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Fièvre intermittente

C’est une maladie caractérisée par des accès de fièvre et des intervalles apyrétiques plus ou moins marqués, par la congestion de la rate et souvent par la tendance à la cachexie dite paludéenne.

Les accès présentent trois stades successifs : froide chaleur, sueur ; leur durée relative est, en moyenne, de quatre fois celle du froid, pour la chaleur, et de deux fois pour la sueur. Leur succession dans l’ordre indiqué constitue l’accès régulier. L’accès est irrégulier, quand il n’y a pas de proportion dans la durée ou dans le degré d’intensité des stades. Lorsque l’un des stades manque, l’accès est incomplet; si l’un d’eux est déplacé, comme lorsqu’il y a chaleur, sueur, froid, l’accès est à stades intervertis.

Les accès réguliers sont moins fréquents dans les pays où la maladie est endémique ; les accès irréguliers sont plus fréquents que les incomplets : ces derniers présentent plus de gravité que les autres. Ceux à stades intervertis s’observent presque uniquement dans les cas opiniâtres, en hiver, lorsque la rate est hypertrophiée.

L’intervalle qui sépare les accès se nomme apyrexie, et l’ordre dans lequel ils se succèdent constitue le type de la fièvre* Ce type est quotidien, si l’accès reparaît tous

les jours; et double-quotidien^ s’il y a deux accès par jour. Il est tierce^ si l’accès revient tous les deux jours ; doubletierce^ si deux accès apparaissent le même jour avec un jour d’apyrexie; tierce doublée^ s’ily a un accès par jour, et ressemblance des accès en tierce. On disting-ue encore la fièvre quarte^ qui a un accès revenant le quatrième jour avec une apyrexie de deux jours ; la double-quarte^ \b, quarte doublée...; mais ces distinctions n’ont aucune importance pratique. Enfin il y a les types subintrant, rémittent et pseudo-continu. La fièvre est subintrante, lorsque les accès, plus ou moins complets, empiètent l’iin sur l’autre; elle est rémittente., \ovsqvie sa marche est continue, avec des exacerbations qui constituent des accès ; elle pseudo-continue., lorsque le mouvement fébrile est continu, mais avec tendance au type quotidien. La pseudo-continue au fond est une fièvre rémittente à accès incomplets et subinirants. Elle ressemble assez exactement à ce que les anciens appelaient causus.

. Plus l’intervalle apyrétique est marqué et complet, moins la fièvre a de gravité. Quand ces intervalles tendent à s’effacer, et que les accès se rapprochent et se confondent, la fièvre devient plus grave.

Conformément à l’heureuse idée introduite en nosographie par J.-P. Tessier, nous avons cru devoir décrire cette maladie suivant ses formes. Seulement, une expérience toute spéciale sur ce sujet, nous a démontré l’existence d’une forme pseudo-continue., et ne nous permet d’admettre la fièvre intermittente bénigne que comme une variété de la forme commune.

Pour nous donc, les formes de la fièvre intermittente sont les suivantes : 1“ forme commune, 2“ forme pseudocontinue, 3° forme pernicieuse, 4“ forme anomale, 5° forme larvée, 6” forme cachectique.

1“ Forme commune. Cette forme peut revêtir tous les types. Ordinairement la quarte et le tierce, en hiver ; le tierce et le quotidien au printemps et en automne; le rémittent et le subintrant, en été. Elle devient facilement irrég-ulière et cachectique après une durée de trois ou quatre semaines, et presque toujours alors le stade de froid prédomine.

Les prodromes consistent en quelques symptômes g’astriques ; quelquefois en malaises, courbature, bouffées de chaleur, la veille du premier accès, et à la même heure.

Le stade de froid présente les symptômes suivants : pandiculations, bâillements, sensation de chaleur intérieure et de froid extérieur; frissons avec froid intense, horripilations, tremblements, claquement des dents, eng’ourdissement des doig’ts. Les frissons partent du dos, de la tête, des reins. Quelques malades éprouvent la sensation d’une affusion d’eau g-lacée sur le dos, ou d’un fdet d’eau froide le long- de la colonne vertébrale. La sensation de froid devient g-énérale, quelquefois avec ardeur intérieure ; tantôt il y R soif vive, tantôt le malade ne peut boire sans en être incommodé ou vomir, tantôt il n’y a aucune sensation de soif. La peau est pâle, contractée, parfois jaunâtre, presque toujours rug-ueuse (chair de poule). Souvent la lang-ue est blanchâtre et larg’e, les yeux cernés, le bout du nez et des extrémités violacé ; cette teinte s’étend quelquefois par plaques sur les joues et le reste du corps. L’urine est abondante et limpide. Il y a un mal de tête frontal, pressif, tantôt sourd et vertig-ineux, tantôt violent, lancinant, avec nausées et ordinairement vomissements bilieux. Ces vomissements sont d’autant plus constants que la rate se cong-estionne davantag-e. Le pouls est concentré, dur; il devient petit et rare après un certain

nombre d’accès. Ce stade de froid a une durée de un quart d heure à deux heures. Plus les accès se répètent, plus les symptômes qui le caractérisent sont intenses et moins le malade peut se réchauffer par la chaleur du feu ou du soleil.

Le stade de chaleur a une durée de deux à huit heures. Il s annonce par une sensation ag*réable de force intérieure qui se changée bientôt en une chaleur douce, puis âcre, fatig-ante, avec palpitations et bouffées chaudes qui montent vers la tête. Les frissons et le froid disparaissent entièrement ; la peau se colore ef s’injecte, la fîg’ure est roug-e. Lorsque la fièvre existe depuis quelques semaines, les hypochondres sont sensibles, tendus, douloureux; la peau est sèche et d’une chaleur âcre. Le mal de tête de ce stade est ordinairement pulsatif ; il y a lourdeur, somnolence, rêvasserie et souvent délire. La bouche est sèche, la soif ardente ; cependant la soif ne se déclare pas toujours, et souvent elle ne se montre qu au début de la chaleur. Les urines sont roug’eâtres, en petite quantité et cuisent au passag-e. I^a respiration est quelquefois oppressée; il y a des bourdonnements d’oreille; pouls dur ou plein, fort et fréquent.

