‹ Fidelio opera en trois actesChapitre 29 sur 47 · N» 7. — DUO · texte numérisé non relu

N» 7. — DUO

MARCELINE

Pour vivre en paix près de sa femme .

Il faut l’aimer du fond de l’âme;

Approuver tout, trouver tout bien.

ISABELLE , souriant.

Et ne jamais lui cacher rien.

MARCELINE

Hégler son goût d’après le sien.

ENSEMBLE

De vivre en paix c’est le moyen!

Je ferai tout pour te complaire ,

Te voir sera mon seul bonheur!

Tu pourras lire dans mon cœur,

Comme au fond d’une eau pure et claire.

ISABELLE

Fidèle amante, épouse ou sœur,

En t'écoutant il faut qu’on t'aime.

ENSEMBLE

ISABELLE, à pnrt. j- MARCELINE.

Toujours mentir !... O peine extrême * Mon cher amour ! mon bien suprême! Tromper encor ce cœur qui m’aime ! ; La vie est douce quand on aime

F1DELI0

MARCELINE

Non* garderons longtemps, j’espère,

A nos côtés notre vieux père!

Qu’il soit heureux Entre nous deux!

ENSEMBLE

Qu’il soit heureux Entre nous deux!

MARCELINE

Qu'importe à nos cœurs amoureux Et le plaisir et la richesse?

Formons tous deux de plus doux vœux!

Une humble vie et ta tondresse,

Je n’ai pas rêvé d’autre ivresse !

Espoir charmant.

Joie éternelle D'un cœur aimant Tendre et fidèle!

L’amour sur nous étend son aile !

Il nous protège et sourit doucement Aux vœux d’un cœur aimant!

ENSEMBLE

ISABELLE, à pari.

Toujours mentir! ô peine extrême!

Tromper encore ce creur qui m'aime !

Haut.

Oui, cher enfant ! oui, je t'aime ;

Que Dieu t'accorde le bonheur Qu'a rêvé ton cœur!

MARCELINE

Mon cher amour! mon bien suprême La vie est douce quand on aime!

Oui, je t’adore! oui, je t’aime Le ciel m'accorde le bonheur Qu'a rêvé mon cœur!

ISABELLE

Tu es une aimable enfant, Marceline ; quoi qu’il arrive, gardemoi un peu d’amitié, et ne doute jamais de celle que j’ai pour toi.

MARCELINE

Chasse-donc ce vilain nuage qui obscurcit Ion front, et ne pensons plus qu’à notre bonheur!...

ISABELLE

Ce bonheur me fait honte, quand je songe aux malheureux qui souffrent près de nous!... Enfermés dans leurs cachots, ils attendent avec angoisse qu’on leur permette de venir respirer une heure dans ce préau. — Le jour s’avance, et ton père les oublie.

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