‹ Feuilles volantesChapitre 18 sur 137 · C2 CL · texte numérisé non relu

C2 CL

Vous étiez 1à, Louise ; et vous savez sans daute Ce que mon cœur rêva tout le long de la route.

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C'était un soir d'été, calme et silencieux,

Un de ces soirs charmants qui font rêver aux cieux, Un soir pur et serein. Les vastes solitudes Semblaient prêter l'oreille aux étranges préludes, Aux premiers sons perdus du sublime concert

Que l'orchestre des nuits dit au vent du désert.

Le firmament s’ornait de brillants météores ; La brise roucoulait dans les sapins sonores ; Et les petits oiseaux, dans le duvet des nids,

Murmuraient la chanson de leurs amours bénis !

Vous étiez là, Louise ; et vous savez sans doute

Ce que mon cœur disait tout le long de la route.

Les arbres du chemin, sous les baisers du vent,

Secouaient sur nos fronts leur éventail mouvant

De feuilles, où perlaient des gouttes de rosée

Qui troublaient du ruisseau la surface irisée ;

Et tous quatre, égrenant, sans songer au sommeil, Des heures de la nuit le chapelet vermeil,

Nous cheminions gaîment — Ô bonheurs éphémères ! — L’âme dans le ciel bleu, le front dans les chimères... Et, dans l’enivrement, j'écoutais plein d’émoi

Les chœurs harmonieux qui s’éveillaient en moi.

Vous étiez là, Louise ; et vous savez sans doute Ce que mon cœur chantait tout le long de la route,

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