‹ Filles du feuChapitre 30 sur 35 · EL DESDICHADO · texte numérisé non relu

EL DESDICHADO

Je suis le ténébreux, — le veuf ^ — rinconsolé, Le prince d'Aquitaine à la tour abolie : Ma seule étoile est morte, — et mon luth constellé Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

Dans la nuit du tombeau, toi qui m*as consolé. Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie, La fleur qui plaisait tant à mon cœur désolé. Et la treille où le pampre à la rose s'allie.

Suis-je Amour ou Phébus?... Lusignan ou Biron? Mon front est rouge encor du baiser de la reine ; J'ai rêvé dans la grotte où nage la syrène...

Et j'ai deux fois vainqueur traversé TAchéron : Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée Les soupirs de la sainte et les cris de la fée.

LES CHIMÈRES

MYRTHO

Je pense à toi, Myrtho, divine enchanteresse. Au Pausilippe allier, de mille feux brillant, A ton front inondé des clartés d'Orient, Aux raisins noirs mêlés avec l'or de ta tresse.

C'est dans ta coupe aussi que j'avais bu Fivresse, Et dans l'éclair furtif de ton œil souriant. Quand aux pieds d'Iacchus on me voyait priant. Car la Muse m'a fait l'un des fils de la Grèce.

Je sais pourquoi là-bas le volcan s'est rouvert... C'est qu'hier tu l'avais touché d'un pied agile. Et de cendres soudain l'horizon s'est couvert.

Depuis qu'un duc normand brisa tes dieux d'argile. Toujours, sous les rameaux du laurier de Virgile, Le pâle Hortensia s'unit au Myrthe vert I

Page 1