‹ Feuilles volantes. Oiseaux de neiges (cent et un sonnets)Chapitre 47 sur 117 · LE CAP TOURMENTE · texte numérisé non relu

LE CAP TOURMENTE

Robuste, et largement appuyé sur sa base, Le colosse trapu s'avance au sein des tlots ; Sur son flanc tout couvert de pins et de bouleaux Un nuage s'étend comme un voile de gaze.

Sur son vaste sommet, de merveilleux tableaux Se déroulent devant le regard en extase ; Et vous suivez des yeux chaque voile qui rase, Dix-huit cents pieds sous vous, le fleuve aux verts ilôts.

Autrefois c'était là presque un pèlerinage. Un jour, il m'en souvient, collégiens en nage, Nous gravîmes gaîment ses agrestes sentiers.

Je crois revoir encor notre dîner sur l'herbe

Qui tapisse ta croupe immense, ô mont superbe ;

Et je rêve à l'aspect de tes plateaux altiers.

L'impétueux torrent s'écoule.

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