Le stade de sueur, qui dure de une à quatre heures, commence par une sensation de bien-être, due à ce que la chaleur devient de moins en moins âcre ; il s’y mêle souvent quelques frissons lég-ers et éphémères, ou bien ils se renouvellent quand le malade se découvre, ou s’il boit. Habituellement, la chaleur est douce et g*énérale pendant la sueur ; celle-ci commence par le front et couvre bientôt tout le corps. A mesure qu’elle coule, la tête se dég>ag-e, la respiration devient plus ample ou plus facile. Vers la fin, un certain accablement provoque la somnolence; le pouls, toujours fréquent, s’assouplit de plus en plus, il devient même ondulent; mais s’il reste dur, ou

s’il le devient en pleine sueur, il annonce un accès subintrant. Les urines sont rares, chaudes, rouges et avec un sédiment briqueté. Si on aperçoit un nuage dans la partie supérieure de l’urine, quelques heures après la miction, c’est une marque que l’intervalle apyrétique sera long et complet, mais que la maladie, loin d être terminée, sera opiniâtre. L’urine trouble dénote une fièvre opiniâtre, et un sédiment blanchâtre annonce l’affection de la rate. C’est au moment où le malade se sent porté au sommeil qu’il faut le changer de linge et même de lit. Pour les "malades affaiblis, c est aussi le moment de prendre un bouillon ou un petit repas restaurant.

Une variété de la forme commune, c’est la fièvre intermittente des climats tempérés, ou celle de printemps, dans les lieux où elle est endémique. Ses accès sont quelquefois tout aussi intenses, mais l’apyrexie est généralement plus longue et plus complète. Cette fièvre bénigne cesse quelquefois spontanément, après un certain nombre d’accès, dans les contrées salubres.

2° Forme pseudo-continue. Cette forme est caractérisée par la continuité de la fièvre avec des accès indéterminés, consistant en un redoublement du mouvement fébrile, de la céphalalgie ou du délire et des vomissements.

Les prodromes sont de plusieurs jours : malaises, anorexie, accablement physique et moral, soif, bouche pâteuse, souvent amère, fatigue extraordinaire le soir.

La fièvre débute ordinairement dans l’après-midi : frissons violents avec douleurs à la tête, à l’estomac ou ailleurs ; vomissements qui surviennent quelquefois avec le frisson et en dissimulent la violence : ils sont bilieux, fréquents, se prolongent souvent au delà d’une

heure et semblent hâter le développement de la chaleur par les efforts qu’ils occasionnent. La soif est tantôt nulle, tantôt vive ; la céphalalg*ie déchirante.

La chaleur se prononce quelquefois au bout d’une demi-heure, d'une heure ; la céphalalg-ie, au lieu de diminuer, aug-mente.

Des périodes irrég-ulières de sueur se montrent dès le second jour, ordinairement à la suite de vomissements.

Après chaque période de sueur, qui dure depuis un quart d’heure, jusqu’à trois heures, ou pendant cette sueur, le pouls aug-mente de dureté, la céphalalg-ie devient intolérable et les vomissements bilieux se répètent.

Le troisième jour, plus tard si la maladie n’est pas traitée ou l’est mal, on observe une rémission d’une ou plusieurs heures. Dès ce moment, cette rémission se prononce chaque jour davantag-e, en même temps que les accès se caractérisent, avec le type subintrant, puis rémittent. Mais si un traitement convenable n’intervient pas, la fièvre redevient pseudo-continue, prend les allures d’une fièvre typhoïde, et se termine par la mort, vers la fin du premier ou du deuxième septénaire : on constate un délire continuel, le météorisme, des vomissements mélaniques, des sueurs avec pétéchies^ le coma et les symptômes de l’une des variétés de la forme pernicieuse.

3® Forme pernicieuse. Cette forme de la fièvre intermittente est d’uue extrême g-ravité; elle est caractérisée par les symptômes de malig-nité et par le type subintrant. Lorsque la forme pernicieuse se déclare d’emblée, le second accès devance seulement de quelques heures.

11 peut survenir des accès pernicieux après des accès plus nu moins rég-uliers et peu g-raves, ce qui ne veut pas dire que la forme pernicieuse ne soit souvent que la

transformation des formes pseudo-continue, cachectique ou anomale. C’est pendant l’été et au fort de 1 endémie qu’elle se montre ; elle n’a pas ordinairement de prodromes, surtout quand elle affecte des individus récemment arrivés dans la contrée où règne la maladie ; son attaque est alors presque toujours brusque. Dans les pays tempérés, en France, par exemple, on ne l’observe guère que dans les lieux où l’on a fait de grands mouvements de terrains, ou des défrichements étendus, même quand la localité n’est pas marécageuse.

La forme pernicieuse offre un grand nombre de variétés ; elle peut simuler la plupart des maladies. En voici la description, en commençant par les plus communes, et qui consistent dans l’exagération de 1 un des trois stades de l’accès, avec des symptômes malins.

A. Pernicieuse algide^ Caractérisée par le froid, souvent sans frissons, ni malaises. Les extrémités sont bleuâtres, il y a quelquefois de grandes plaques cyanosées sur le reste du corps. Le pouls devient petit, concentré et finit par s’effacer. Il y a pâleur cadavérique, figure contractée, froid glacial. En cet état le malade est tranquille et concentré en lui-même ; il ne demande qu’à n’être point dérangé ; sa voix est rauque, à peine articulée ; elle cesse d’être intelligible vers la fin de l’accès qui a lieu par la mort après un ou deux jours, sans que le malade ait perdu connaissance.

L’accès algide, comme la plupart des accès pernicieux, il importe de le faire remarquer, est précédé par un petit accès qui a lieu la veille. Ce premier accès consiste souvent en un simple malaise avec ou sans vomissement ; on observe quelquefois du vertige, une certaine exaltation cérébrale, une selle subite. Tout cela ne dure que quelques minutes, rarement une heure, et passe fa-

cilement inaperçu, malgré un frisson passag-er, de la pâleur, un froid subit, symptômes qui décèlent la g>ravité de ce petit accès, terrible avant-coureur d’un second accès ordinairement mortel et qui, le lendemain, devancera d’une ou de plusieurs heures.

Lorsque l’accès alg-ide, ou tout autre accès pernicieux, a duré quelque temps, de quinze à ving“t heures, on remarque souvent un moment de rémission dans les symptômes. Ce répit court et lég'er est toujours suivi d’une ag-g-ravation qui n’est autre que le troisième accès, lequel est subintrant. Lorsque la maladie en est arrivée à ce deg-ré, toute chance de g-uérison est presque perdue.

Arrêtée dans sa marche, la maladie chang-e d’aspect; une réaction plus ou moins violente se déclare avec des phénomènes cérébraux, presque toujours pi‘ovoqués par des doses exag'érées de sulfate de quinine : fièvre violente, délire ou hallucinations, surdité.

