‹ Fichte et son temps (volume 4)Chapitre 27 sur 116 · II. « L'APPEL AU BON , ■ , , ■ ■ i i · texte numérisé non relu

II. « L'APPEL AU BON , ■ , , ■ ■ i i

"'"''"'^ ^'' ^«e/gues apnorismes au sujet de l Appel du professeur Fichte au public (brochure de 47 pages sans lieu d'origine) (Appellation an den gesunden Menschenverstand in einigen Aphorismen ûber des Herrn Professor Fichte Appellation an das Publikum). « Le bon sens, y lit-on presque au début, appartient aussi bien à l'homme d'affaires qu'au savant le plus profond. » L'auteur avoue sans artifice qu'il n'est justement qu'un homme d'affaires nullement versé dans les secrets de la nouvelle philosophie transcendantale, ajoutant « qu'il ne sait pas jusqu'où il faut être parvenu dans celte philosophie pour manier la langue des dieux et pour pouvoir dire un mot aux hommes de l'École » ; cet aveu suffit à juger l'écrit sans y insister davantage-.

lu.^AUSujETDE L'AP- Nous relèverous une brochure plus impor- PEL AU PUBLIC DU PROF, tante : elle est de G. -F. Schàffer, prédicateur tiCHTE ». ^^ chef de la Cour, à Gotha, et témoigne

d'une singulière intolérance : Au sujet de VAppel au public du professeur Fichte concernant les principes athées quon lui a imputés (Ueber des Herrn Prof. Fichte Appellation an das Publikum und die ihni beigemessenen atheistischen Grundsatze betrelTend). L'auteur est un esprit capable de saisir toute l'excellence des philosophes anciens et modernes, même les plus modernes; son ouvrage, une satire des plus cinglantes. Veut-on un exemple de sa philosophie, le voici :

« Mais quoi, déclare l'auteur, est-il donc seulement possible en soi que le monde supra-sensible puisse être réellement une divinité véritable? Je réponds non! Le concept de la divinité comme monde supra-sensible, ou du monde supra-sensible comme divinité est tout à fait impossible; c'est un concept contradictoire. Car notre propre moi supra-sensible, Fichte même l'affirme. Conséquemmcnt le monde supra-sensible consiste en êtres supra-sensibles unique-

1. Vertraute unpartkeiischs Brieje iiber Fichles Aufenlhall in lena, p. 170.

ment particuliers, singuliers, existant pour eux-mêmes, reliés entre eux par un ordre moral commun. Seulement notre être ou notre moi supra-sensible a certaines limites qui lui sont essentielles et dont il ne peut se défaire. Le sieur Fichte lui-même les connaît et les sent, quand il dit, page 46 : « les limites primitives de mon être sont, dans leur origine, absolument inconcevables ». — Parfaitement, elles le sont quand on ne croit pas à un Dieu qui a posé ces limites aux êtres supra-sensibles dépendant de lui, qui leur a fixé une sphère dans la série des choses et un cercle d'action. » Voici un exemple de l'esprit satirique de Schâffer : « L'affirmation de Fichte suivant laquelle tous les objets extérieurs sont des produits de notre représentation est vraiment quelque chose de tout à fait extraordinaire! Ainsi nous serions, en fin de compte, tout-puissants, il nous suffirait d'un souffle pour détruire le monde entier. C'est ce qui paraît ressortir de ce que Fichte déclare ici. D'où donc peut venir que, d'après tous les enseignements de l'expérience, nous soyons cependant assez impuissants pour ne pouvoir même pas détruire, en soufflant dessus, un de ces essaims de mouches qui, en été, nous sont souvent si insupportables? Ou peut-être est-ce que, seul, Monsieur Fichte peut accomplir de si grandes choses? Oh! alors cet homme serait excellent à employer dans la guerre, car il serait capable d'anéantir toute une armée ennemie d'un seul souffle, comme étant son produit, sa création, une pure apparence*. »

IV. LA PLAQUETTE Daus uuc plaquette anonyme sur le Rapport SUR « LE RAPPORT DE de Vldéalisme et de la Religion (Vom Verhàlt-

L IDÉALISME ET DE LA ■ , tj i- i-. i • • . i, ,

RELiGioX' niss des Idealismus zur Religion), on décla-

rait franchement que l'Idéalisme n'était pas fait pour les écoliers et les étudiants des gymnases, que ce n'était pas même l'objet d'un enseignement utile pour l'auditoire des Universités, pour les futurs juges, professeurs ou médecins. II leur fallait, dans ces années précieuses, des études moins stériles que la spéculation pure, que des théories exposées en raisonnements bien enchaînés dont on ne doit pas perdre une syllabe, si on veut les comprendre. Un tel enseignement dépassait la portée de cerveaux de vingt ans, inaptes encore à la méditation; et, s'il se trouvait par hasard quelques esprits nés pour la philosophie et capables de suivre l'élan du maître vers les hauteurs transcendantales, à quoi cela pouvait-il bien les mener? Ne leur fallait-il pas redescendre sur la

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