SCÈNE VIII
MANFREDI, VERRINA, ANDRÉ DORIA, FIESQUE , FONDI , Conspirateurs.
Quoi ! c'est vous... Pardonnez, Doge, si mon hommage N'a point jusqu'en ces lieux marque' votre passage; Je ne pre'voyais pas qu'honorant nos loisirs , Doria daignerait se joindre à nos plaisirs. De quel éclat nouveau va s'embellir ma fête ? Esclaves, sans retard que Von proclame....
DORIA
Arrête :
De tels transports pour moi doivent-ils éclater? Fiesque , c'est un ami qui te vient visiter.
MANFREDI à part.
Que dit-il?
Je suis fier
DORIA
Fiesque, on te calomnie Tu veux t'armer, dit-on , contre ma tyrannie ; Conspirant avec toi, des Génois mécontens Menacent un vieillard qu'ils ont béni trente ans. Tu frémis?... Calme-toi !... Fiesque, je t'ai vu naître; J'ai chéri ta jeunesse, et tu n'es point un traître!
Un esclave t'accuse !... et je ne croirai pas
A des délations qui partent de si bas.
Mes amis , sur la foi d'une lâche imposture ,
Appelaient à grands cris les fers et la torture ;
Leur prudence déjà condamnait mes de'lais ;
Et moi, j'ai voulu seul me rendre en ton palais.
Doria, se mêlant aux doux jeux d'une fête ,
Chez Fiesque, cette nuit, vient reposer sa tête;
Je n'en crois que mon cœur, et s'il m'a pu tromper,
Je suis entre tes mains, Fiesque , tu peux frapper.
Doge!
DORIA
Un Fiesque toujours fut généreux et brave , Je le sais ! . . . que partout on cherche cet esclave , Dont les avis trompeurs nous outrageaient tous deux , Et que chargé de fers on l'amène à nos yeux ; A ton juste courroux mon amitié' le livre, Tu fixeras son sort.
Je lui permets de vivre.
Mon me'pris lui pardonne ! Et vous, Doge , en ces lieux Unissez-vous sans crainte à nos transports joyeux , Votre aspect des Ge'nois va doubler l'alle'gresse.
Aux conspirateurs.
Qu'à prolonger nos jeux chacun de vous s'empresse; Amis, loin des plaisirs c'est trop perdre de temps, D'un bonheur fugitif savourons les instans,