B. Pernicieuse ardente. Un petit accès prémonitoire a lieu ordinairement la veille, comme du reste pour la plupart des accès pernicieux.

L’accès pernicieux ardent consiste en frissons de peu de durée, mais violents et accompagmés d’une sensation de froid vif et anxieux, sans bleuissement des doig-ts. Des vomissements bilieux se montrent quelquefois en même temps. La chaleur se déclare par bouffées incommodes. Elle est bientôt g-énérale, avec pouls dur ou fort et très-fréquent, céphalalg-ie aig-uë, yeux étincelants, traits animés, face vültueuse, peau universellement roug'e. L’ag-itation, suivie du délire, survient dès les premières heures. A son summum d’intensité l'accès est caractérisé par une délire violent, peau brûlante, sèche, offrant une nuance jaunâtre, g-onflements douloureux aux jointures ou aux g-an-

g'iions. La rémission a lieu le lendemain, quinze ou ving-t heures après le commencement de l’accès; le délire cesse pendant un quart d’heure ou une heure, la sueur couvre le front, la peau devient quelquefois moite partout; mais, bientôt quelques frissons annonçant le troisième accès, presque toujours fatal. La mort survient ordinairement pendant le troisième jour, dans le coma, avec pétéchies, bubons, diarrhée putride.

G. Pernicieuse sudorale. Frissons quelquefois vifs, froid suivi de chaleur pendant quelques heures, ou quelques minutes, puis sueur. Cette sueur devient bientôt g-énérale, profuse, extrêmement abondante pendant huit et quinze heures. Alors le malade commence à s’affaiblir, le pouls devient mou et faible, les anxiétés, qui le fatig-uaient peu jusque-là, prennent un caractère alarmant par leur continuité et leur intensité : l’ag’itation est extrême; il survient des attaques d’oppression, de l’ang-oisse, des lipothymies. Enfin le froid reparaît par moments et la sueur se refroidit. Quelquefois on constate à cette époque une éruption de sudamina avec rémission; mais si le malade n’a pe.G été secouru à temps, surviennent de larg-es pétéchies, la sueur froide se g’énéralise, et la mort survient dans une syncope, ou dans le subdelirium avec froid g-lacial. Le malade conserve presque toujours, jusqu’à la fin, Tusag-e de ses facultés intellectuelles.

D. Pernicieuse cérébrale- L’accès simule quelquefois une attaque de léthargie, qui peut durer deux jours, mais qui est toujours marquée par un moment de rémission, pendant lequel les malades semblent s’éveiller avec une sensation de froid. Quelques-uns croient avoir reçu un jet d’eau froide sur le dos. Secourus en ce

moment, leur g-uérison est assurée, sinon la létharg-ie les reprend, et rarement il survient un quatrième accès ; ils meurent durant le troisième, dans le coma et g’iacés, sans qu’on ait observé chez eux de la fièvre, sinon un pouls dur et un peu plus accéléré.

L’accès apoplectique ne diffère pas d’une attaque d’apoplexie ordinaire, mais il est toujours marqué à un certain moment par une rémission ; le médecin attentif ne peut donc se méprendre sur la nature de la maladie. La saig-née, en pareille circonstance, est funeste.

L’accès comateux ne diffère de l’accès létharg-ique que par l’état d’insensibilité absolue du malade, par un mouvement fébrile aig*u avec pupilles contractées et résolution complète des muscles. La rémission qui précède le troisième accès est plus rapide et plus difficile à saisir. L’accès comateux est ordinairement précédé de quelque exaltation cérébrale : loquacité, g'rande activité, sorte d’ivresse; le malade a des hallucinations, il se trompe de mots et d’objets. Cet état dure environ une demi-heure ; un sentiment de lassitude s’empare du malade ; il tombe quelquefois à l’endroit où il se trouve, comme accablé par le sommeil; le coma survient et ne quitte plus le malheureux patient. Nous en avons vu plusieurs qui avaient les yeux ouverts et les . pupilles dilatées (et non contractées), durant tout l’accès. La mort a lieu au bout de trente ou quarante heures, par une sorte d’asphyxie avec la face livide et couverte de sueur froide.

E. Pernicieuse convulsive. L’accès a le stade de froid plus marqué; les convulsions consistent en trismus, roideurs, spasmes douloureux; il ne diffère pas d’une attaque de tétanos; il y a sueurs froides, oppressions terribles, g’astralg-ie constrictive.

F. Pernicieuse L’accès est caractérise par des

syncopes qui sont de plus en plus fréquentes, il y n des anxiétés, des palpitations. Le froid domine et se montre encore pendant la chaleur. Le pouls est faible, inég’al, la mort survient quelquefois durant une syncope.

G. Pernicieuse névralgique. L’accès est constitué par des névralg-ies violentes, atroces : rachialgie, gastralgie, pleurodynie..., quelquefois douleurs du cœur avec syncopes et anxiété, plus souvent splénalgie. Quelle que soit la névralgie, on observe toujours de 1 anxiété.

H. Pernicieuse phlegmasique. L’accès simule une phlegmasie : pleurésie, pneumonie, arthrite, hépatite... Dans cette variété de la forme pernicieuse, il y a souvent un quatrième accès. Les moments de rémission sont plus saisissables. Dans l’accès qu on a appelé catarrhal, toutes les membranes muqueuses sont atteintes soit simultanément, soit successivement en plusieurs accès : coryza, bronchite, gastrite, entérite, délire, dysurie. La décomposition des traits est remarquable. Dans une de nos plus belles provinces de France, un homme, pendant un accès pernicieux qui avait été méconnu, semblait être à l’agonie, c’était à la fin du troisième accès : délire, dyspnée, râle muqueux, météorisme, rétention d’urine, selles involontaires. Nous reconnûmes la maladie en apprenant quelle n’existait que depuis quatre jours et qu’il y avait eu quelques moments de mieux très-marqué dans la matinée des trois jours précédents. Elle fut traitée dès lors d’après ce diagnostic, et la guérison ne se fît pas attendre.

I. Pernicieuse cholérique. L’accès représente exactement une attaque de choléra. On observe même les évacuations aqueuses et floconneuses. Le stade de froid con-

stitue uniquement l’accès. La chaleur que l’on, observe dans les cas deg>uérison, paraît être l’effet d’une réaction provoquée par la médication.

J. Pernicieuse hémorrhagique. Ce qui disting-ue l’accès hémorrhag-ique de l’ictère malin c’est que les hémor-'

rhag’ies (hématemese, métrorrhag’ie, épistaxis.) se

montrent pendant le stade de froid. Cependant cet accès n’est pas toujours accompag-né de symptômes bilieux et de la teinte ictérique; le stade de la chaleur offre le plus de dang-ers par l’abondance des pertes de sang-.

