JDE L’ANNÉE ASTRONOMIQUE DES GRECS
« Les Grecs considéraient les mouvemens du soleil et de la lune dans leurs années ; et comme iis croyaient, dans les premiers temps, que la durée du cours de la lune était précisément de trente jours, ils firent leur année de douze lunes, et par conséquent de trois cent soixante jours. Mais, s’étant bientôt aperçus de leur erreur, ils en ôtèrent six jours pour les réduire à l’année lunaire de trois cent cinquante-quatre jours ; laquelle avait onze jours de moins que l’année solaire ; et pour rapprocher les inégalités de ces deux astres, ils insérèrent, à la fin de chaque couple d’années, un mois intercalaire de vingt-deux jours qu’ils appelèrent pour cette raison embolimaîon , c’est-à-dire mois ajouté ou interposé.
» Ils reconnurent aussi dans la suite que les six heures qu’ils avaient négligées, et qui cependant sont la durée de l’année solaire audessus de trois cent soixante-cinq jours , composant un jour entier en quatre ans, étaient cause que leur année précédait d’un jour, au
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bout de quatre ans, la véritable année solaire ; ce qui les obligea de changer l’ordre de leur intercalation et delà remettre à la quatrième année. Ainsi ils laissèrent seulementtrois cent cinquante-quatre jours aux trois premières sous le nom d "'années communes ; et, réunissant ensemble les onze jours provenant de la différence qui se trouvait entre l’année solaire et l’année lunaire, le jour résultant de la répétition des six heures en quatre années, ils en formèrent un mois et demi de quarante-cinq jours, qu’ils ajoutèrent à leur quatrième année ; et pour rendre cette intercalation plus mémorable, et lui donner plus d’authenticité, ils en firent une consécration auguslepar l’institution des jeuxOlympiques, au tempsd’ïphitus , où toute la Grèce s’assemblait tous les quatre ans. C’est de là qu’est venue la manière de compter le temps par les Olympiades, qui étaient chacune de quatre ans, et qui devinrent si célèbres dans l’histoire.
» Ils reconnurent encore que cet espace de quatre ans ne renfermait pas toutes les inégalités qui se rencontrent dans les périodes du soleil et de la lune , ce qui les obligea de les doubler, et d’en faire une période de huit
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années; et, comme ils n on furent pas encore entièrement satisfaits , ils en introduisirent enfin une autre de onze années.
» Cette dernière période ne contenta point les Athéniens. lisseraient demeurés dans une perpétuelle confusion , si Méton, célèbre astronome, n’eût découvert que toutes les différentes mutations qui se rencontrent entre les deux mouvemens du soleil et de la lune, s’accomplissent dans une période de dix-neuf ans, après lesquclsces astres reparaissaient de nouveau dans les memes positions où ils s’étaient rencontrés auparavant.
» Car, multipliant la durée d’une année qui est de 365 jours 6 heures par 19, l’on a 6989 jours 18 heures, et multipliant la durée moyenne du cours de la lune,* qui est de 29 jours 12 heures 44 f 3" et 2", par 235, le produit est de 6989 jours 16 heures 32' 28" 5'" . On voit donc qu’en l’espace de dix-neuf années solaires, il y a deux cent trente-cinq révolutions de la lune, et que toute la différence qu’il y a de l’une à l’autre n’est au plus que d’une heure et demie au bout de dix-neuf ans après lesquels la lune se retrouve avoir seulement précédé de ce peu de temps d’une