‹ Figaro et ses devanciers. Avec la collaboration de Paul d'EstréeChapitre 41 sur 178 · Gui Patin, Lettres, Rotterdam, 1715, II · texte numérisé non relu

Gui Patin, Lettres, Rotterdam, 1715, II

L'un de ces malheureux est-il mis à la Bastille ou fouetté en place publique, il l'annonce sur le mode triomphal et le bonhomme Loret, en sa Muse historique, fait écho — ne cessant de déclamer :

Contre ces maudits nouvellistes, Plus méchants que les athéistes, Hais des hommes et des dieux...

Encore cette colère des rédacteurs de feuilles imprimées contre l'œuvre souterraine des nouvellistes, qui détournent d'eux abonnés et lecteurs, peut-elle s'expliquer. Mais comment excuser cette jalousie entre confrères qui sont tous également proscrits? La plupart des gazetiers mis en état d'arrestation doivent leur disgrâce à la délation d'un concurrent. Hérault, lieutenant de police, le constate, en 1737, au cours d'une lettre au duc de Noailles.

C'était, dit l'un d'eux, « une haine envenimée de ces trois personnes (trois nouvellistes) contre moi; de là ces brigues, ces jalousies et les fausses insinuations qu'ils ont su glisser à la police ' ». Yanneroux avait été embastillé pour nouvelles h la main. Rendu libre, il reprend sa plume, mais,

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