‹ Feuilles volantes [microforme]Chapitre 25 sur 43 · OR · texte numérisé non relu

OR

C'étaient des lueurs d’or, des chatoïiements de bagues, Un rayonnant fouillis des plus purs incarnats, Des reflets opalins aux miroitements vagues,

Noyés dans la rougeur sanglante des grenats.

L'air était doux, le soir serein : nous nous assîmes En face, sur un vieux banc de pierre: et longtemps, Le regard ici-bas, mais l'âme sur les cimes,

Nous voguâmes au vol des rêves inconstants :

Cependant que la nuit, moins sombre et moins voilée, Nous donnait, par moments, l'illusion de voir

u grand dôme d'azur la voûte constellée Du grand dôme d

Se mirer dans les fleurs comme dans un miroir.

Vers luisants

bagues, Le lendemain, hélas ! — ici-bas tout s'efface — Lorsque, le soir venu, pour savourer encor Le spectacle charmant, nous vinmes prendre place, Il ne restait plus rien du fécrique décor.

lines Plus de petits follets errants ! par les pelouses, temps, Les quinconces épais, les cailloux trébuchants,

Et le réseau feuillu des charmilles jalouse,

Les lampyres avaient trouvé la clé des champs.

s voilée, Il en restait à peine un ou deux dont la flamme

Brillait comme à regret, tandis que nous disions :

— Voilà bien le symbole et l’image de l’âme,

Avec ses songes d’or et ses illusions !

152 | Feu illes Voluntes

Tout te sourit d'abord, jeunesse inassouvie : La lumiere et les fieurs couronnent tes festins ; M Mais pour le cœur qui veut recommencer la vie,

S'il reste encor des fleurs, les flambeaux sont éteints !

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