.
Dans l’enceinte de la citadelle d’Alexandrie , le roi fit construire , sur un terrain élevé , deux tentes d’une vaste étendue ; c’étaient deux salles immenses , soutenues par des colonnes de bois travaillé en façon de palmiers et de thyrses, et hautes de cinquante coudées ( a ). Tout y était tapissé de pourpre ou d’étoffe en broderie , et orné de tableaux de l’école de Sicyone : les figures de marbre , les statues d’airain, d’or, d’argent, y étaient prodiguées. L’une de ces salles était, celle du roi ; elle était destinée à un festin somptueux que Ptolémée donnait à toute sa cour ; on y avait dressé cent trente lits soutenus sur des pieds d’or. Dans l’autre salle , séparée de la première par un vestibule, devaient manger les convives de moindre qualité; mais dans l’une et dans l’autre la vaisselle était d’or.
M. Lebeau remarque que c’était en Egypte une coutume fort ancienne, de dresser des tentes pour y célébrer les fêtes. Dans les fêtes ordinaires, ces tentes étaient des cabanes où l’on recevait les étrangers; mais, dans les grandes solennités, le roi, sa famille, et les seigneurs de sa cour, logeaient, jusqu’à la fin de la cérémonie, sous
REMARQUE
(«) 2/j mitres 3^5 millimètres : ^5 pieds.
NOTES
une tente élevée dans le lieu le plus apparent de la ville. Leshabitans sortaient aussi de leurs maisons, et dressaient des tentes. Cet usage passa dans la Grèce, et même en Italie. Dans les Carnées, fête particulière à la ville de Sparte, et qui durait neuf jours, les Spartiates passaient tout ce temps sous des tentes ; et , à Rome , dans les fêtes de Neptune, on construisait des cabanes couvertes de feuillages, que Festus appelle umbrcc. Ovide (1) rapporte la même chose de la fête d’Anna Perenna, qui se célébrait le i5 de mars aux bords du Tibre.
Cette fêle se donna en hiver, et la terre était émaillée de fleurs de toute espèce; car, ajoute Alhénée, l’Egypte, grâce à l’heureuse température de l’air et aux soins des cultivateurs , produit en abondance , pendant toute l’année, les fleurs qui, dans tout autre pays, sont rares, même dans leur saison : on y trouve toujours des roses, des violettes, et mille productions semblables. Au milieu de l’hiver, continue-t-il, on n’aurait peut-être pas trouvé dans une autre ville de quoi faire une seule couronne ; il y eut dans Alexandrie assez de (leurs pour en fournir à tous les convives ; elles y furent même prodiguées avec lant de profusion, que le parquet des salles ressemblait à un riche parterre.
Sur le haut du t oit , dit Athénée , étaient deux aigles d’or de seize coudées («). Ces deux aigles, dit M. Lebeau,
REMARQUE
[a) 7 mètres 8 décimètres : iL\ pieds.
AUTORITÉ
(i) Omd. Fast. I. III.
NOTES
nous rappellent, que l’aigle était le symbole de la puissance des Ptolémées, comme celle de Jupiter (a) : c’est pour cette raison qu’on trouve si souvent l’aigle sur leurs médailles. Un trait, rapporté par Suidas (i) , pourrait bien avoir donné beu à cet usage. « Après la naissance de Ptolémée Soter, dit ce célèbre grammairien, Arsinoé, sa mère , ne voulut pas le reconnaître ; ainsi , suivant l’usage , elle le fit exposer sur un bouclier. Les Macédoniens disent à ce sujet, qu’un aigle descendit vers cet enfant et le couvrit de ses ailes; qu’il s’élevait dans les airs à une certaine distance, pour le mettre à l’abri du soleil ou à couvert de la pluie ; qu’il éloignait de lui les oiseaux qui auraient pu l’effrayer, et qu’il déchirait les corneilles pour le nourrir de leur sang, au lieu de lait. »
Athénée fait monter à dix mille talens d'argent la valeur des vases et des coupes qui servaient à ces tables , sans compter, dit-il, le prix de la façon, ni des pierreries dont on les avait tous enrichis ; sur quoi M. Lebeau observe cjue le talent peut ici s’entendre de trois manières (2).