K. Pernicieuse ictérique. Nous en avons observé un cas qui différait d’une affection du foie par la multiplicité des hémorrhag-ies; et de l’accès hémorrhag-ique par l’ardeur de la fièvre et les vomissements. Le stade de froid est de peu de durée. On a confondu quelquefois, à tort bien entendu, cette forme avec l’ictère g-rave et la fièvre jaune.

4° Forme anomale. Cette forme est caractérisée par des accès incomplets, par l’absence de l’un des stades, par leur interversion, ou par la long-ueur des périodes d’accès et d’apyrexie. De telles irrég-ularités doivent faire redouter un accès pernicieux, et d’autant plus que l’accès anomal est plus brusque et plus lég-er en apparence. Nous comprenons dans la forme anomale la fièvre à rechute, ou récurrente, décrite récemment comme espèce morbide. C’est une fièvre rémittente anomale dont les accès durent de trois à huit jours, et les intervalles apyrétiques tout autant. Elle règ-ne en même temps que les autres formes de la fièvre intermittente, et offre les mêmes variétés : bilieuse, catarrhale, comateuse ; mais sans malig-nité.

5“ Forme larvée. Dans cette forme, le mouvement fébrile n’existe pas ordinairement. Toutefois, dans les pays intertropicaux, elle présente souvent des frissons, une sensation de froid éphémère, une lég-ère sueur, ou des urines troubles. Le pouls est quelquefois plus frequent et vif. L’accès est constitué par une névralg-ie ou une névrose : migraine, tic douloureux de la face, gastralgie, pleurodynie, lumbago, métralgie, otalgie.

asthme, toux convulsive, hallucinations, hoquet, œsopha-

g-isme.Le type des accès est ordinairement tierce ou

quotidien et leur durée de une à vingt-quatre heures.

6° Forme cachectique. Pour la facilité de la description et surtout des indications, nous comprenons sous ce titre : 1° la cachexie faisant suite à d’autres formes de la maladie, et aux accès des divers types qui se montrent rebelles au traitement chez les habitants des contrées paludéennes; 2°la cachexie d’emblée qui s’observe fréquemment chez eux et se déclare peu à peu, sans accès précédents.

La cachexie paludéenne d’emblée ou consécuÜve se caractérise par l’alternance de longues périodes à accès et sans accès, par une période ultime à fievre continue ou hectique, par des lésions multiples qui lui sont propres. Le malade, affaibli par des accès de fièvre ou par le séjour dans les lieux où elle est endémique, pâlit; sa peau est œdématiée, les digestions sont troublées; il a le moral affaissé. On observe des accès quotidiens en été, quartes ou tierces en hiver, pendant une semaine ou un mois ; puis ils cessent pendant une autre période de temps, à peu près égale, mais il existe des malaises quotidiens, un pouls faible et fréquent, de la diarrhée ou des sueurs pendant la nuit. Ces périodes

alternantes, avec accès et sans accès, peuvent durer une ou plusieurs années.

La rate, hypertrophiée, remplit quelquefois tout l’abdomen et refoule les org-anes sus-diaphrag-matiques, d’où palpitations et dyspnée. Le foie suhit ordinairement une tuméfaction considérable; et il se produit souvent d autres lésions de ce g’enre dans les reins et les g-ang-lions abdominaux. La leucocythémie et plus rarement la mélanémie viennent imprimer leur cachet à l’org-anisme. L’anémie est profonde, le sang- s’altère, les urines deviennent troubles, abondantes, albumineuses; les muqueuses sont décolorées et l’œdème des extrémités aug-mente; il y a diarrhée, appétit irrég-ulier, moral apathique et dans une indifférence complète. La rate est quelquefois tellement g-onflée, cong-estionnée, enflammée meme, qu il en résulte une collection purulente qui peut se faire jour à travers les parois de l’abdomen, et donne lieu à l’écoulement d’un sang- noir, diffluent, ou d’un pus mal élaboré. Cet accident, qui n’est pas toujours mortel, survient quelquefois avant un deg-ré avance de la cachexie. Enfin, surtout quand on a, comme nous l’avons vu trop souvent, abreuvé le malade de sulfate de quinine ou de sulfate de fer à doses énormes et prolong-ées, la fièvre hectique, les sueurs colliquatives, la diarrhée, achèvent de l’épuiser; il succombe alors dans un état de refroidissement g-énéral au moment d’une syncope ou d’un chang-ement de position. Il est difficile alors de disting-uer ce qui appartient à la maladie et ce quittent au médicament. Mais d’ordinaire, c’est l’ascite, l’œdème, l’anasarque qui prédominent.

Traitement. Le drainag-e des plaines, la canalisation des eaux, le dessèchement des marais et des étang-s, la culture prolong-ée, sont les moyens d’assainissement

les plus utiles. A ces précautions générales, il faut ajouter les soins hygiéniques, et des moyens prophylactiques et curatifs.

Soins hygiéniques. Feux de petits bois dans les demeures, matin et soir et durant le jour à l’époque des brouillards ; affusions froides quotidiennes et extreme propreté ; nourriture de facile digestion ; café et épiceries plutôt que vin et alcooliques ; abstention de l’eau pure ; boire peu à la fois ; éviter les ombrages humides ; ne point se reposer à l’ombre, le corps étant en sueur, surtout dans les localités basses ; couvrir davantage le ventre et la tête ; plus ces parties sont couvertes et transpirent, plus elles sont à l’abri des accidents congestifs internes ; enfin, dans le cas de fièvre opiniâtre et de cachexie, changer de lieu en allant de la plaine sur la hauteur ou à la ville voisine.

Moyens prophylactiques. Ils consistent dans 1 emploi, durant la saison des fièvres, de quatre médicaments consacrés par l’expérience: Y ipéca, le quinquina, 1 arsenic, la noix vomique. On usera des deux premiers pendant une semaine, et des deux autres pendant une autre semaine, en les alternant: le matin de l’un, le soir de l’autre. Dans les grandes fermes ou dans les communautés il suffira de mettre 8 à 10 gouttes de la dilution choisie dans une carafe d’eau dont chaque personne prendra une cuillerée. Ces moyens préservatifs sont surtout indispensables aux réunions d’ouvriers qui exécutent des travaux de route, de terrassement, de défrichement. 11 sera utile d’insister sur Yipéca s il y a diarrhée ou selles faciles; sur le quinquina, s y a faiblesse et sueur au moment où Ion s en-

dort ; sur Y arsenic, s’il y a soif extraordinaire ; sur la noix vomique, s’il y a constipation.

