‹ Fichte et son temps (volume 4)Chapitre 48 sur 116 · Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

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Reinhold », Ficlite l'avait lu à sa manière, la plume à la main. Etquy avait-il vu? La prétention — c'était la clef de voûte du système — de transformer, sans qu'on s'en aperçût, une pensée originelle en un être originel^ en ignorant totalement le problème de la liaison entre le subjectif et l'objectif, comme si, depuis la naissance de l'idée critique dans l'esprit de Kant, le problème n'était pas définitivement tranché. Seul était capable d'une telle erreur un homme qui n'avait aucune notion de la Théorie de la Science, qui n'avait pas même feuilleté les écrits de Kant, qui paraissait ne connaître la Critique que par les comptes rendus de Nicolaï ou de Herder^

Ce jugement sommaire sur la Logique de Bardili, Fichte, un instant, avait hésité à le communiquer à Reinhold, de peur de le blesser; m.ais il s'était décidé à le faire, trouvant qu'il serait plus blessant encore de refuser de répondre aux instances de son ami-.

Fichte ajoutait que Reinhold ne saurait accepter ce jugement, puisqu'il considérait comme un continuateur de l Idéalisme transcendantal celui en qui Fichte voyait un dogmatique à la manière des défenseurs de l'argument ontologique. Mais, si, aux yeux de Fichte, cette difTérence d'interprétation pouvait disculper Reinhold, elle était trop grave pour que l'auteur de la Théorie de la Science ne la fil point publiquement connaître; il y tenait d'autant plus que Reinhold, « ce roseau qui pliait à tous les vents », suivant l'expression de Schelling, venait, dans un article sur la Logique de Bardili, d'annoncer au monde sa nouvelle conversion et de décocher à Vldéalisme Iranscendantal la flèche du Parthe^. Fichte en conçut à l'égard de Reinhold un vif ressentiment et parut dès lors décidé à rompre toutes relations avec lui*. En attendant, il saisit la balle au bond; il profita du compte rendu de Reinhold, dont le jugement lui avait paru singulièrement symptomatique^, pour prononcer, dans le Journal Itiiéraire d'Erlangen^, la condamnation de Bai-dili.

Il commençait ainsi : « La persistance du dogmatisme le plus grossier, en dépit de l'évidence suffisamment établie de {"Idéalisme Iranscendantal, n'est certes pas un miracle dans l'ensemble des choses, et l'on a donné déjà souvent les raisons de ce phénomène....

« Il n'en sera plus question dans une génération, et il ne vaudrait pas la peine de perdre son temps à lire, à juger, à réfuter les livres de cet acabit, en particulier le livre de Bardili, si le bruit ne courait

1. Fichte's Leben, II. Bd., Zweite Abth., III, 30, Fichte an Reinhold, Berlin, den 4. Juli 1800, p. 288. — 2. Ibid., p. 288. — 3. Ibid., IV, 11, Schellinj? an Fichte, Bamberg, den U. Mai 1800, p. 309. — 4. Ibid., 12, Fichte an Schelling, Berlin, den 9. Juni 1800, p. 310. — 5. Ibid., III, 32, Fichte an Reinhold, Berlin, d. 13. Sept. 1800, p. 293.

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