‹ Filles du feuChapitre 10 sur 35 · RÉFLEXIONS · texte numérisé non relu

RÉFLEXIONS

« Et puis... » (C'est ainsi que Diderot commençait un conte, me dira4-on.)

— Allez toujours !

— Vous avez imité Diderot lui-même.

— Qui avait imité Sterne...

— Lequel avait imité Swift.

— Qui avait imité Rabelais.

— Lequel avait imité MerUn Coccaïe...

— Qui avait imité Pétrone...

— Lequel avait imité Lucien. Et Lucien en avait imité bien d'autres. Quand ce ne serait que Tauteur de Y Odyssée, qui fait promener son héros pendant dix ans autour de la Méditerranée, pour l'amener enfin à cette fabuleuse Itha que , dont la reine , entourée d'une cinquantaine de prétendants, défaisait chaque nuit ce qu'elle avait tissé le jour.

— MMs Ulysse a fini par retrouver Ithaque,

— Et j'ai retrouvé l'abbé de Bucquoy.

~ Parlez-en.

Je ne fais pas autre chose depuis un mois. Les lec*^

leurs doivent être déjà fatigués — du comte de Bucquoy le ligueur, plus tard généralissime des armées d'Autriche;

— de M. de Longueval de Bucquoy et de sa fille Angélique,

— enlevée par La Corbinière ; — du château de cette famille, dont je viens de fouler les ruines.. .

Et enfin de Tabbé comte de Bucquoy lui-même, dont j'ai rapporté une courte biographie, — et que M. d'Argenson, dans sa correspondance, appelle : le prétendu abbé de Bucquoy.

Le livre que je viens d'acheter à la vente Motteley vaudrait beaucoup plus de soixante-neuf francs vingt centimes, s'il n'était cruellement rogné. La reliure, toute neuve, porte en lettres d'or ce titre attrayant : Histoire du sieur abbé comte de Bucquoy, etc. La valeur de rin-12 vient peut-être de trois maigres brochures en vers et en prose, composées par l'auteur, et qui étant d'un plus grand format, ont les marges coupées jusqu'au texte, qui, cependant, reste lisible.

Le livre a tous les titres cités déjà qui se trouvent énoncés dans Brunet, dans Quérard et dans la Biographie de Michaud. En regard du titre est une gravure représentant la Bastille, avec ce titre- au-dessus : V Enfer des vivants, et cette citation : Facilis descensus Avernû

On peut lire l'histoire de l'abbé de Bucquoy dans mon livre inlilulè : Les lllamincs (Paris, Victor Lccoù). On peut consulter aussi l'ouvrage in-12 dont j'ai fait présent à la Bibliothèque impériale.

Je me suis pcuiF-êtrc trompé dans Texamcn de Tccusson du fondateur de la chapelle de Ghâalis.

On m'a communiqué des notes sur les abbés de Chàalis. « Robert de la Tourette, notamment, qui fut abbé là, de 1501 à 1522, fit de grandes restaurations.., » On voit sa tombe devant le maître-autel.

« Ici arriTent les Médicis : Hippolyte d'Est , cardinal de Ferrare, 1554; — Aloys d'Est, 1586.

» Ensuite : Louis, cardinal de Guise, 1601; Charles-Louis de Lorraine , 1630. »

Il faut remarquer que les d'Est n'ont qu'un alérion au 2 et au 3, et que j'en ai vu trois au 1 et au 4 dans Técusson écartelé.

« Charles II , cardinal de Bourbon (depuis Charles X, — l'ancien) lieutenant général de l'Ile-de-France depuis 1551, eut un fils appelé PouUain. »

Je veux bien croire que ce cardinal-roi eut un fils naturel; mais je ne comprends pas les trois alérions pogés 2 et 1. Ceux de Lorraine sont sur une bande. Pardon de ces détails, mais la cr«nnaissance du blason est la clef de rbistoire de France.. c Les pauvres auieurs n'/ peuvent rienl

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