CELLES-CI NE SONT QUE RACINES
Celles-ci ne sont que racines et feuilles mêmes,
Senteurs rapportées des bois et des étangs sauvages aux hommes et aux femmes,
Surette du sein et oeillets d’amour, doigts qui enlacent plus étroitement que vignes,
Ramages jaillis du gosier des oiseaux cachés dans le feuillage des arbres à mesure que le soleil se lève.
Brises de terre et d’amour soufflées des rivages vivants vers vous sur la mer vivante, vers vous, o marins !
Baies par le gel amollies et ramilles de Mars offertes toutes fraîches aux jeunesses qui errent dans la campagne au temps où l’hiver s’adoucit,
Bourgeons d’amour mis devant toi et en toi, qui que tu sois.
Bourgeons qui s’ ouvriront aux mêmes conditions que toujours,
Si tu leur apportes la chaleur du soleil ils s’ouvriront pour t’apporter forme, couleur, parfum,
Si tu deviens l’alïment et l’ondée, ils deviendront fleurs, fruits, hautes branches et arbres.
CALAMUS
NI LE FEU NE FLAMBE ET CONSUME Ni le feu ne flambe et consume,
Ni les vagues au galop de la mer ne montent et descendent, Ni l’air délicieux et sec, l’air de l’été mûr n’emmène légèrement les blancs duvets des myriades de graines, Emportés, voguant gracieusement pour tomber où ils peuvent;
Ni rien, oh ! rien de tout cela, plus que les flammes en moi ne consument, brûlant pour qu’il m’aime, celui que j’aime,
Oh ! ni plus que moi qui au galop monte et descend ;
Le flot galope, poursuivaùt quelque chose, sans jamais se lasser ? Oh ! moi de même.
Oh ! ni parcelles de duvet ni parfums ni hauts nuages verseurs de pluie ne sont emmenés à travers l’air libre, Plus que mon âme n’est emmenée à travers l’air libre. Emportée en tous sens, ô affection, en quête d’amitié, en quête de toi.