Ou il s’agit du talent attique par lequel les historiens comptent ordinairement , et qu’on peut évaluer à cinq mille livres de notre monnaie , et dix mille de ces talens équivaudraient à cinquante millions ;
MYTHOLOGIE COMPARÉE
(a) Ainsi , les Indiens donnèrent un aigle à leur dieu IVisnhau ; les Chrétiens à un de leurs évangélistes. AUTORITÉS.
( 0 Suidas in voce la go s. — (2) Festus in voce taluntum.
Ou Fauteur entend le talent alexandrin, parce qu’il s’agit d’une fête donnée à Alexandrie : or ce talent valait le double de l’attique ; ce seraient donc cent millions ;
Ou le talent dont il est ici question , doit être pris pour le talent rhodien, parce que Callixène, d’après lequel Athénée dit qu'il donne cette description, était de File de Rhodes ; ce talent était d’un quart moins fort que 1 attique : quand on s’en tiendrait à ce dernier, on aurait cependant la somme de trente-sept millions cinq cent mille livres, seulement pour les vases du festin.
L’auteur, pour rendre ce récit vraisemblable, à beau faire dire , par l’un des interlocuteurs de son dialogue , que le Nil est le seul fleuve qui mérite le nom de Chrysorrhoas , puisque, par la fécondité qu’il procure à la terre, on peul dire qu’il roule un or pur qui se recueille sans peine, et qui, distribué dans l’univers, suffirait aux besoins de tous les mortels comme les présens de Triplolème : il sera toujours difficile de comprendre que Philadelphe ait pu posséder de si excessives richesses, en supposant même dans l'Egypte un commerce immense , une merveilleuse fertilité, et ce nombre infini de villes et de bourgades dont Diodore de Sicile le fait maître.
Après la description des tentes et de l’appareil des festins, Athénée, toujours d’après Callixène, donne celle des processions nommées pompai , dans lesquelles on promenait en grand cortège, au travers de la ville , les statues des dieux , et des héros qu’on mettait au rang des dieux. Ces processions, qui se succédèrent les unes aux autres, commencèrent dès le point du jour, et durèrent jusqu au coucher du soleil. L’auteur passe légèrement sur les
NOTES. 3G5
autres; mais il représente dans un grand détail la pompe de Bacchus (a).
Les Satyres , qui font avec les Silènes la tête de la pompe de Baeclius , ont des lampes en main ; ce qu’on ne voit pas ailleurs : c’est que les fêtes de Bacchus se célébraient ordinairement pendant la nuit.
Nocturnusijue vocat clamore Cythæron (1).
On portait un autel double , parce que cette fête avait un double objet ; c’était d’honorer à la fois et Bacchus et Ptolémée Soter (A).
Entre les personnages allégoriques qui composaient cette pompe, le plus extraordinaire était un géant avec le masque et l’habillement théâtral, tenant la corne d’Amalthée , qui était d’or; ce géant représentait l’année, dont le nom est en grec du genre masculin eniautos : il était suivi d’une femme aussi remarquable par sa grandeur
REMARQUES
(а) On peut voir la traduction de cet endroit dans le troisième volume de l’Antiquité expliquée , par dom Montfaucon , ou dans lTIistoire ancienne de M. Rollin ; M. Lebeau y ajoute quelques remarques, dont nous ne donnerons que les plus singulières.
(б) Hérodote rapporte qu’en Egypte, dans un temple d’Apollon , on trouvait des autels triples, bomnl triphacioi . pour Latone, Apollon et Diane ; c’est-à-djre pour les divinités des trois saisons orientales.
AUTORITÉ
(i) Virg, Eneid. 1. IV.
JS OTES.
que par sa beauté, et revêtue d’une robe éclatante d’or: elle portait dans une main une branche de palmier, dans l’autre une couronne des feuilles de l’arbre nommé perxea. Ces attributs conviennent à l'Egypte : cette femme se nommait la Pentéthéride («). M. Lebeau conjecture que ce personnage indiquait que l’intention de Ptolémée Philadelphe était de renouveler cette fête tous les cinq ans : on ignore si ce projet fut exécuté.
