CINQUIÈME ANNIVERSAIRE DE MARIAGE
A Mme J. R. Tiiibaudeau.
Madame, dans la longue et brillante série Des bonheurs radieux que Dieu vous a donnés, Vous avez, comme nous, des moments fortunés, Plus ou moins caressants pour votre àme attendrie.
Or l'instant le plus beau — minute, heure fleurie ! — Dont vos jours si sereins se soient illuminés, C'est sans doute celui dont — vous me devinez — Nous venons célébrer la mémoire chérie.
A cette occasion acceptez ce bouquet. — De roses l'on devrait couvrir votre parquet ; Mais s'il fallait, ce soir, que l'on vous fît l'offrande
D'une fleur pour chacun des dons qu'on aime en vous, Madame, nos bouquets, pour les contenir tous, Jamais votre maison ne serait assez grande.
Les chants lointains sont les plus doux.
Philakète Chasle.
A M. DE SIARIT
Quand tous les jours mon cœur vieilli se désenchante, Pourrais-je ne pas faire un sympathique accueil A ce frère inconnu dont la pitié touchante Vient verser de si loin du baume sur mon deuil !
Merci ! quand se gravait, dans une heure méchante, Le mot désespérance en travers de mon seuil, Au fond de ma tristesse amère et desséchante, Merci pour avoir mis cette larme à mon œil !
Dieu d'un sceau différent marqua nos destinées ; Pour le vol le plus prompt que de longues journées Des rivages d'Afrique au lointain Canada ! . . .
Mais l'espace dût-il défier la boussole,
Quand la brise m'apporte un mot qui me console,
Je pleure en écoutant son doux surswm corda !
Le mariage, Agnès, n'est pas un badinage.
Molière.