‹ Fin de l'ind�ependance boh�eme (volume 2)Chapitre 120 sur 157 · AMOS ET LOI'KACH · texte numérisé non relu

AMOS ET LOI'KACH

rai de la Loi aboutissait à une violation des règles supérieures de rÉvangile. Est-ce un scrupule de conscience bien légitime que de refuser un serment qui préviendrait une injuste condamnation? Défendre aux Frères d'accepter toute charge publique, n'était-ce pas écarter du pouvoir les plus dignes et livrer les pauvres et les humbles à une plus rude oppression? — Deux partis se formèrent bientôt; Tun se composait surtout des anciens compagnons de Grégoire, de ceux qui avaient partagé les souflrances et l'enthousiasme des années de tristesse et de terreur ; l'autre se recrutait plutôt parmi les nouveaux adhérents de l'Unité, qui apponaient un esprit plus libre et moins dominé par le souvenir des luttes passées, une intelligence plus juste des nécessités de l'existence, plus d'instruction aussi et moins de défiance pour la science '. Le chef des premiers fut un Morave, Amos, fanatique, résolu, violent, non sans valeur du reste • ; les seconds furent représentés surtout par des anciens étudiants de ITniversité de Prague; ils ont presque tous laissé un nom dans l'histoire de l'Unité, Jean Taborsky, Laurent de Krasonitse '\ Jean Klénovsky et surtout Procopc de Jindrikhov- Hradets^et Loukach de Prague.

Loukach, né à Prague vers 1460, avait fait ses études à l'Université utraquiste. L'ardeur de ses opinions ca-

I, « La cause (de la persécution de 1509) fui non seulement Ihostilitê des ennemis extérieurs, heureux, suivant leur coutume, de nuire au petit troupeau, mais encore quelques faux Frères. Car une discussion s*était élevée entre les Frères au sujet de la puissance séculière : un chrétien peut-il en bonne conscience être un seigneur, se senir de Tcpée, prêter ou demander un serment ? Quelques-uns le niaient, comme de nos jours les anabaptistes: mais la majorité se prononça pour les seigneurs. » (Histoire des persécutions, ch. 23). Cp. Tarticlc de Jos. Jiretchek sur Japhet, Tchas, i88i,

a. Amos semble avoir été du nombre des Adamitcs que Gregoire avait

acceptés dans TUnité; il faisait le commerce de la cire. Il eut pour pnncipal auxiliaire lo meunier Koubik.

3. Laurent fut reçu bachelier en 1479. H passa par les mêmes crises que Loukach ei subit les mêmes influences. Il fut scandalisé des contradictions des Uiraquistes, qui se séparaient deTÉglise romaine et lui demandaient de consacrer leurs prêtres. V., pour toute cette période, Tarticle de Goll sur la formation du Petit-Parti dans TUnité yTchas- 1886).

Page 1