SCENE PREMIERE
HASSAN seul.
De festons odorans le palais se de'core , J'entends déjà fre'mir la harpe et la mandore; Dans les vastes jardins mille feux suspendus, Les esclaves en foule en tous lieux répandus , L'élan impétueux d'une feinte allégresse, Tout appelle aux plaisirs une oisive jeunesse , Et bientôt la révolte, à ce peuple indolent, Doit, au bruit des concerts,montrer son front sanglant. On ne m'abuse point , et la lutte est prochaine , Ce jour va décider de l'avenir de Gène !... Depuis que , devinant sa future grandeur, J'osai de ses desseins sonder la profondeur, Fiesque , de mes conseils repousse l'assistance , Son orgueil entre nous rétablit la distance ; Au moment du succès rougirait-il de moi? Que veut-il donc? sans doute il compte sur ma foi ,
Et prétend, fatigue' de mon zèle servile ,
Briser son instrument s'il devient inutile?
Ne me connait-il pas ? Du moins il doit songer
Que son mépris m'offense et n'est pas sans danger.
C'est lui.