On voyait , dans cette pompe , marcher le poëte Phi— liscus en qualité de prêtre de Bacchus , à la tête d’une troupe d’acteurs de toute espèce; à leur suite on portait les trépieds delphiques pour la récompense des vainqueurs : les trépieds destinés aux jeunes gens avaient neuf coudées (é) de haut , et ceux des hommes faits en avaient, douze (r). Philiscus, dont il est parlé dans ce texte, était un poëte tragique de file deCorcyre; il était du second ordre , et un des sept qui composèrent la Pléiade. Suidas le fait auteur de quarante-deux pièces (i), et d’une mesure particulière de vers qui prit son nom , mais dont Suidas ne nous donne aucune idée. On sait que les jeux de théâtre étaient consacrés à Bacchus.
REMARQUES
(a) Ce mot, très-usité dausla Grèce, signifiait Yespa e de cinq ans , comme le mot lustrum chez les Romains.
{b) 4 mètres 387 millimètres : i5 pieds 6 pouces.
(e) 5 mètres 85 centimètres : 18 pieds.
AUTORITÉ
(1) Suidas in Philiscos.
NOTES
Les auteurs n’étaient pas seulement ceux qui devaient jouer des rôles, mais aussi les danseurs, les musiciens, les mimes : tous ces gens-là étaient compris sous le nom générique de technitai , artifices.
On sait, par un grand nombre d’inscriptions, qu’il y avait des jeux et des prix séparés pour les jeunes gens et pour les hommes faits , quelquefois même pour les enfans.
Ensuite viennent les chars.
Tout est ici d’une mesure extraordinaire : ces chars sont à quatre roues ; il y en avait un grand nombre tirés par une quantité d’hommes proportionnée à leur grandeur. Le troisième avait vingt coudées de long sur seize de large ; il était traîné par trois cents hommes : le quatrième par six cents; il était haut de vingt-quatre coudées, et large de quatorze.
Le premier char portait une statue de Bacchus, haute de dix coudées; elle était accompagnée de tous les attributs de ce dieu, et d’une troupe de prêtres, de prêtresses, de Bacchantes, et de femmes qui portaient le van mystérieux : ce van est , de tout cet attirail de Bacchus , ce qui mérite le plus d’attention.
Harpocration (i) dit que le van était d’usage dans toutes les cérémonies de religion. En effet , on le trouve dans celles de Minerve , d’isis, et de plusieurs autres divinités. Démosthène (2) , dans le portrait qu’il fait d’Eschine ,
AUTORITÉS
(j) Harpocrat- in Licnophoros. — (2) Demosth. oral de Corond.
NOTES
comme d’un misérable ministre de sortilèges, lui donné le titre de licnophoros, vannifer. Le van servait surtout dans les fêtes de Bacchus («). Servius (i) en apporte plusieurs raisons, dont la première est vraiment mystique , c’est que les cérémonies de Bacchus contribuaient à purifier les âmes , comme le van purge le blé. La seconde raison est tirée de ce qu’lsis mit sur un van les membres d’Osiris déchiré par Typhon ; or, Osiris est le même que Bacchus : d’autres, continue - 1- il , entendent par le van des mystères , un large vase propre à mettre du vin , dans lequel les gens de la campagne ont coutume d’entasser1 les prémices de la récolte , pour en faire une offrande à Bacchus et à Proserpine.
On peut donc se représenter le van sous deux figures différentes; ou comme celui dont on se sert encore pour vanner le blé , ou comme un large vase propre à mettre du vin. Mais je ne crois pas qu’on puisse nommer ainsi, dit M. Lebeau , ni cette espèce de panier représenté sur les médailles appelées Cistophores , d’où l’on voit sortir un serpent, quoi qu’en disent plusieurs antiquaires, ni Je petit vase de cuivre auquel dom Martin donne ce nom , dans l’explication qu’il a publiée de divers monumens.
Le second char portait une statue haute de huit cou-
REMARQUE
(a) Mystica vannus lacchi (a).
AUTORITÉS
( i ) Sert?. Comment . in id, — (2) Virg. Georg. I. 1
notes. 36g
dées («) , représentant Nysa qui se levait et s’asseyait par ressort. Ce nom de Nysa peut se prendre en trois sens différens par rapport à Bacchus : tantôt il désigne la nourrice de ce dieu, qui fut enterrée près de Scythopolis en Palestine; tantôt c’est la ville que Bacchus bâtit dans les Indes (x), près du mont Méros : on dit enfin que Bacchus, fils du Nil, fonda une ville, nommée Nysa , en Egypte (2).