Moybîïs curatifs. Ils constituent le traitement proprement dit, Nous allons l’exposer en détail.

1. Forme commune. Il suffit d’un chang-ement de ré^ g-ime, de quelque voyag>e pour dissiper des accès de fièvre bénins. Ils cèdent aussi à quelques doses àYipeca et de quinquina. Ils cessent parfois spontanément après un certain nombre d’accès. Mais, s’il en est ainsi dans les contrées salubres, les choses se passent tout autrement dans les pays marécag-eux ou nouvellement défrichés. La fièvre intermittente s’y ag-g-rave toujours, lorsqu’elle n’est pas traitée convenablement.

n est très-utile de traiter chaque accès en particulier, puis l’ensemble de la maladie. Cette méthode nous à donné d’excellents résultats. En traitant l’accès luimême, on atténue la violence des symptômes et on g>uérit souvent la fièvre.

L’ipéca, durant le stade de froid, dès le début. Ce médicament correspond à la plupart des symptômes, quelle que soit la variété du type. Il combat l’élément paludéen dans ses effets directs sur l’org’anisme : il rég’ularise la fièvre, caractérise les accès et détermine une apyrexie plus complète.

Le soufre ag-it dans le même sens, dans les cas rebelles à Y ipéca.

L ellébore blanc convient, lorsque le frisson est violent; il y a horripilations, le malade g-relotte, il a la chair de poule, les urines sont troubles, même dans l’apyrexie. La cévadüle est préférable, si le froid se produit avec peu ou point de frissons, et sans soif. La spigélie est son cong’énère.

Tous ces médicaments correspondent aussi aux vomissements, aux névralg’ies, aux malaises du stade de froid.

La noix vomique^ au début de la chaleur, lorsque pendant le froid rien n’a pu réchauffer le malade. Le frisson revient ou s’ag*g*rave, dès qu’il s’ag-ite ou se découvre.

La belladone, lorsque la chaleur est intense et qu’il survient du délire. Le mercure est préférable si la chaleur se montre vive, âcre, très-sèche et anxieuse. A défaut d’indication particulière, Yacomt correspond à l’ensemble des symptômes. On peut lui substituer \actea spicata, si le stade de froid a été long* et intense.

Le quinquina, dès que la sueur s’établit, si elle est de peu de durée et avec soif. La camomille convient mieux aux enfants et aux personnes nerveuses ; le carbonate de chaux, aux personnes obèses. Cette médication de l’accès s’applique à tous les types de la forme commune. ^

Les médicaments adaptés à l’ensemble des symptômes de la maladie s’administrent, durant l’apyrexie, en trois prises, que l’on rapproche d’autant plus que l’apyrexie est moins longue. On les donne pendant le stade de sueur, quand il n’y a pas d’apyrexie. Voici ces médicaments.

Vipéca est encore l’un des plus importants dans les fièvres d’été : symptômes gastriques avant et pendant l’accès, malaises, anxiété, vomissements bilieux, névralgies diverses, sueur longue et fatigante. Ce médicament, administré pendant un ou deux jours, facilite faction du quinquina.

Le quinquina Qsi indispensable dans les endémies, quel que soit le type fébrile, et quels que soient les symptômes de faccès, auxquels d’ailleurs il correspond. On

trouvera très-souvent plus utile le sulfate de quinine, 1 trituration, au 100®, à la dose d’un demi-gramme toutes les deux heures, ou au moins trois fois en un jour, pendant trois ou quatre jours.

La noix vomique n’est réellement utile, ainsi que Varsenic et la fève de Saint-Ignace, que dans les récidives. Mais ces récidives sont moins fréquentes quand le sulfate de quinine est donné sous la forme indiquée : l’’® trituration. Nous avons remarqué que ce médicament, à doses massives, rappelait les accès après une interruption de huit jours. Il semble que, dans l’état d’atténuation et de diffusion moléculaire, il porte son action plus parfaitement dans tout l’org-anisme. On constate qu’il est plus complètement absorbé, et que, tout en étant très-efficace, il ne provoque pas des effets pathog-énétiques. La majeure partie des doses massives est, au contraire, éliminée par les sécrétions, et détermine des symptômes souvent fâcheux.

Les indications de la noix vomique sont : faiblesse qui porte à se coucher dès le début de l’accès; aucune chaleur appliquée ne réchauffe le malade; chaleur mêlée de frissons ou de sensations de froid ; chaleur par bouffées, fatiguante; soif, anxiété; les ong-les bleuissent et parfois restent bleus au commencement du stade de chaleur; le pouls est toujours petit et faible, quoique dur pendant le froid, et quelquefois très-fréquent pendant la chaleur.

arsenic correspond davantag>e à des fièvres nég-lig-ées, opiniâtres. Les symptômes qui l’indiquent sont : irrég’ularité dans la marche et la durée des stades; le froid a peu de durée, mais les frissons sont pénibles, il y a de l’anxiété, même des défaillances, et coloration violacée, bleuâtre des extrémités, même avant que le frisson se déclare. Quelquefois le froid se prolong’e beau-

coup. Il y a souvent soif ardente, mais elle peut ne pas exister. La chaleur seprolong-e ordinairement jusqu’au jour. Le frisson revient facilement quand le malade se remue ou qu’il boit; dans ce dernier cas, le vomissement se répète souvent. La sueur arrive presque toujours le matin, à la fin de la nuit, et elle n’est pas ordinairement abondante ou de longue durée.

ha. fève de Saint-Ignace correspond aux spasmes durant le froid; le malade a soif, il grelotte, tremble, et éprouve quelque phénomène névralgique. La chaleur extérieure le soulage. La chaleur fébrile n’est pas répartie uniformément; elle ne se généralise même pas toujours, surtout à l’extérieur, si ce n’est au moment de la sueur, qui n’est ordinairement pas considérable.

Lorsque la saison est chaude, que la maladie sévit avec vigueur, et que les accès devancent ou se suivent sans apyrexie, on a recours au traitement de la forme pseudo-continue.

