‹ Feuilles volantesChapitre 74 sur 137 · A MON AMI ALPHONSE LE DUC · texte numérisé non relu

A MON AMI ALPHONSE LE DUC

Le jour de son mariage,

Le bonheur de la vie est un fatal problème

Que pour résoudre il faut, son tour venu, savoir, Comme un hardi joneur, jeter tout son avoir,

Nom, honneur, avenir, sur la carte suprême,

Ce jour aux lende Mains que nul ne Peut prévoir, C’est celui qu'on choisit pour dire : — Je vous aime ! A celle qui, changée en un autre vous-même,

Doit tremper votre amour aux sources du devoir,

Ami, le risque est grand ; nul cas rédhibitoire ; Le destin est au fond de l’urne aléatoire,

Et les arrêts qu’il rend sont les arrêts de Dieu.

Heureux celui qui peut, toute crainte bannie, Dans le choix de son Cœur trouver un bon génie,

Et dire comme toi :— J'ai gagné to: ui f

Sous le mobile archet la corde a retenti.

A JEHIN-PRUME

Tu m'as vu bien souvent applaudir, entraîné Par ta verve attendrie et ta grâce énergique, Grand artiste inspiré que la noble Belgique,

En talents si féconde, un jour nous a donné.

Quand ton jeu sombre ou doux, caressant ou tragique, Berçait ou remuait l'auditeur fasciné,

Comme le nerf sonore, ami, j'ai frissonné

Bien des fois sous le coup de ton archet magique, Et pourtant je sentais que l’ingrat instrument,

Sur lequel tu faisais vibrer si puissamment

Toute la passion qui te couvait dans l'âme,

Comme au poète ardent le rythme au son moqueur, Ne répondait qu’à peine aux élans de ton cœur...

Mais, voyant le reflet, je devinais la flamme.

Pays natal, on te retrouve Plus cher après t'avoir quitté.

GusTAVE NADEAU.

A Mme ANGELINA p+»

Au beau pays de l'or quel attrait vous enchaîne,

Vous, la plus fraiche fleur de nos cercles aimés, Vous qu'on ravit un soir à nos regards charmés,

Et qu'on devait nous rendre à la saison prochaine !

Qui sait ? Peut-être, hélas ! qu'en ces lieux embaumés Où le jour est si pur et la nuit si sereine, Et puis où vous régnez sans doute en souveraine,

Vous oubliez un Peu nos cieux moins parfumés.

Oh ! revenez ! — Là-bas, sur ces rives fleuries, Plus doux sont les Parfums, plus vertes les prairies,

Les bosquets Plus touffus, les échos plus charmants ;

Les oiseaux plus dorés ont la voix plus étrange... Mais ici l’on soupire à votre cher nom d’ange : Nos climats sont plus froids, mais les Cœurs plus aimants.

JMO LIBRARY

J'adore de tes vers la profonde harmonie.

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