‹ Figaro et ses devanciers. Avec la collaboration de Paul d'EstréeChapitre 9 sur 178 · LES CHASSEURS DE NOUVELLES · texte numérisé non relu

LES CHASSEURS DE NOUVELLES

Vu nouveau domesli(iue dans les grandes maisons : le chasseur de nuuvcUes. — Il est agréé par les couvents et se glisse chez les ministres. — Il cultive tous les genres. — Il se transforme pour étendre ses opérations. — 11 fournit une, deux, trois maisons. — Il prend des au.\iliaires : il tient hurftau de nouvelles.

De Paris, le 6 janvier 17:21, le marquis de Balleroy écrivait à sa femme :

« Je viens d'arrêter un nouvelliste dont on m'assure que vous serez contente. »

Les parents, les amis, les relations, même avec les serviteurs comme auxiliaires, ne suffisent pas. On s'adresse à des spécialistes, de qui l'on sera en droit d'exiger, moyennant une rétribution précise, la ponctualité et l'exactitude. Les personnes de qualité auront ainsi leur informateur, chargé de recueillir et de transmettre les échos du jour, personnage qui fera partie de leur « domestique », au même titre que le suisse ou le maître d'hôtel.

Un compte manuscrit des recettes et dépenses du duc de IMazarin porte cet article :

Au sieur Portai, pour les nouvelles qu'il fournit toutes les semaines par ordre de Monseigneur, et pour cinq mois, h 10 livres par mois 50 livres.

Outre ces appointements fixes, le chasseur de nouvelles avait droit de prendre place à la table de l'office, quand le hasard de ses courses ramenait, à l'heure du repas, dans le quartier où résidait son maître. « Et vous pensez bien, dit l'un de ces pauvres diables, que le hasard se présentait tous les jours. »

« Il n'y a point d'hôtel fréquenté qui n'ait son nouvelliste, lisons- nous dans les Entretiens du Palais-Royal^ et, comme c'est ordinairement un être qui va chercher dans tous les recoins de quoi remplir sa tâche, il rapporte indistinctement tout ce qu'on lui dit : souvent même il imaginera pour se rendre intéressant en tâchant d'amuser. » Type heureusement renouvelé du nouvelliste de Plante, qui « savait et disait tout », jusqu'aux plus intimes propos de Jupiter et de Junon.

Les recueils de correspondances, rédigées par ces informateurs aux gages dune grande maison, sont conservés en si grand nombre — les uns encore inédits, les autres déjà publiés — que la place ferait ici défaut pour en donner une simple énumération.

Le maréchal de Luxembourg employait à cet office un aventurier, qui se donnait pour gentil-

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