‹ Figaro et ses devanciersChapitre 50 sur 194 · Placct de Sarazin, B. A. ms. 115-li, f · texte numérisé non relu

Placct de Sarazin, B. A. ms. 115-li, f

pour réduire la concurrence, il ne cesse ne dénoncer ses confrères l.

On revient toujours à Figaro :

« J'annonce un écrit périodique, dit-il en son célèbre monologue, et, croyant n'aller sur les brisées d'aucun autre, je le nomme Journal inutile. Pou-ouî je vois s'élever contre moi mille pauvres diables à la feuille (nouvellistes); on me supprime et me voilà derechef sans emploi ! »

Le chevalier de Mouhy est le digne émule, et dans quelles proportions! du délateur Vanneroux; ce qui lui vaut cette lettre, irritée, d'un misérable confrère menacé d'incarcération :

Il sera donc toujours vrai que les gens du même métier ne peuvent s'accorder. Vous voulez absolument nous découvrir et nous faire enfermer. Vous n'en viendrez pas à bout, Monsieur le chevalier; mais permettez que je vous représente, en bon confrère, que vous avez tort d'en vouloir à nous autres pauvres nouvellistes, qui n'avons pour vivre que nos nouvelles. Si nous avions comme vous, chacun, une jolie femme, nous nous passerions de faire des nouvelles. Un bon financier viendrait tous les jours courtiser nos femmes et laisserait de quoi bouillir la marmite. Vous pensez qu'à un bon nouvelliste rien n'échappe et que je sais parfaitement que votre femme, qui a rebuté autrelois Marville, d'Argenson et quelques autres, est à présent courtisée par un financier qui vous méprise autant que vous le méritez, parce qu'il sait fort bien que c'est vous qui l'avez prostituée.

Prenez bien garde que je ne fasse de cet article un des

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