‹ Feuilles volantes. Oiseaux de neiges (cent et un sonnets)Chapitre 23 sur 117 · LE BONHOMME HIVER · texte numérisé non relu

LE BONHOMME HIVER

Un bel hiver vaut un printemps.

DE&AIXilLRS.

Le bonhomme Hiver a mis ses parures, Souples mocassins et bonnet bien clos, Et, tout habillé de chaudes fourrures, Au loin fait sonner gaîment ses grelots.

A ses cheveux blancs le givre étincelle ; Son large manteau fait des plis bouffants : Il a des jouets plein son escarcelle Pour mettre au chevet des petits enfants.

Quand le soleil luit la neige est coquette ; Mol et lumineux, son tapis attend Le groupe rieur qui, sur la raquette, Au flanc des coteaux chemine en chantant.

Dans les soirs sereins, l'astre noctambule Plaque vaguement d'un reflet d'acier La clochette d'or qui tintinnabule Au harnais d'argent du fringant coursier.

A u feu du soleil ou des girandoles, Emportée au vol de son patin clair, Mainte patineuse, en ses courses folles, Sylphe gracieux, luit comme un éclair.

Un rayon là-bas aux vitres rougeoie ; On entend des sons d'orchestre lointain : Ce sont ces deux sœurs, la danse et la joie, Qui vont s'amuser jusques au matin.

Et dans l'azur vif baigné de lumière, Spectacle charmant, aspect sans rival, Aux toits de la ville et sur la chaumière Flotte le drapeau du gai carnaval.

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A Al. C0FF1N1ERE DE NORDECK

de la marine française.

Ami, l'on vient de me remettre — Envoi qui m'est bien précieux — Un croquis des plus gracieux Avec une charmante lettre.

La missive en mots palpitants Me révèle une amitié franche ; Sur le croquis, l'onde et la branche Tout bas me parlent du printemps.

L'amitié, cette coupe sainte

Qui toujours, aux lèvres du cœur,

Donne sa suave liqueur

Sans jamais y verser d'absinthe !

Le printemps, saison des amours, Des oiseaux, des papillons lestes, Des rayons et des fleurs célestes, Des douces nuits et des beaux jours !

Bientôt, ami, la froide neige Ici va tomber à foison ; Je vois venir à l'horizon L'hiver et son triste cortège.

Eh bien, quand dehors rugira La sombre voix de la tempête, Je n'aurai qu'à lever la tête, Et ton tableau me sourira.

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