‹ Feuilles de route aux Etats-UnisChapitre 32 sur 43 · Fe · texte numérisé non relu

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autrui, d'attirer, d’accrocher, d’agripper le ne | land, de faire de bruit pour être remarqué, comme | à la foire. Ils y excellent. Par caractère, ils : ment — comme tous les parvenus — à s ‘exhib #: à s’étaler, et si cette complaisante vanité devient

du même coup utile et fructueuse, ils l’ adopteror avec passion. Faire argent, faire montre : c'e précisément leur talent. Ils ont la bosse de hibition. Regardez défiler leurs sociétés de m ER sique ou de tempérance en uniforme de gala : des Fe

g'alons rouges courent en tous sens sur les pan- Ée

dent au tricorne, des Abts de rubans descend des épaules. |

4 mme on dit, r très voyants » ; l'éclat, les cou-

là muraille et vient se enter au milieu du trotpour que le RORenEnS arrêté par cet obsta-

d .. a. de done ne dn cigares. no trueux et symboliques, barrent la route au des piétons et les contraignent à s apercevoir q y a, dans leurs parages, un bureau de tabac où un établissement de bains. Il y a bien d’aut

et il le remplace par un cadran plus lumineux, | tout émaillé, sur lequel des lettres sont substituées aux chiffres des heures : en regardant l’heure, fie

Lab lire l'annonce et ke nom ne nes Et . 3.

trace de leur passage et le nom de on maison, $ besoin de dire que tous les ie

n’est pas jusqu aux boîtes à nee qui ne re | vent leur contingent ae dès hs ‘elles a

Hs ue is en Li alr sans $e ren utile et productive. |

anti le es fon Tous les moyens tout sont s'ils les jugent efficaces et s'ils sont assurés

es sont souvent d'u un goût détestable. Un sat r de Philadelphie a mis à sa devanture un im- 1ense cadre doré, pareil à ceux qui entourent les

: ujours vaincu par la ature, dispose chaque ; jour,

is l’intérieur du cadre, des losanges en grains aisin, des carrés de pêches et des polygones

l a faites concernant sa partie; il vous prée son portrait et celui de sa femme. Comme il qu'on le remarque, il inonde de ses immenses

cn rie + vous S pourstit et rap 3 Parisiens l’obsession des affiches de Buffalo B

de s . | Met Dans la banlieue de Chicago, sur une ee avenues qui aboutissent au Jakson-Park, la chau

tés arbres, on Ébercoit des bêtes véritables : ne S : io élans au poil soyeux, figés dans l “

nelle immobilité de l’empaillement; cette constn tion est la réclame d'un marchand de AÈ

cloches des locomotives, l’arrivée des trains saluée par le son Don d’un tympan de tôle d’un triangle d’acier, longtemps et rudeme frappé par un nègre : c'est l’appel assourdiss: du buffet. 16e Les tramways, les chemins de fer métropc tains, traversent des tunnels éclairés à l' électric té Il eût été inexcusable de ne pas utiliser ces la parois illuminées. Elles racontent en toutes lett

ici des lettres d'ombre, ou, si l’on veut, des ombres de lettres. Des caractères en fer découpé sont suspendus à la voûte dans un ordre convenable; ils s'interposent entre le foyer lumineux et la muraille, sur laquelle on lit les projections. Les courants d’air, le déplacement des trains ou tramways, impriment aux lettres un balancement perpétuel, qui produit des changements incessants dans la forme et la grosseur des projections : c'est un type ingénieux de réclame mobile.

C’est surtout dans les applications de la lumière

à la réclame que les Américains excellent. Leurs

soirées sont aussi étincelantes que productives Les jours de fête et de repos, de Bank holiday ou de Zabor day, les magasins sont fermés et vides; mais aucune devanture opaque n'en masque la vue; et, le soir, tous les lustres s’allument, illuminant les vitrines pour égayer l'aspect de la rue, pour arrêter la curiosité de la foule, et pour gêner les cambrioleurs, dont la présence serait aussitôt signalée du dehors.

Dans Broadway, la grande rue de New-York, un pâté de hautes maisons se termine, à l’intersection de deux avenues, par un immense pan coupé que recouvre une seule réclame. Ce sont, le soir, des points lumineux qui forment des lettres, et chaque point est une lampe électrique : il y en a quelques milliers. Le ciel en est embrasé. Comme l'habitude émousserait l'effet, pour entretenir la

curiosité, le courant est interrompu to is minutes : + la réclame s'éteint, de ciel

Ils sont aie Ïls connaissent le pouvoi d’un bon mot : plus il sera stupide, et mieux mémoire le conservera. Il y a toute une catégor de réclames gaies, sinon spirituelles, et souvent extravagantes. Un marchand vante son savo «qui laisse une agréable i impression derrière lui ». Vous ne l’ bi pas si vous avez vu son afficl illustrée : une négresse vêtue de blanc vient de S'asseoir sur un banc, où un gamin a peint une caricature encore toute fraîche. Celle-ci demeure imprimée sur le caraco de la négresse, qu'on voit … s'éloigner en gardant « une bonne impression der: rière elle! » s \ Quelquefois, l’idée est simplement bizarre. C nu marchand de cols et de manchettes met dans le coin de son annonce un personnage en habit noir la tête est remplacée par une grosse main, do l'index étendu désigne le reste de l'affiche. Devant un marchand de chaussures, des p ques de cuivre, encastrées dans le macadar simulent des empreintes de pieds nus, qui se d

