‹ Feuilles volantesChapitre 95 sur 137 · LÉON MAGNIER · texte numérisé non relu

LÉON MAGNIER

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LECRÉPE

La feuille du printemps que zéphir effleure Et qu'un soleil ami dors de ses ri, 008, Est loin de se douter que bientôt visncra l'heure

Où l'hiver l’étreindra dans ses froiiis tourbillons,

De même trop souvent l'âme humaine se leurre, Sans voir le gouffre au bord duquel nous sommeillons, Jusqu'à ce qu'éveillé soudain, l’on saigne et pleure

Sous la morsure, hélas ! de cuisants aiguillons.

L'oiseau des jours sereins avait plié son aile

Sur ma tente, où, croyant sa chanson éternelle,

Des autans envieux je narguais la rigueur,

Un jour on est venu mettre un crêpe à ma porte... Et depuis lors, Seigneur, ce crêpe je le porte

Fixé par une épine au tréfond de mon cœur.

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