‹ Figaro et ses devanciersChapitre 103 sur 194 · CLIENTÈLE PRINCIÈRE · texte numérisé non relu

CLIENTÈLE PRINCIÈRE

de vouloir faire assommer un rival trop heureux. Son complice, un bretieur, avait été pendu; mais Dulys, condamné à la roue, avait pu fuir et, d'Amsterdam, où il s'était réfugié1, il versait à Gaultier, pour son abonnement, 1 200 livres par an (près de 4 000 francs de valeur actuelle). Gaultier rédigeait ses feuilles en collaboration avec l'un des plus grands écrivains du xvme siècle, l'abbé Prévost, à cette date secrétaire du prince de Conti2, et qui dut fuir à l'étranger, tandis que Gaultier sortait de la Bastille, le 4 février 1741 , avec un exil à cinquante lieues de Paris.

Que si nos hommes d'État hâtaient de leurs vœux et favorisaient de leurs subsides les envois des gazetiers de France et de l'étranger, les cours de l'Europe n'y prenaient pas moins d'intérêt3. Nous l'avons déjà constaté, à propos des ambassadeurs d'Angleterre et de Hollande sous Louis XIV. Quand une rupture se produisait entre les cabinets de Versailles et de Saint-James , le Foreign office recevait de Paris des avis et des renseignements émanant d'agents secrets, des gazettes

1. Mémoires-anecdotes pour servir à V histoire de Dulys, Londres, 1739.

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