UE : est eue de ns dont l’éclante fanfare célèbre les vertus du spécifique. Les | a la rue sont encombrés par la foule,

ce A

à grand’ te les policemen. :

Le une longue file de pe rés, armoriés et dorés : c'est l’élixir qui fait

vendeurs qui viennent vous proposer successive ment toutes les commodités de l'existence. Aux approches des grandes villes, des employés aimables s’approchent de vous, vous renseignent sur les divers hôtels, vous en font choisir un, vous demandent votre bulletin de bagages : à l’arrivée, vous vous rendez allègrement à l'hôtel désigné,

sans vous préoccuper de rien et vous retrouvez vos malles ou vos valises dans votre chambre. Ils mettent tout en œuvre pour happer agréablement le client ; ils connaissent l’art de faire des dépenses qui sont de bons placements. Dans ce genre l’une des plus curieuses est le free lunch, ou repas gratuit offert dans les tavernes aux consommateurs de boissons. Ce sacrifice n’est déjà pas si maladroit. La table toute servie attire les piqueassiettes, à qui l’on offre de préférence de bons fromages bien secs et des pièces bien salées de charcuterie, pour les inciter à boire. D'ailleurs on surveille et on règle au besoin les appétits trop féroces. Un petit mendiant de New-York me disait un soir qu'il entrait quelquefois au free lunch, pour attraper un morceau; mais on le mettait à la porte, parce qu'il n’avait pas ne | pour boire.

Le marchand, qui est toujours doublé d'un penseur,n’ignore pasque ses offres se heurteront contre la défiance ou l’incrédulité. Aussi n'hésite-t-1l pas à mettre au client, comme on dit, pièces en main.

Fes SNS EP.

AUX ÉTATS-UNIS 285 C’est ce principe qui a évidemment présidé aux expositions de coiffures. À la vitrine du parfumeur, derrière la glace sans tain, dans un décor de peluche rouge, une femme est assise, le dos tourné vers la rue, et la chevelure éparse roulant en ondulations jusqu'au sol. L'entrée est libre. Dans la salle, à droite et à gauche, d’autres femmes très chevelues, costumées en reines de Navarre ou en pairesses anglaises, se tiennent auprès de coquets comptoirs, et vendent des flacons d’eau capillaire. Elles vous expliquent qu’elles en font elles-mêmes un usage quotidien. Au fond de la salle, dans les

intervalles que laisse un orchestre de tziganes, un

monsieur en habit noir fait des conférences sur son eau merveilleuse, la main enfouie dans la chevelure blonde d’une des exposantes qu'il a fait monter près de lui. Je ne sais si ces flacons se vendent beaucoup, mais ces minois ne sont point désagréables à regarder et les visiteurs sont nombreux.

Après avoir constaté cette variété prodigieuse

dans les moyens imaginés pour faire de la publi-

cité, 1l faudrait résumer l'inventaire des objets qui constituent comme la matière de la réclame,

. et ce serait infini. En Amérique, on fait de la ré-

clame pour tout, y compris la nature et la relision. Je vois encore cette scène à laquelle j’assistai à Washington, et qui dépasse les exhibitions du même genre assez familières en Angleterre.

six de dut par Jo nègres en li d rée, stationnait e une large ANÉNAE

: dolls u un musicien jouait del han

dis qu'un clergyman prêchait à ses côtés d

une foule attentive. Par instants, de graves tiques s'élevaient sous la voûte d’épaisse verd 1 ne par un orchestre très ss

monter et l’on est ainsi ramené chez soi en.

ju

ture, malgré l'étendue des territoires, “He é cadastrées, étiquetées, tarifées, Toute la ré, du Park-National, qui est grande comme un

culte par les soins du gouvernement, pour at les touristes par le charme de cette sauvageri ficielle et patentée. 1

Ees Compagnies de chemins de fer distrib

sent en héliogravure les curiosités du trajet, sceneries de la route, la faune et la flore du p

da un D DE qui peut se Hat bind: Ds:

sont indifférents qu’à ce qui est improductif. font des affiches luxueuses pour un système

ants eaux de Zinc, moe: ueroëhai à elques poteaux de bois.

onton ou fie Fes hé ce s01t cb de ie ssité ou de curiosité. Barnum ne proposa-t-il pas à

| raque? Au lendemain de la victoire de Corbett a dans le championnat de la pre des

n “ie torse nu. Ils eurent Bio ne . sur Je vanité du public, qui vint en foule et paya fort cher pour pouvoir dire :

ee Un industriel organisa us 0e un servics de bateaux. qui croisèrent autour de l'île contami-

née : il y eut affluence de gens qui allèrent regar- | der de loin, comme des animaux en cage, les ar | rantenaires dans leur rer à 5e ares aim

çantss nee à lui faire payer cher.

Voici une anecdote assez plaisante à propos « de cet instinct d'exhibition. PS Le baron de Ro se trouvait dans let Le ms:

forme, So de lui, le salue, et hi di.

- mande : ce Has — Pardon, monsieur, comment vous appelez vous ? AR 1 HA — Pourquoi cette question ! ? FE — Onm'a dit qu'il y aun Rothschild dans 1 train. Ne serait-ce pas vous?

ants, des calembours, des résumés historins pages littéraires ou poétiques, et ee

SC : de l'agr

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