‹ Feuilles volantes. Oiseaux de neiges (cent et un sonnets)Chapitre 49 sur 117 · LE LAC DE BEAUPORT · texte numérisé non relu

LE LAC DE BEAUPORT

O frais miroir ! Sa nappe humide se découpe Dans les sables un lit paisible au creux d'un val ; Des montagnes lui font un cadre sans rival, Et dans son flot dormant doublent leur ronde croupe.

Sur la rive, un balcon d'aspect oriental Emerge d'un massif d'érables qui se groupe Au fond de l'anse où dort une svelte chaloupe Dont le flanc touche à peine au limpide cristal.

C'est le lac de Beauport, ce joyau solitaire, Ce petit coin béni, ce paradis sur terre, Ce croquis merveilleux, ce délicat pastel,

Où la blonde légende, en repliant ses voiles, Laissa tomber, avant de monter aux étoiles, De sa robe d'azur un reflet immortel.

Lee tribus d'alentour n'en pariaient qu'en tremblant.

Emile Chevé.

CAUGHNA WAGA

C'est le dernier soupir d'un monde agonisant. Venez voir ces débris des antiques peuplades, Anciens rois du désert, terribles ancelades Ecrasés sous le poids des choses d'à présent.

Arrêtons-nous ici, non loin de ces cascades. Regardez ce hameau qui n'a rien d'imposant. C'est là . . . Dire qu'on peut visiter en causant Ces lieux témoins de tant de fauves embuscades . . .

Est-ce notre regard ou l'histoire qui ment ? Qu'êtes-vous devenus, guerriers roux des prairies, Farouches Iroquois ? — O désappointement !

Sans même recourir aux moindres jongleries, Le chef de la tribu, marchand d'épiceries, Avec l'accent anglais nous parle bas-normand.

Oh ! le jardin, le parc, la colline, la plaine,

Le3 sentiers, les oiseaux dont la feuillée est pleine.

Page 1