D 'autres prétendent que les termes de la description doivent s’entendre d’une femme, et non pas d’une ville (3) ; mais M. Lebeau pense , au contraire , qu’il s’agit de la dernière Nysa. La fête se donne en Egypte , et il est ordinaire, sur les médailles et les autres monumens, de voir les villes sous des figures de femmes plus grandes que nature , et assises.
Le troisième char portait un pressoir de vingt coudées (é) de haut, sur quinze (r) de large. Soixante Satyres foulaient la vendange , et chantaient , au son de la flûte , les airs du pressoir : le vin nouveau coulait par les chemins.
La joie de la vendange était toujours accompagnée de musique. Homère, dans sa description d’une vendange
REMARQUES
(a) 5 mètres 9 décimètres : 12 pieds.
( b ) 9 mètres 70 centimètres : 5o pieds.
(c) 7 mètres 3 12 millimètres : 22 pieds 6 pouces.
AUTORITÉS
(1) Strabon. — (2 )Çic. de Natur. Deor. L ni. — (3) Casaui .
NOTES
gravée sur le bouclier d’Achille , met au milieu des vendangeurs qui dansent, un jeune homme qui joue de la cithare (a).
Les airs du pressoir étaient de ces chansons consacrées à chaque profession dans la Grèce , sur lesquelles M. de la Nauze a donné deux mémoires curieux. On ne trouve rien de particulier sur les airs du pressoir (1); Athénée et Pollux n’ent ont conservé que le nom (&).
• Un quatrième char portait une outre de trois mille mesures , faite de peaux de panthères , et entourée de Salyres et de Sdènes , dont quelques uns portaient des thériclées d’or.
Les outres étaient ordinairement de peaux de chèvres; celle-ci est de peaux de panthères, parce que cet animal est consacré à Bacchus. Les panthères furent les nourrices du dieu de la vendange ; c’est pour cela qu’elles aiment le vin, et qu’elles le reçoivent avec joie comme un présent de ce dieu (2).
Bacchus est souvent représenté couvert d’une peau de panthère , qui devait lui être aussi agréable que la peau de la chèvre Amalthée l’était à Jupiter. Les thériclées
REMARQUES
(a) Toi ci d'en mcssoici , pais phormingi ligèièi Himeroen kitharizc (5).
(!>') Melos epileenion.
AUTORITÉS
(1) Mèm. Acad. t. IX. — (2) Oppian . Carra, de venat. — (3) Homer. //,
NOTES
étaient des coupes à deux anses (1) , assez profondes et ressérées sur les côtés : ce vase , quoique d’or, d’argent, ou d’autre métal, se nommait ainsi , parce qu’il était fait à l’imitation de certains vases de terre , dont l’invention était due à Thériclès, célèbre potier de terre de Corinthe.
Le cinquième char portait un cratère d’argent de six cents mesures ; son bord , ses anses , son pied étaient ornés d’animaux en relief ; son plus grand diamètre avait un cercle d’or enrichi de pierreries.
Quelle profusion de richesses! On sait que le cratère était le vase où l’on mêlait l’eau avec le vin , et où l’on puisait pour verser aux convives.
On portait ensuite quantité de vases d’argent , entre lesquels on voit et des buffets de douze coudées (ci) de long sur six (b) de large , et de grandes cuves pour se baigner, le tout d’argent.
Comme parmi ces vases il est parlé de l’amphore , M. Lebeau en distingue de deux sortes : l’une était un vase à deux anses, de la grandeur d’une urne ordinaire, avec un col et un couvercle ; on s’en servait dans les cérémonies religieuses. Chez les Athéniens, c’était une de ces amphores remplies d’huile qui faisait le prix des vain-
REMARQUES
(a) 5 mètres 85 centimètres : 18 pieds.
(b) 2 mètres 926 millimètres : 9 pied. .
AUTORITÉ
(i) Alhen. I. 11.
