LAI ORME
Où est-il, ce petit drôle qui s'échappe malgré mes ordres?.,. Je le trouverai....
YABLOPE, se levant.
Qu'e<-t-ce que c'est, IM. Laforme?.... On ne vient point malhonnêtement troubler <les artistes dans l'exercice de leurs fondions.
LAFORME.
11 rue le faut, ou je bouleverse tout ici....
VARLOPE
Monsieur le cordonnier, ayez donc des formes ?.... Que diable ?
LAFORME.
ËALLET-PAÏVTOMÎME. 33
LAFORME.
Ah ! je te vois , petit coquin ; tu as beau te cacher derrière Madame Varlope : ouvrez moi donc , que j'aille le rosser d'importance.
CADET
Ne lui ouvrez pas.
LAFORME.
Non ? alors je casse les vîlres. ( Il s' élance à ttaoers la glaré it la déchire (*) ; les acteurs qui étaient de l'autre côté, le sui^ ¥ent , en criant : yirrétez ! Varlope le saisit pur un bras « l'autre acteur ^ habillé de même en Alntai>ii>a ^ le saisit par Vautre. )
LAFORME.
Laissez-moi, Monsieur Varlope. Eh bien ! qu'est-ce que je vois donc r' est-ce que j'ai la berlue : ils sont deux! CADET , se je tant à ses genoux.
Mon oncle , pardonnez moi.
LAFORME.
Non , je ne le veux pas,
VARLOPE
Il faudrait qu'il fût bien coupable, pour que vous ne lui {)ardonnassiez pas.
LAFORME.
Si vous saviez ce qui en est, vous qui parlez pour lui. Il ne vient pas ici pour votre belle comédie ; il t^.n soucie comme de rien du tout; il vient pour votre femme , à qui il fait la cour.
VARLOPE
Pour ma femme! il serait possible que je fusse tout
de bon un véritable comte Alm.iviva/ CADET.
Preiive que vous ne Tête', pasj Monsieur Varlope , c'est que j'adore Madc;moiselle Toiiiette , et que je l'épouse si vous voulez.
LAFORME.
Et une dot ?
(*) Nota. Pour ne pus (L'ihirer une gaze cfiatpie fois qu'on Joue lu pièce ^ un l'ussujétit sur une tringle qui tombe avec la gaze , au montent où le père Lafornu Jeint de la hriier.
CADET
Si vous me refusez, je vous quitte ; je m'engage dans une troupe de comédie ; je pars pour les Grandes-Indes , et jVmpoite mon talent. {Il feint de partir^ et revient sur If devant de la scène. )
TOINETTE
Il part, mon petit oucle ?
LAFOBME.
Eh bien! pars pour les Grandes-Indes ; va, bon sujet , je serai débarrassé de toi.
VARLOPE, courant après lui au fond.
II ne partira pas. Cadet, Cadet , reviens donc !
CADET , sur le devant.
Me voilà , je n'étais pas parti.
VARLOPE
Je souffrirais que tu me quiilasses , que tu allasses porter tes talens sous un autre hémisphère. Non, ti n'e5 pas fait pour les Grandes-Indes. Epouse Toinette. Je lui donne s? dot; et au lieu du mariage de Figaro , nous aurons joué aujourd'hui le mariage de Marceline.
TOINETTE
J'aime autant ça.
LAFORME.
Et moi , ça m'est égal ; pourvu que j'en sois débarrassé, faites ensemble vos bamboches, vos parades.... VARLOPE.
Parades , ignorant ! Vous ne savez donc pas ce que c'est que la comédie ?
LAFORME.
Je le sais aussi bien que vous : ça se chante,
« La comédie est un miroir.,..»
VARLOPE
Eh bir^n ! si vous saviez que la comédie est un miroir , il i^e fallait pas casser la glace.