2. Forme pseudo-continue, h’ipéca, souvent; souvent aussi Y arsenic et la belladone alternés nous ont rendu de grands services. Lorsque la chaleur est intense, surtout la nuit, avec rêvasserie, délire, tandis que le malade est fatigué par dès idées fixes pendant le jour, Y aconit est très-indiqué. Indépendamment de 1 ipéca,^ sur lequel on a pu insister au'début, nous n’avons trouve aucun médicament plus efficace, contre les symptômes gastriques et les vomissements persistants ou de récidivé, que le tartre stibié, l”® trituration, 10 à 20 centio-rammes toutes les heures. Environ dix heures apres la°première dose, il se produit presque immédiatement une rémission, ou même un accès caractérisé, qui permet d’employer très à propos le sulfate de quinine, sous la forme de 1 gramme de la 1‘® trituration décimale, dose

<jue 1 on répète trois fois par jour, durant trois jours. Dès le second jour, l’intervalle apyrétique est très-marqué. La plupart des médecins de l’ancienne école n’obtiennent ce résultat qu’à la suite d’un ou deux émétiques violents qui affaiblissent le malade et déterminent des symptômes nouveaux, étrang-ers à la maladie, aug-mentés encore par des doses massives du fébrifug-e.

Ce traitement suffît à la g-uérison, et cette g-uéi*ison est rapide. Mais huit jours après l’administration de la première dose de la trituration quinique, il importe d en répéter une dose de 3 g’rammes en un seul jour, et en trois prises. Cette nouvelle dose, au huitième jour, est indispensable; elle s'oppose d’une manière certaine au retour de la fièvre sous un type ou sous un autre ; retour qui a lieu à cette époque presque invariablement chez les sujets qui habitent la localité insalubre et qui sont par conséquent sous l’influence constante de la cause febrig-ène. Aussi, faut-il répéter de sept jours en sept jours l’administration de la dose préservatrice, tant que dure l’endémie. Dans l’intervalle, on continue à administrer quelques doses des médicaments prophylactiques.

G est ici un conseil, un précepte d’une importance capitale. Nous le donnons une fois pour toutes et pour ne pas le répéter à chaque forme de la fièvre intermittente.

^ 3. Forme pernicieuse. Quelle qu’en soit la variété, l’accès foudroyant sera conjuré si on se préoccupe du petit accès prémonitoire, et qu’on administre immédiatement 2 g-rammes de la première trituration décimale de sulfate de quinine., dose qu’on répétera : 1° le soir même;

2° le lendemain matin ; 3“ trois heures avant le moment où a eu lieu le petit accès de la veille. Cette médication

est radicale, elle éloigne le danger et rassure entièrement, mais à la condition de répéter six ou sept jours après le même médicament à la dose de 3 grammes en un jour. Que si l’on n’a pu prévoirie gi*and accès, voici le traitement que nous conseillons et qui nous a le mieux réussi :

Accès algide. La persistance de la cause délétère fournit une première indication majeure : l’administration de l’antidote, du sulfate de quinine. Le défaut de temps dans une maladie dont les évolutions sont si rapides fournit une autre indication importante : suppléer au temps par la grosseur de la dose. Ceci se rapporte, ainsi que la plupart des données suivantes, au traitement du plus grand nombre des accès pernicieux.

Le fébrifuge ne peut cependant être efficace que si l’organisme réagit. Nous avons vu mourir des malades dans des accès algide,comateux, convulsif, cholérique... bien qu’ils eussent pris du sulfate de quinine en quantité considérable; leurs organes étaient inertes. Nous n’avons pas trouvé de moyens pour réveiller la sensibilité d’un malade plongé dans l’accès algide; mais pris au début, cet accès peut-être retardé dans sa marche sidérante. Nous recourons pour cela à Y esprit de camphre de Hahnemann. La dose est ordinairement d’une cuillerée à bouche, mêlée à deux cuillerées de sirop ou d’eau saturée de sucre ; on administre ce mélange par cuillerée à café, de cinq en cinq minutes, jusqu’à ce qu’il se produise de la chaleur, une certaine excitation vasculaire et même cérébrale. Pendant ce temps, on couvre bien le malade, on lui applique des briques chaudes sur la colonne vertébrale, et l’on administre le sulfate de quinine pur, à la dose de 1 gramme dissout dans un peu d’eau à l’aide de quelques gouttes de suc de citron ou

d acide sulfurique. En même temps, une solution d’une dose semblable est injectée dans le rectum.

Les malades sont très-exposés à rejeter le médicament par une selle ou par le vomissement, surtout dans les accès ardent., syncopalcholérique., ictérique; quelquefois son administration dans une tasse de café noir prévient cet accident. Mais il arrive souvent, chez les personnes délicates ou affaiblies, et chez les enfants, que nulle dose de ce médicament, à l’intéideur, n’est supportée ; en ce cas il faut recourir à la pommade de sulfate de quinine, 3 g-rammes pour S ou 6 g'rammes d’axong-e ou de beurre, aig-uisés de quelques g-outtes d’un acide. On 1 emploie en onctions sur l’épig'astre, dans le creux de 1 aisselle, aux plis des aines. En l’absence de pommade, on emploie la même dose du médicament imprég-né de quelques g’outtes d’eau acidulée, en frictions et embrocations sur les mêmes parties, en les recouvrant d’un peu de toile cirée.

Il se produit fréquemment une rémission passag’ère durant un accès pernicieux quel qu’il soit. Ce moment de rémission se montre toujours au bout d’un certain temps, après une dose de sufate de quinine. Il faut en profiter pour en donner une seconde. Celle-ci consiste en 2 ou 3 g-rammes de la 1’’* trituration décimale. On la répète lorsque le troisième accès est terminé, puis encore le lendemain et le jour suivant.

On combat ensuite les effets surnuméraires du sulfate de quinine au moyen du quinquina, adapté à la surdité, aux tintements d’oreille, aux troubles dig-estifs; de la belladone, adaptée aux hallucinations, à la céphalalg-ie, à la dysurie ; de Y arsenic, adapté à la soif excessive, a 1 anxiété, aux douleurs précordiales. Les sixièmes dilutions nous ont paru les doses les plus efficaces en cette circonstance.

Accès ardent. Dès le début, \’aconit et la belladone en les alternant; une dose toutes les cinq minutes, pendant une ou deux heures. Puis, de la même manière, Vipéca et la belladone. Ces médicaments déterminent à peu près à coup sûr une période de rémission, dont on saisit les premiers moments pour administrer le sulfate de quinine. Ici 2 ou 3 grammes de la T® trituration décimale produisent tout l’effet désiré.

Accès sudoral. L’alternance de Vipéca et du mercure que nous donnons à la 6® dilution, doit précéder toute autre médication. Mais on n’attend pas la rémission pour administrer le fébrifug-e. On le donne en pleine sueur, à la même dose que dans l’accès ardent; on répète cette dose dès qu’il se produit quelque rémission, et plusieurs fois ensuite comme il a été dit plus haut. Les phénomènes de réaction exig-ent quelquefois l’emploi du quinquina et de lo. belladone.ipVas rarement de V aconit.

