ANTÉROS
Tu demandes pourquoi j'ai tant de rage au cœur Et sur un col flexible une tête indomptée; C'est que je suis issu de la race d'Antée, Je retourne les dards contre le dieu vainqueur.
Oui, je suis de ceux-là qu'inspire le Vengeur, Il m'a marqué le front de sa lèvre irritée. Sous la pâleur d'Abel, hélas! ensanglantée. J'ai parfois de Caïn rinjpiacable rougeur !
Jéhovahî le dernier, vaincu par ton génie. Qui, du fond des enfers, criait : « 0 tyrannie! » C'est mon aïeul Bélus ou mon père Dagon...
Ils m'ont plongé trois fois dans les eaux du Cocyte,
Et protégeant tout seul ma mère Amalécyte,
Je ressème à ses pieds les dents du vieux dragon.
DELFIGA
La connais-tu, Dafné, cette ancienne romance. Au pied du sycomore, ou sous les lauriers blancs.
LES CHIMÈRES
Sous Folivier^ le myrthe ou les saules tremblants, C®tte chanson d'amour... qui toujours recommence!
Reconnais-tu le Temple, au péristyle immense. Et les citrons amers où s'imprimaient tes dents? Et la grotte, fatale aux hôtes imprudents. Où du dragon vaincu dort Tantique semence.
Ils reviendront ces dieux que tu pleures toujours! Le temps va ramener Tordre des anciens jours; La terre a tressailli d'un souffle prophétique...
Cependant la sibylle au visage latin
Est endormie encor sous Tare de Constantin :
— Et rien n'a dérangé le sévère portique.