Le Mariage de Figaro, acte III, scène vu
Le plagiat est aussi ancien que la littérature. « Nous autres gazetiers, écrit Fauteur de la (Juinlessence des nouvelles^ nous nous pillons les uns les autres. » Les rédacteurs en chef se plaignent sans cesse « que leurs nouvelles transpirent à d'autres nouvellistes- ». Sarazin avertit son confrère Tollot « que ses mémoires se divulguaient extrêmement dans le public » et que « le nommé Claudot, sa société et autres les avaient^ ».
Ce Sarazin, comme on Ta dit, était un nouvelliste de valeur. Tollot et Felmé essayèrent de se Tadjoindre. C'est l'opération, toute moderne encore, de la fusion de deux feuilles rivales; mais Sarazin entendait conserver son indépendance. Alors les deux compères « conçurent de Tindignation contre lui et complotèrent de le perdre : ils lui suggérèrent de fausses nouvelles, afin qu'il les insérât dans les siennes^ ».
Nos journalistes se jalousent, se détestent, se dénigrent; ils se battent à coups d'épigrammes :
London. le ninrcliaiiil de nouvelles, M'accuse de son discrédit, Pour n'avoir dit vrai quand j'ai dit Que rien n'était moins nouveau ([u'elles. En conséquence il a pris soin De me tirer, je ne sais comme, Un certificat d'honnête homme :
Chacun sent, dit-on, son besoin s.
1. Journal de Mmo du Noyer, pulil. à La Haye, ii" du 19 août 1720.