‹ Feuilles volantesChapitre 36 sur 137 · A UNE ORPHELINE · texte numérisé non relu

A UNE ORPHELINE

Heureux le cœur de l'homme à qui Dieu n’a pas demandé de larmes pour le tombeau d'une mère.

Cus SAINTE-For.

Dis, mon ange, Pourquoi cette pâleur étrange ?

Pourquoi ton doux regard semble-t-il s’attrister ? La beauté sur ta joue a posé sa main d’ange ;

Tu ne devrais savoir que sourire et chanter,

L'existence, il est vrai, perd bien vite ses charmes : J’ai vu de jeunes fronts blanchis avant le temps ; Mais l’œil des chérubins ne verse pas de larmes,

Et la bise d'automne est muette au printemps,

Laisse à ton père, à moi, soucis et peine amère,

Fardeau qui bien souvent fait plier nos genoux... Mais, entre deux sanglots, ta lèvre a dit : “ Ma mère ! ”

Ah ! pauvre ange, pardon : viens leurer avec nous ! P ge, P: P

Le lourd battant de fer bondit dans l’air sonore, Et le bronze en rumeur ébranle ses essieux...

Volez, cloches, grondez, clamez, tonnez encore,

Chantez paix sur la terre et gloire dans les cieux !

Sous les dômes ronflants des vastes basiliques, L’orgue répand le flot de ses accords puissants ; Montez vers l'Eternel, beaux hymnes symboliques,

Montez avec l'amour, la prière et l’encens !

Ses

istiiimn

tinniimis

Enfants, le doux Jésus vous sourit dans ses langes ; À vos accents joyeux laissez prendre l'essor ; Lancez vos clairs noëls : là-haut les petits anges

Pour vous accompagner penchent leurs harpe d'or.

Blonds chérubins cüantant à la lueur des cierges, Cloche, orgue, bruits sacrés que le ciel même entend, Sainte musique, au moins, gardez chastes et vierges,

Pc ceux qui ne croient plus, les légendes d'antan.

Et quand de l’an nouveau l'heure sera sonnée,

Sombre airain, cœurs naïfs, claviers harmonieux,

Pour offrir au Très-Haut l’aurore de l’année,

Orgues, cloches, enfants, chantez à qui mieux mieux !

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