NOTES
queurs dans les Panathénées ; on voit la représentation de ces espèces d’amphores sur les médailles frappées pour conserver la mémoire des jeux célébrés dans la Grèce.
La seconde espèce d’amphores était une mesure pour les liquides ; elle avait aussi un col alongé , mais elle n’avail pas de pied pour l’assurer. On faisait un trou en terre pour l’affermir.
L’amphore attique était d’un tiers plus grande que l’amphore romaine (a).
Venaient ensuite les vases d’or encore en plus grand nombre; entre ceux-ci sont surtout remarquables vingtdeux seaux pour rafraîchir le vin, dont le plus grand tenait trente amphores.
Parmi ces différens vases d’or, il y en a d'une espèce particulière (i). Voici l’idée qu’en donne Athénée : « Le cothon, dit-il, est un vase assez profond, et plus large par le ventre que par le col ; on s’en servait surtout à la guerre , parce que ce vase était plus commode que tout autre pour le soldat, qui est souvent obligé de boire de l’eau bourbeuse ; le col étant étroit , les parties grossières s’arrêtaient au passage; et, comme on ne voyait pas le fond , le soldat ne se prévenait pas contre ce qu'il allait boire. »
REMARQUES
(a) Celle-ci, nommée aussi quadrantal , était d’un pied cube, selon Fannius.
( b ) Le texte les nomme colhonai - c’est une faute qu'il faut corriger par un autre endroit d’Atliénée, où ils sont appelés côlhônes: ainsi que partout ailleurs.
NOTES
Entre les vases, on en voit de terre cuite, peints de de toutes sortes de couleurs avec de la cire ; c’est cette espèce de peinture à l’encaustique dont il est parlé dans Pline et dans Vitruve , et sur laquelle M. le comte de Caylus a donné plusieurs ouvrages , qui ont fait revivre un art qu’on avait entièrement oublié.
Les richesses de toute espèce qui sont ensuite portées , soit dans les chars , soit par des hommes , sont, tout-àfait incroyables. Il est parlé, entre autres, d’une couronne d’or de dix mille statères , posée sur le trône de Ptolémée Soter.
M. Lebeau remarque que le statère d’or attique pesait environ cent soixante grains de Paris ; ainsi deux mille statères d’or vaudraient a56,g83 livres, sur le pied où était de son temps l’or à Paris.
Nous n’en dirons pas davantage sur cette description» Si l’on peut ajouter foi à ce récit, on en conclura qu’il fallait qu’après la mort d’Alexandre, les Ptolémées eussent eu en partage les plus grandes richesses de la Perse et des Indes, et que tout ce qu’il y a aujourd’hui d'or, d’argent, de pierreries en Europe, étant rassemblé, pourrait à peine fournir à la décoration d’une fête si magnifique. 11 faut ajouter qu’ Athénée a tiré ces détails du plus fabuleux des historiens, et qu'en général il consulte trop 1rs poètes, les romanciers et les rhéteurs.
(D), page 244.
On dansait chez les anciens autour des statues et des
NOTES
autels. On faisait des danses rondes pour l’amour des dieux ; et l’on envoyait même tous les ans une troupe de pèlerins au lieu qui était particulièrement consacré à quelque dieu (i) , pour y danser en son honneur. Les hommes , les femmes , les enfans et les vieillards se mêlaient à ces saintes danses. A Rome, les Saliens, prêtres de Mars , menaient eux-mêmes ces branles autour des autels du dieu , en chantant dévotement ses louanges. Enfin , ces danses étaient si fort du goût de l’antiquité païenne, que les poètes n’ont pas fait difficulté de faire danser leurs dieux.
Le christianisme ne peut se défendre d’une chose aussi indécente et licencieuse qu’est la danse dans le culte religieux. Ceux qui ont voyagé dans l'Europe savent avec quel abus on solennise les fêtes chrétiennes en certains pays. On n’y oublie ni les danses , ni les mascarades , ni les plaisanteries les plus grossières du théâtre (2). Telles furent les fêtes de l’Ane, des Fous , de la Mere sotte , de la Procession d’Arles, etc.
AUTORITÉS
(1) Callitn. hymn. à Délos. — (2) Cércrn. et Coût, relig.
h. \ , />. XXXIV.