AVRIL
La neige fond Partout ; plus de lourde avalanche, Le soleil se prodigue en traits plus éclatants ; La sève perce l'arbre en bourgeons palpitants
Qui feront sous les fruits, plus tard, piier la branche.
Un vent tiède succède aux farouches autans ; L’hirondelle est absente encor ; Mais en revanche Des milliers d'oiseaux blancs couvrent la plaine blanche,
Et de leurs cris aigus rappellent le printemps.
Sous l’effluve fécond il faut que tout renaisse. . , Avril c’est le réveil, avril c’est la jeunesse,
Mais quand la Poésie ajoute : mois des fleurs —
Il faut bien avouer — nous que trempe l’averse, Qu’entraîne la débâcie, ou qu’un glaçon renverse —
Que les poètes sont d’aimables persifleurs.
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Féconde les sillons, rajeunit les Locages.
MicnAUD.
Hozanna ! La forêt renait de ses ruines ; La mousse agrafe au roc sa mante de velours ; La grive chante ; au loin les grands bœufs de labours
S'enfoncent tout fumants dans les chaudes bruines H
Le soleil agrandit l'orbe de son parcours ; On ne sait quels frissons passent dans les ravines ; Et dans l'ombre des nids, fidèle aux lois divines,
Bientôt battra son plein la saison des amours,
Aux échos d’alentour chantant à gorge pleine, Le semeur, dont la main fertilise la plaine,
Jette le froment d’or dans les sillons fumés.
Sortons tous ; et, groupés sur ie seuil de la porte,
Aspirons à loisir le vent qui nous apporte
Comme un vague parfum de lilas embaumés,
L'astre majestueux dont les flammes fécondes, Dispense la chaleur et la vie aux deux mondes A passé des gémeaux les signes radieux,