Mariage de Figaro, acte V, scène m
Les gazettes manuscrites ou feuilles de nouvelles sont également prohibées; mais, comme le fait observer l'auteur de la Bastille dévoilée, « les ustensiles d'un écrivain de gazettes se bornent à une plume, une écritoire et une feuille de papier; le pamphlet' une fois copié, remis à des mains sûres, rien ne pouvait trahir le secret. Une imprimerie, au contraire, exige un attirail considérable, qui souvent a servi à dévoiler les mystères que Ton cherchait à ensevelir2. »
. C'est Figaro :
« Je taille encore ma plume et demande à chacun de quoi il est question3. »
Ces feuilles de nouvelles sont de vraies lettres, rédigées par un « nouvelliste à la main », pour plusieurs correspondants, des abonnés. On les appelle i « nouvelles à la main », ou « gazettes secrètes », ou « feuilles de nouvelles », ou « gazetins », ou « petits manuscrits ». Fond et forme en sont semblables aux « lettres de nouvelles » dont il vient d'être question. L'unique différence, c'est que le chasseur de nouvelles était directement connu et relevait en quelque sorte de la domesticité de son: client — encore ce lien très mince allait-il se relâchant, — tandis que le « nouvelliste à la main » n'avait affaire qu'à des abonnés, à des abonnés dans le sens moderne du mot.
1. Le mot « pamphlet» a dévié de son sens. Il signifiait originairement une mince brochure, imprimée ou manuscrite, quel qu'en fût le contenu. En anglais le mot a conservé sa signification première.