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correspondant ou le bureau d'adresse de ces Messieurs. Un de leurs domestiques y vient tous les jours chercher les lettres et les paquets qu'on y dépose à leur adresse, et y remet ce qu'ils envoient à la Ville, que l'épicier se charge de faire tenir K »
Le 21 février 1781, Moufle d'Angerville fut arrêté sur les minuit, rue de Berry, au Marais, où il logeait chez Mme de Ghampigny, sa cousine, veuve d'un conseiller au Pailement. On saisit sur lui sept cartons remplis de papiers-nouvelles, «. formant une collection de 1766 jusqu'en 1781 - », sans doute lune des séries de la Paroisse. Une lettre de cachet avait également été lancée contre Rendu, son domestique, qui fut arrêté dans une chambre oîi il demeurait, rue des Arcis. Il servait de secrétaire à son maître, comme tous les domestiques de nouvellistes, et reconnut qu'il faisait de chaque feuille trois copies, dont l'une était envoyée à Rotterdam, l'autre à Minden et la troisième à Bruxelles \
Est-ce en raison de cette correspondance étrangère que Moufle fut conduit à la Bastille? peutêtre; mais surtout parce qu'il était l'auteur de la Vie privée de Louis XV, pamphlet qui ne faisait pas moins de bruit que les Anecdotes de la du Barry par Mairobert, son prédécesseur. En ces années
1. Rapport anonyme, de l'écriture de Buhot, apostille, en date de 1764 par le lieutenant de police, B. A. ms. 1-2 238. f. o08 v'. ftdstiU.e drnuilrc, S' livr., p. 53. 3. Jltid., p. r.î.
(1781-1782) le gouvernement tente un dernier effort contre Tennemi irréductible, mais ce qu'il reproche à présent aux gazetiers c'est qu'ils sont, en même temps, les auteurs, les copistes, les colporteurs, des terribles pamphlets — lesquels ne sont parfois que des recueils de nouvelles à la main et, du moins, sont toujours inspirés et documentés par des services de nouvelles à la main — qui sapent la monarchie, la société, les traditions, la religion et diffament les premiers personnages de l'État. « JNous nous imaginons, écrit Arthur Young, que les magasins des libraires Debrett et Stockdale à Londres sont encombrés; mais ce sont des déserts à côté de celui de Desenne et de quelques autres (au Palais-Royal); on a peine à se faufiler de la porte jusqu'au comptoir.... Chaque heure produit sa brochure; il en a paru treize aujourd'hui, seize hier et quatre-vingt-douze la semaine dernière. Dix-neuf sur vingt sont en faveur de la liberté. »
En regard des Mémoires secrets, il importe de signaler un autre grand recueil de nouvelles à la main, qui, à peu d'années près, date de la même époque : la Correspondance secrète, politic^ue et littéraire on Mémoires pour servir à Vhistoire des Cours... connue généralement sous le nom du plus
célèbre « nouvcllant » de ce temps, le bonhomme Métra'.
La Correspondance secrèle était imprimée par la société typographique de Neuwied. iMétra n'avait rien à y voir. Elle était Tœuvre dun bureau de nouvellistes semblable à la Paroisse, mais qui est parvenu à se soustraire aux investigations des policiers et à celles des historiens. Toujours est-il que la Paroisse de Mme Doublet et ses continuateurs d'une part, et, de l'autre, le bureau « Métra », qui a publié la Correspondance de Neuwied, ont été, pendant les vingt dernières années de l'Ancien Régime, les deux sources d'oîi sont sorties toutes les correspondances de nouvelles à la main aujourd'hui connues.
A l'agence Bachaumont- Mairobert- Angerville appartiennent les nouvelles éditées sous le titre Paris et Versailles, Journal anecdotiqne {llQl-il89)^; de môme que les Nouvel les à la main de la fin du règne de Louis A'I" publiées par M. le vicomte de Grouchy d'après le manuscrit Anisson-Duperron ^.
D'autre part, M. Maurice Tourneux a établi^ que la Correspondance secrète imprimée par M. de Lescure% correspondance envoyée en Russie, ainsi que les lettres du baron de Kageneck à desti-