‹ Feuilles volantesChapitre 132 sur 137 · À MES SONNETS · texte numérisé non relu

À MES SONNETS

Pauvres petits oiseaux que le caprice enlève

Aux paisibles abris de vos taillis secrets, Vous allez demander aux regards indiscrets

Un peu de cet éclat que toute enfance rêve,

Pauvres petils oiseaux, sur vos humbles altraits Vous voulez, diles-vous, que l'aurore se lève... Mais dans les pleurs souvent un beau songe s'achève,

Et la gloire a coûté bien des cuisants regrets.

N'importe! ouvrez au vent vos ailes frémissantes. Bravez, petits Oiseaux, nos saisons mena antes: P

La tempête à toujours son lendemain vermeil ;

La pelouse a des tons plus verts après l’averse À Et l'azur vif où nul nuage ne se berce

Ne sait pas refléter es rayons du soleil,

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Castel-Biray est une magnifique villa, résidence d'été de M. Paul Blanchemain, le fils du poète et poète de grand mérite lui-même. Elle est située dans l'Inde, à peu de distance du château de Longefont qu'habitait le père, et qu'habite aujourd'hui le petit-fils,

Prosper Blanchemain, décédé en décembre 1879, est inhumé dans l’humble cimetière d'Oulche, sx pus à l'ombre d'une petite église isolée. Blanchemain était un grand poète avec deux grands défauts : il était riche et sans ambition. 11 chantait pour chanter — comme la cigale et le rossignol.

Ses belles et chastes pages resteront cependant, eur elles ont l'élévation et la clarté ; elles vibrent d'une émotion sincère, et sont filles d'une inspiration vraie. Des liens d'amitié et de reconnaissance m'unissaient au poète : une visite A sa tombe avait pour moi le caractère sacré d'un pèlerinage,

Saint-Benoft-du-Saut est une petite ville de l'Indre, dont la population dépasse à peine un millier d'âmes. On y remarque un antique couvent de bénédictins, ainsi que des travaux d'écluses considérables, où roule en casondes la rivière Le Porte-Feuille. Sur un vaste plateau, le dolmen de Montborneau suivant Larousse, de Mongarnaud suivant Jules Verne. Plus loin se dresse un menhir qu'on appelle ordinairement la pierre levée, ou bien encore, je ne sais trop pourquoi, la croix des Rendes. Pour y parvenir, en suivant le cours de la rivière, on passe par un endroit très sauvage et très pittoresque, où l'eau fraye bruyamment sa route À travers des roches bizarrement amoncelées, après s'être élargie en une espèce de bassin aux formes irrégulières. C'est ce qu'on appelle la Ware aux Martes. Les Martes sont ces mystérieuses femmes druidiques qui tiennent des fées ou fades, et se confondent, dans les traditions, avec les terribles lavandières dont les apparitions nocturnes ont été longtemps redoutées du paysan français.

La vieille ruine de Châteaubrun a été célébrée par George Sand. C'est là que se déroulent les principales scènes de son roman socia le Péché de M. Antoine.

Crozant est un petit bourg du canton de Dun, dans le département de la Creuse, Larousse lui donne 1362 habitants. Les ruines de Crozant sont célèbres et attirent un grand nombre de touristes et d'artistes désireux de fixer sur toile cette montagne de vieilles murailles dont l'effet pittoresque est réellement extraordinaire. Dix mille hommes pouvaient tenir garnison dans ce vaste château-fort, qui passait pour inexpugnable avant l'usage de la poudre à canon,

Guillaume Philibert de Naillne, grand maitre de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, né vers 1340, mort en 1421. 11 était grand Prieur d'Aquitaine, lorsqu'il remplaça comme grand maître Ferdinand de Heredia, en 1398,

Voici l'inseription tumulaire qui se trouve sur son tombeau, dans la petite église de Gargilesse :

Amno : Domini: Millesimo : ducentesimo : sexagesimo : sento: die : dominico : t: festum : ominum : sanctorum : obiit : G. de Naillac : de profundis

Argenton-sur-Creuse, l'Argentomagnus des Romains, chef-lieu de canton (Indre). 4700 habitants. Belle basilique. Magnifique pont en pierre de taille. Vestiges d’un ancien cirque. Nombreuses antiquités découvertes en creusant les tranchées d'un chemin de fer. Sur la gauche de la Creuse, restes d'une ancienne voie romaine, et ruines d'un château-fort construit sur un rocher qui domine la ville,

J'ai retenu un couplet de la vieille chansonnette chantée par la jeunesse d'Argenton, et qui se retrouve mot pour mot et note pour note dans les traditions populaires canadiennes. Le voici:

Vous n'irez plus au bal, madam’ la mariée ; Vous n'irez plus au bal, ni à ces assemblées ; Vous gard’rez la maison,

Tandis que nous irons.

Depuis la plus haute antiquité, les Bretons ont célébré la Saint-Jean par de grandes réjouissances populai On prétend même que cette fête a une origine antérieure au christianisme. Bien des archéologues y voient un vestige du druidisme : le culte du feu transmis aux Celtes par les anciens sectateurs de Zoroustre. C'est, en tout cas, la fête du solstice d'été, et le trait caractéristique qui la distingue, ce sont les feux de joie que les paysans allument sur toutes les hauteurs, et autour desquels ils dansent et chantent jusqu’à une heure avancée de la nuit. Tout à on entend une es, de rumeur singulière et persistante qui semble venir de tous les points de l’horizon À la fois. Ce sont les cuivres que l’on fait vronser. Le mot est tout À fait local. Voici en quoi cela consiste. On prend les grandes bassines d’airain qui servent de cuviers en Bretagne ; on y met un peu d'eau ; on y jette des sous, des clous, des clefs, des cuillers ; puis on tend des jones en

travers de l'évasement, Alors, tandis que des mains les tiennent fortement appliqués sur le rebord, d'autres, trempées d'eau, glissent sur les jones en leur arrachant d'aigres gémissements, des bourdonnements monotones, des ronronnements fantastiques, On prétend que les Jiuidos se servaient de ce moyen pour convoquer leurs assemblées,

(8) On était à la veille d'élections générales

Cette petite chapelle, dont personne ne conratt l'origine, est ejtuée aur Ja route qui longe la rive gauche de la Loire, à juat isues de Nantes, et environ une lieue du Pellerin,

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