Accès léthargique. La noix vomique, puis le sulfate de quinine., comme dans l’accès précédent.

Accès apoplectique. Au début Varnica. On doit en venir promptement au sulfate de quinine.

Accès comateux. Même médication que pour l’accès algide.

Accès convulsif. La noix vomique doit précéder l’emploi du sulfate de quinine à la f® trituration décimale.

Accès syncopal. Le meilleur moyen pour en triompher nous a paru être le sulfate de quinine à la première trituration décimale, à la dose de 3 g-rammes dans une potion de 120 g-rammes d’eau, à prendre une cuillerée de dix en dix minutes. Id arsenic eile. belladone nous, ont rendu peu de services. U esprit de camphre a produit du soulag*ement.

Accès névralgique. Même médication que pour 1 accès

symopàl, en ayant l’attention de choisir, pour le donner au début et dans l’intervalle des doses du fébrifug’e, le médicament indiqué par le g’enre de névralg’ie et son siég-e. On met pour cela une distance un peu plus g-rande entre les doses de sulfate de quinine.

Accès phlegmasique. Dans cette sorte d’accès, et dans 1 accès catarrhal., nous administrons le sulfate de quinine dès le début ; 2 g-rammes de la l"' trituration décimale, dose que l’on répète cinq ou six heures après, pendant la rémission et aux autres époques déterminées. On a quelquefois à traiter ensuite quelques accidents hépatiques, pleurétiques, etc., par les moyens connus.

Accès cholérique. \Jellébore blanc au début. Il met souvent fin aux évacuations, mais non toujours au froid et au malaise. On profite de la rémission qu’il procure pour administrer le sulfate de quinine, comme dans l’accès sudoral. La belladone et le mercure nous ont paru, dans quelques cas, s opposer à l’invasion d’une dysentérie consécutive.

t Accès hémorrhagique. Nous croyons qu’il n’affecte que des sujets affaiblis ou prédisposés. Leur état pris en considération, le médecin en vient au fébrifug-e aussitôt que possible, quel que soit le siég'e de l’hémorrhag-ie. Cependant, si elle consiste en vomissements de sang-, on aura recours aux lavements et à la pommade indiqués plus haut. La 1“' trituration décimale à l’intérieur est préférable.

Accès ictérique. Au début et dans toutes les exacerbations, la belladone et Yaconit. Sulfate de quinine à la 1 trituration décimale; comme pour Y accès phlegmasique.

4. Forme anomale. Cette forme de la maladie se déclare quelquefois d emblée, surtout chez les personnes ner-

veuses, les vieillards, les sujets dartreux ou g’outteux. Ne peut-elle jamais être consécutive à quelqu’une des autres formes, principalement la cachectique? Il n’est pas rare que des accès irrég’uliers, même lég'ers, surtout lég’ers, dirons-nous, soient les avant-coureurs d’un accès pernicieux durant la saison d’été ou d’automne. Dans ces circonstances, tout fait un devoir au médecin de combattre un accès irrég-ulier par le sulfate de quinine : 1 g*ramme de la l’’® trituration décimale, trois fois par jour, pendant deux ou trois jours, avec répétition d’une dose tous les sept ou huit jours; on doit, ensuite, s’appliquer à rég*ulariser les accès.

Pour remplir cette indication, nous avons constaté un g*rand nombre de fois l’efficacité de Y ipéca administré pendant deux jours, même quand il n’y a pas d’apyrexie complète ; on prescrit ensuite le soufre pendant deux jours. C’est la 6“ dilution qui a le mieux réussi. Cependant la 30° de soufre nous a paru ag'ir plus efficacement chez les sujets irritables. Il suffit d’administrer une potion de 250 g’rammes, à consommer en deux jours. L’accès, en se rég-ularisant, présente ses trois stades successifs, et la fièvre revêt les types quotidien ou tierce ; on la combat par les médicaments de la forme commune.

Si l’irrég-ularité persiste, on aura recours aux médicaments suivants :

Au soufre, s’il y a : frissons, chaleur, frissons : l’accès offrant ainsi le redoublement du frisson au lieu de la sueur. arsenic est son meilleur auxiliaire ;

A Y aconit et à la fève de Saint-Ignace : frissons et chaleur alternant, puis sueur, ou sueur partielle, ou absence de sueur ;

A la noix vomique : frissons alternant avec chaleur,

puis sueur ; ou chaleur, puis frissons suivis de sueur ; le soufre, en ce dernier cas, complète son action; -

A Y arsenic : chaleur et sueur, sans frissons, ou bien stade de froid peu marqué ;

Au rhus : horripitations suivies de sueur ;

A la belladone : chaleur, sueur et froid ; camomille, si la sueur se confond avec la chaleur ;

A la noix comique : sueurs, rissons, sueur; ou froid, sueur et chaleur.

Chacun de ces médicaments, administré pendant deux ou trois jours, doit être suivi, dès le lendemain, d’une dose de 3 g-rammes T® trituration, au 100®, de sulfate de quinine, donnée en trois fois, en un seul jour.

La fièvre récurrente doit se traiter comme la forme commune. La long-ueur dès accès se prête parfaitement au traitement. On trouvera à l’article consacré aux divers catarrhes les indications particulières. Durant l’apyrexie, on prescrira 1 g-ramme par jour de la l®"" trituration, au 100®, de sulfate de quinine, en une seule dose.

5. Forme larvée. Son traitement est institué d’après ' une double indication : l’intermittence de l’affection, et les symptômes de l’affection elle-même, llipêca est encore ici un médicament important, lorsqu’on observe quelques mouvements de froid initial ou de spasme, ou quelque chaleur ; ou enfin de la sueur, et surtout l’urine trouble. Ce dernier symptôme nous a fourni une indication précieuse pour l’emploi de Xipéca et du quinquina dans des fièvres larvées opiniâtres. En g-énéral, nous donnons Yiqtéca durant la première moitié de l’intervalle apyrétique, et le quinquina durant l’autre moitié. La noix vomique jouit d’une g*rande efficacité dans les névralg'ies intermittentes. Il faut administrer pen-

dant l’accès le médicament adapté à l’espèce de névalg-ie ou de névrose. Cette méthode est très-utile dans les contrées paludéennes.

6. Forme cachectique. Lorsque les accès s’accompag'nent de phénomènes cachectiques, la cévadille et le chlorure de sodium sont particulièrement indiqués.

