‹ Feuillets d'autrefois, souvenirs et rêvesChapitre 1 sur 21 · ORGUEIL · texte numérisé non relu

ORGUEIL

Il ne s'agit pas de prétendre faire mieux que les anciens, mais de faire aussi bien qu'eux autre chose.

Conférence aux di'lri/ués ouvriers,

Routes trop foulées ne sont qu'ornières creuses, Pars, quitte-les sans hésiter,

Vaines seront pour loi les clameurs envieuses Si tu te sens fort pour oser.

Il ost faux d'assigner aux conquèlus humaines

Des homes où les arrêter, Chacun a devant soi l'immensité des plaines,

Le champ neuf à ensemencer.

S'il est fou (l'()nl)lipi' lanl de siècles de gloire

Et ce que l'ou doit au passé Sera-t-il défendu d'aller à la Victoire

En sortant du chemin tracé?

llève donc d'ajouter à leur œuvre immortelle

Ta pierre choisie, ciselée, Fais d'un effort nouveau naître forme nouvelle

Dans une fiévreuse envolée !

Sur la matière riche et douce à la caresse

En tout un amoureux labeur Trace un décor savant où la sobre richesse

Unit la forme à la couleur.

Nous allons tisser d'or le manteau des poètes

Pense avec eux, tu trouveras Dans les jours de travail, dans ces vrais jours de fête,

L'oubli des durs maux d'ici-bas.

Et pourras arriver à connaître l'ivresse Dans ton ardeur jamais lassée

De laisser après toi toute une œuvre maîtresse A la marque de ta pensée.

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