‹ Figaro et ses devanciers. Avec la collaboration de Paul d'EstréeChapitre 96 sur 178 · i août 1661, ibid., f · texte numérisé non relu

i août 1661, ibid., f

On s'est d'ailleurs aperçu à la Cour que Foucquet y multipliait ses observateurs :

« J'ai aussi compris, lui écrit le même correspondant, que, de plusieurs personnes qui vous rapportent ce qu'elles peuvent attraper, il y en a beaucoup qui s'y gouvernent étourdiment..., ce qui a fait dire à la reine-mère, depuis peu, que vous aviez des espions partout. »

Puis c'est Louis XIV en personne qui porte son attention sur les menus laits rapportés par les petites gazettes'.

Le cardinal de Fleury, le comte de Maurepas eurent de même leurs nouvellistes, chasseurs d'informations, eux aussi, tenus de réserver aux seules personnes qui les employaient le produit de leur reçoit»;; mais cet accord se rompait souvent. Le nouvelliste cédait à la tentation d'expédier sa gazette à un cercle d'abonnés plus étendu. Tel ce Laurent- Maximilien Gaultiei-, frère d'un conseiller au Parlement. Il fut conduit à la Bastille le li décembre 1710. 11 remettait régulièrement au lieutenant de police, pour Fleury et pour Maurepas, des gazettes à la main, sous l'engagement de ne les communiquer à qui que ce fût; mais on découvrit qu'il en expédiait « à plus de soixante personnes de considération - » , notamment à Dulys, ce juif richissime, qu'avait alTolé sa passion pour la Pélissier de l'Opéra, au point

r. Lettres de Marville à Maurepas, cd. Boislisie, t. 1, préface, p. xxii. 2. V. ci-dessus, p. 61-62.

de vouloir faire assommer un rival trop heureux. Son complice, un brelleur, avait été pendu ; mais Dulys, condamné à la roue, avait pu fuir et, d'Amsterdam, où il s'était réfugié \ il versait à Gaultier, pour son abonnement, 1 200 livres par an (près de 4000 francs de valeur actuelle). Gaultier rédigeait ses feuilles en collaboration avec Fun des plus grands écrivains du xv!!!"" siècle, l'abbé Prévost, à cette date secrétaire du prince de Conti", et qui dut fuir à l'étranger, tandis que Gaultier sortait de la Bastille, le 4 février 1741 , avec un exil à cinquante lieues de Paris.

Que si nos hommes d'État hâtaient de leurs vœux et favorisaient de leurs subsides les envois des gazetiers de France et de Tétranger, les cours de FEurope n'y prenaient pas moins d'intérêt'. Nous l'avons déjà constaté, à propos des ambassadeurs d'Angleterre et de Hollande sous Louis XIV. Quand une rupture se produisait entre les cabinets de Versailles et de Saint-James , le Foreign office recevait de Paris des avis et des renseignements émanant d'agents secrets, des gazettes

1. Mémoires-anecdotes pour servir à l'histoire de Dulys, Londres, 1739.

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