‹ Figaro et ses devanciers. Avec la collaboration de Paul d'EstréeChapitre 135 sur 178 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

I. Mme Doublet et le Président de Bach.iumont. Le couvent des Filles-Saint-Thomas. La l'aroisse. Les deux registres. « Cela sort-il de chez Mme Doublet? ■> — IL Les précurseurs : le « Cabinet » de la Bruyère; l'Académie française; le club de l'Entresol. — lll. Les nouvelles à la main, organe de la Paroisse : leurs origines. La circulaire de Bachaumont. Vogue des nouvelles de la Paroisse. — lY. Un bureau auxiliaire : le comte et la comtesse d'Argental. — V. Gillet, valet de chambre et chef de nouvelles. Les « cascades » de la Paroisse. — VI. Pidansat de Mairobert. — VIL Sartine se décide à sévir. Kaud'mann et son commis Lamy de Joursan. Les nouvelles de la Paroisse descendent dans la rue. Morts rapprochées de Bachaumont et de Mme Doublet. — VIII. La Paroisse se désagrège. Les registres en sont livrés à l'impression, sous le titre de Mémoires secrets. — IX. Monde d'Angerville, successeur de Mairobert. — X. Autres entreprises de nouvelles à la main. La Correspondance secrète dite de Métra et ses ramifications. Les nouvelles à la main source de libelles et des pamphlets.

Au milieu du quadrilatère formé par la rue Notre- Dame-des-Victoire.s, la rue Neuve-des-Filles-Saint- Thomas, la rue Feydeau et la rue de Richelieu —

là OÙ s'élève aujourd'hui la Bourse — dans Tencadrement de somptueux hôtels, dont le temps avait noirci les larges pierres, se trouvait, avec son église et ses jardins, le cloître des Filles-Saint-Thomas. Le couvent lui-même avait, comme dépendances, plusieurs hôtels, habités par des gens de qualité et par de riches bourgeois. Un de ces hôtels était attenant de l'église sur la droite, dans le fond de la cour; et la porte principale en donnait sur la rue Neuve-des-Filles-Saint-Tliomas. Le 11 avril 1716, étaient venus s'y établir M. et Mme Doublet de Breuillepont '.

Louis Doublet, trésorier général du duc d'Orléans, avait épousé, en 1693, Marie-Anne Legendre, fille du fermier général. Quand il mourut, en 1722, sa femme avait quarante-cinq ans. C'était une nature exquise, .toute de sentiment. Son esprit orné et bienveillant retenait autour d'elle les personnalités les plus éminentes du monde des lettres et des arts; elle aussi dessinait et gravait; mais c'était sa bonté gracieuse qui captivait et groupait en une cour charmante les plus nobles caractères et les esprits les plus fins-.

Parmi eux, un jeune homme se distinguait par

1. Les études publiées sur la Paroisse sont déjà nombreuses. On citera notamment Edm. et J. de Goncourt, liacliaumonl, dans les Portraits intimes du XVIll" siècle, éd. in-16, 1880; Paul Cottin, fJn protégé de Bachaumont, 1887, in-1-2; Paul Bayle et Ja.:;ques Horblay, dans la Nouvelle revue, nov.-déc. 1905, p. 2i;-!-36 et 395-113. Les patjes consacrées par Paul Bayle et Jacques Herblay à la Paroisse et à Mme Doublet sont charmantes de grâce, d'esprit et do pittoresque; et l'on placera auprès d'elles le Bachaumont, père des échos de Pai'is, de M. Louis de Préaudeau, Bévue hebdomadaire, 2-2 févr. 1908, p. 535-52.

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