‹ Feuilles volantesChapitre 78 sur 137 · E. DE VILLEDIEU · texte numérisé non relu

E. DE VILLEDIEU

A M. DE BERLUC-PERUSSIS,

poète provençal,

Poète, hier, encore, en humant quelques verres De votre fin muscat de Provence, — frileux, Je me pris à rêver aux climats fabuleux,

Où l’on retrouve encor la chanson des trouvères,

Souffles tièdes berçant de frais papillons bleus, Ciel d’azur, rayons d'or, roses et primevères !.,. Désespérant contraste avec les froids sévères

De nos zones qu'attriste un soleil nébuleux !

De vie et de parfums brises exhubérantes !

Aux chansons des oiseaux forêts toujours vibrantes !

Langue au 1thme sonore et plein de nonchaloir !

Ces horizons vermeils ! cet hiver chimérique ! -— Dites, n’est-ce pas là quelque monde féerique Où pour être poète on n’a qu’à le vouloir ?

Qu'aimable est la vertu que la grâce environne !

A CRÉNIER.

POUR L'ALBUM DE Mme H. MERCIER

Avant d'écrire un mot sur cette page blauche, Auprès d'elle, en révant, j'ai promené mon œil ; Et, sur ce frais vélin où tant d'amour s'épanche,

L'avourai-je ? j'ai craint de trouver un écueil.

J'hésite encore, ainsi qu'un oiseau sur la branche ; Mais, puisque de ce temple il faut franchir le seuil, Je m'exécute, et risque une parole franche,

En songeant à celui dont vous êtes l’orgueil.

Car vous aimez, madame, un homme au cœur d'élite ; Votre âme suit son âme en fidèle acolyte,

Répandant sur sa vie un vase au doux parfum ;

Et, lorsque l’on vous voit si charmante et si bonne, On seut qu’il a voulu méler, dans sa couronne,

La fleur de poésie aux lauriers du tribun.

NaTT

A mon avis, l'hymen et ses liens Sont les plus grands ou des maux où des biens,

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