Mémoires (Paris, 1792), III
2; Mémoires, IV, 280-83.
Argenson1, Marville2; mais c'est à tort qu'on n'y a vu qu'un goût du monarque pour les anecdotes galantes : il serait tout aussi juste de reprocher à l'honnête bourgeois, qui lit chaque matin son journal, de ne se plaire qu'au récit de scandales et de crimes. Que Louis XV ait recherché les nouvelles plus spécialement consacrées à la chronique de Cythère, celles que l'on nommait les « petites nouvelles » — c'est possible; — mais ce qu'il importe de préciser, c'est que, en désirant lire les gazetins, il ne faisait qu'imiter les plus importants, voire les plus graves de ses sujets; il se conformait à l'exemple des plus illustres hommes d'État.
Le cardinal de Richelieu, déjà, s'efforçait d'apprendre par cette voie les mouvements de l'opinion. Mouhy le constate à l'honneur de sa profession : <( C'était de ces fleurs qu'il faisait le bon miel3 ».
Mazarin de même.
Foucquet avait à ses ordres une armée de nouvellistes, desquels les « manuscrits » sont en partie conservés4. L'intérêt en est des plus vifs : que si le surintendant, à l'apogée de sa puissance, eût accordé une attention moins superficielle à ces relations, peut-être aurait-il évité sa chute retentissante. Elles émanent d'informateurs nombreux et divers ; en voici qui portent cotillons et boucles