. ho, cévadille correspond aux symptômes : faiblesse et lassitude musculaires, g’rande sensibilité au froid, peau d’une teinte sâle, g-risâtre; mauvaise humeur; éloignement pour le travail ; troubles de l’intelligence ou de l’imagination ; faiblesse des sens ; raucité de la voix ; urines troubles avec miction cuisante ; accès irréguliers avec prédominance de froid, tremblement des membres plutôt que frissons, toux sèche, absence de soif ; chaleur de courte durée, ou violente et incommode ; sueur faible, ou se déclarant avant le froid ou la chaleur ; le froid alterne souvent avec la chaleur ou la sueur.

Le chlorure de sodium est utilement alterné avec la cévadille. Il correspond d’ailleurs à la période sans accès de la cachexie : indiftérence à l’égard de toute chose, inaptitude au travail, erreurs de la mémoire, troubles de la vue et de l’ouïe ; douleur et gonflement aux hypochondres ; frissons avec somnolence, froid habituel, soif, chaleur la nuit avec bouillonnements de sang et battements des artères ; chaleur anxieuse ; sueur le matin et par le moindre exercice.

Le carbonate de chaux et la cantharide rendent des services signalés chez les enfants, les sujets lymphatiques, quand il y accès irréguliers, œdèmes considérables, mouvements de chaleur âcre et divers symptômes d’irritation des muqueuses.

Lorsque par le progrès de la maladie, Y ipéca a cessé d’être indiqué, ou qu’il est impuissant, Yellébore blanc

jouit d une grande efficacité, il correspond aux symptômes : abattement, décourag'ement, eng'org’ement de la rate et du foie, anémie, altération des traits, syncopes, refroidissement de la peau, affaiblissement de l’ouïe et de la vue, urines troubles et abondantes, périodes d’borripitations et de chaleur âcre, alternatives de frissons et de chaleur ou de froid et de sueur, sueurs froides partielles ou sueur qui devient froide, retour des frissons après qu’on a bu de l’eau froide, quoiqu’on la désire beaucoup, vomissements faciles, selles aqueuses ou non dig'érées.

Le soufre est indiqué absolument. Il fait souvent renaître des accès caractérisés qui sont plus faciles à combattre. Au moyen du soufre et du quinquina alternés pendant quatre et cinq mois, en variant les dilutions et en intercalant quelques doses de chlorure de sodium^ nous avons pu obtenir une g’uérison complète dans un cas de cachexie avec eng’org’ement prodig’ieux de la rate et perforation des tég’uments de l’abdomen, suppuration, écoulement sang-uinolent.

Dans des cas de cachexie à marche très-lente, quand les accès plus ou moins rég*uliers reviennent par périodes, 1 arsenic est un médicament souverain pourvu qu on 1 administre pendant deux mois environ, deux ou trois jours par semaine, en intercalant de loin en loin une dose de soufre. Lorsque le malade a abusé du sulfate de quinine en nature, le quinquina se montre l’un de ses meilleurs antidotes. Nous préférons alors le maeérate ou tisane froide de quinquina [quinquina concassé 1 g’rarame, eau 250 g-rammes, à macérer pendant douze heures. Cette dose est prise en deux ou trois fois chaque jour). On continue son emploi pendant six ou huit semaines, avec des interruptions de deux jours chaque semaine.

Parmi les médicaments moins importants, mais qui peuvent être très-utiles dans quelques cas, nous citerons le mercure: tremblements habituels, peau pâle, blanchâtre, œdèmes, urines troubles, chaleurs ou douleurs profondes pendant la nuit ; Y osa fœtida, Y acide sulfurique^ la renoncule bulbeuse^ mieux adaptés à des douleurs dans l'hypochondre g-auche.

Dans les pays où la fièvre intermittente est endémique, en observe souvent des accès qui résistent à toute médication pendant une et deux années, sous le type tierce ou quarte. Ces accès cèdent souvent à des moyens empiriques que l’on administre de la même manière que la trituration de sulfate de quinine. En voici quelques-uns.

Toiles (Saraignées prises dans les g'rands mag’asins ou dépôts de farines : 2 à 3 g-rammes par jour. Cette substance agit plus efficacement à la l” trituration décimale ; cédron., -piment de la Jamaïque., eucalyptus globulus., qui sont regardés par quelques médecins comme des succédanés du quinquina (f® trituration décimale, ou quelques gouttes de la teinture mère).

Nous ne donnerons pas la longue liste des substances réputées fébrifuges. Presque toutes celles qui jouissent de quelque propriété stimulante, astringente, coupent la fièvre. Nous avons vu des colons la couper avec le macératé de pois chiches., le suc de persil, de céleri, Y essence de menthe...; et des militaires recourir pour cela au vin chaud, à Y eau-de-vie camphrée, au poivre, au cognac, au rhum, à Y ail, à Y oignon....

Dans la plupart des cachexies, surtout quand les malades ont abusé de certains médicaments salins ou minéraux, les médicaments homœopathiques, aux premières atténuations, et les eaux minérales sont souvent fort utiles. Parmi celles-ci nous citerons les eaux d’En-

causse, de Royat, de Bondonneau, du Mont-Dore, de Vais (la Dominique), de Louëche.

De tous les travaux publiés sur la fièvre intermittente, ceux des D'* Escallier et Jousset sont les seuls qui nous aient été de quelque utilité. Nous avons trouvé dans les autres une multiplicité d'indications futiles et par la même dangereuses, au point de vue pratique, Cest en Afrique, en pleine colonisation, que nous les avons iuo-és. Là, dons une longue série d'hivers et d'etes, qui se succédaient au milieu de maladies paludéennes, constamment les mêmes dans leur désespérante variété de saisons, nous avons jugé aussi les autres méthodes au

lit des malades. on • n Ucs

Nous avons vu à l'œuvre les doctrines officielles, les médications recommandées par les conseils de santé militaires et la méthode du D' Boudin. Cette méthode, qui a fait tant de bruit par un certain nombre de guérisons dues à l'emploi de l'arsenic, s’est montrée bien in e-

rieure à colle que l’homœopothie avait mise entre nos mains, et qui étendait ses bienlaits sur un eerelede plusieurs villes et sur les cinq ou six cents hommes reu- . nis àStaouëli. (Voyez notreami?«c * Stameh. Bailliere, ISbl ) Une chose essentielle nous manquait cependant, le changement de lieu, l’air de la France,-nousn avions pas celle ressource P'“ieuse. et cependant conmte- Lts et cachectiques .guérissaient comme lés febriei

tants. -'X

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