‹ Figaro et ses devanciers. Avec la collaboration de Paul d'EstréeChapitre 125 sur 178 · Almanach des gens d'esprit, éd. cit , l. iiOl · texte numérisé non relu

Almanach des gens d'esprit, éd. cit , l. iiOl

vit S ouvrir devant lui un nouveau champ à semer satires et pamphlets. Qu'on se rappelle les « "nouvellants » sur les promenades publiques et les nouvellistes dans leurs salles de rédaction, appelés, tantôt des merles, tantôt des lorrains et des autrichiens. Chevrier va être un « lorrain » et un « autrichien )) au sens propre du mot. Il ne pardonnera pas à la Maison de France d'avoir exclu de Lorraine la dynastie des Habsbourg, dont les représentants lui en paraissent les souverains légitimes. Désormais Louis XV, la Pompadour, leurs favoris et leurs ministres, vont servir de but à ses traits acérés. Ainsi qu'il avait l'ait pour les dames de Nancy, il mit au théâtre — en collaboration avec son ami Fournier — le bon Stanislas et sa Cour. Mais l'alTaire se gâta. Les deux camarades furent exilés; Fournier fut chercher fortune en Autriche, et Chevrier, sur la fin de 1743, vint à Paris, oi^i il publia, en 1744, « un roman moral et critique », Recueil de ces dames, et, en 1745, Bi-bi, autre roman, toujours critique, mais beaucoup moins moral.

En 1746, il part pour l'Italie, où les dames, desquelles il continue à médire, veulent le faire assassiner; si bien qu'il doit s'estimer heureux d'être attaché, l'année suivante, en qualité de secrétaire, au marquis de Cursay, qui commande les troupes de Louis XV en Corse et de le suivre dans l'île, dont l'annexion est imminente". Il y travaille à l'orga-

l. Rappon de l'inspecteur Meusuier, 20 août 1753, éd. Ravaisson, XII, 364-65. — Ou trouve dans le dossier de Chevrier aux Archives de la Bastille, B. A. ms. 1-2 152, f. 281-338, des lettres du marquis de Cursay ot des fragments de Chevrier sur la Corse.

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