‹ Fidélaine; conte lyrique en 3 actesChapitre 21 sur 27 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

HYLÉOL, seul.

HYLÉOL, égaré, il ne reconnaît pas la clairière.

Quelle route ai-je suivie? (Silence.) Je ne suis pas au but. Il faut marcher encore. (// se soulève, retombe.) Je ne peux plus ! Erdelinde, à mes yeux, quel voile te dérobe ? J'ai suivi dans la nuit cette pâleur lactée : la blancheur de ta robe. Et c'était, devant moi, l'envol d'une buée, la fuite d'une nuée, un rêve poursuivi... Et j'allais, éperdu ! Puis, tout a disparu avec l'aube naissante .. Erdelinde, où es-tu? Je suis las, Erdelinde, et tu ne réponds pas ! (Silence lourd.) C'est en vain que j'appelle, seul l'écho de ces bois me renvoie, en rumeurs, mon angoisse et ma voix! (Il écoute, obstiné.) En vain, j'écoute. Seul le vent du matin, menaçant et mauvais, souffle dans ses buccins. Je suis bien seul au fond du bois profond, sous l'œil de l'aube blême. Comment te retrou-

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ver, Erdelinde que j'aime? Parles halliers sournois, les ronces, les épines, vers l'incertain sillon de ta trace divine, j'ai couru, te cherchant, et je te cherche encore. Où es-tu, Erdelinde, avec tes blanches sœurs? Je me suis déchiré les mains comme le cœur... J'ai crié « je t'adore, Erdelinde, où es-tu? » Erdelinde, où es-tu? 77 s'exalte.) Vois : tel un oiseau blessé qui, d'un dernier essor, fuyant la mort qui suit, fuyant, fuyant la mort, monte ivre de lumière, vers l'immense astre d'or, je veux aller, aller... je veux marcher encore... (So?î exaltation même Va épuisé : il tombe au pied d'un chêne. Il s'endort peu à peu et le e Nom » vient flotter sur ses lèvres comme fait le parfum sur la fleur.) Erdelinde, Erdelinde..., réponds-moi... Erdelinde.

(77 s'assoupit durant ces derniers mots. Au fur et à mesure, on entend grandir dans le lac, dans l'air, dans la forêt, dans toute l'ambiance hostile, des rumeurs qui bientôt se précisent. C'est le rêve d'Hyléol. Il s'agite, il fait des gestes pour écarter les visions qu'évoquent en lui les voix.)

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