DISCIPLINE MORALE DES FUF.RES
maison et ne perdra pas son temps à bavarder. Elle n'achètera et ne veftdra rien sans l'aveu de son mari, sera économe pour pouvoir être charitable. Elle assistera régulièrement au service divin et préparera le samedi ce qui est nécessaire pour le dimanche, afin de consacrer au Seigneur ce jour tout entier. Quand les enfants sont jeunes, le père s'entendra avec la mère pour que l'un ne loue pas ce que l'autre n'a pas approuvé. Qu'ils ne montrent pas slm^ enfants leur tendresse naturelle, mais les élèvent dans le respect, la crainte de Dieu et les vertus chrétiennes. « Qu'ils les habituent à l'obéissance. Quand on dit à un enfant : fais ceci, il faut qu'il le fasse; laisse ceci, il faut qu'il le laisse. » Tous les frères doivent être traités de la même manière, surveillés, pourvus de ce qui leur est nécessaire, mais non habitués à la gourmandise et au luxe. Que leurs parents les instruisent par leurs exemples et leur enseignent à connaître et à servir Dieu.
Les décrets passent ainsi en revue toutes les conditions et tous les moments de l'existence, partout avec le même souci de précision et de netteté. Il y a .là un dessein évident de saisir l'homme tout entier, de lui dicter sa conduite non seulement dans les circonstances solennelles, mais à tous les moments, à toutes les heures. On a parlé à ce propos de simplicité excessive et même d'enfantillage; n'est-ce pas plutôt la preuve d'une profonde connaissance de l'àme humaine et d'une habileté inconsciente, mais supérieure? Seule, une surveillance de tous les instants assouplit et façonne les volontés ; les principes généraux, trop vagues, n'y suffisent pas. Le Frère n'est pas chrétien de nom, par occasion; la morale évangélique forme autour de lui comme une atmosphère hors de laquelle il ne saurait vivre; elle est plus qu'une loi, ^lle est une habitude. Sans doute les défaillances individuelles n'ont pas manque parmi eux; en général cependant, ils ont réalisé leur programme. Toujours relativement peu nombreux, tenus en éveil par l'observation jalouse de leurs adversaires, débarrassés parla persécution de tout ce bagage compromettant
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de pusillanimes ot do sccptic|ues qu'attire le succès* ils firent une réalité de ce qui dans la plupan des autres sectes chrétiennes n'était qu'un souvenir et un idéal. Ce n*est déia pas une si médiocre originalité que d*ugir comme Ton parle et de pratiquer s;i loi*
Ijii diiX'Ction nouvelle imprimée à ri'nité avait eu pour résultat presque immédiat de lui amener de très nombreux adhérents, recrutés dans les classes les plus diverses; beaucoup attendaient pour ainsi dire à la pi>rte, rebutés iusqu'alors par des exigences ti\»p rigoureuses; dès qu'on Peut entrebâillée, ils sy pix^cipitèrent, marchands, bourgeois» chevaliers, seigneurs; une secte iusqu'alors sans autorité et sans crédit était en ti^in de devenir un parti a\ec lequel il faudrait compter. Les progrès des Frères nous sont attestés par Tattention que commencent à leur accorder les Catholiques. Jusqu'alors ils étaient demeurés assez indifférents, plutôt stuisfaits d'une diversion qui atlaiblissait les Calîxtins ; leur inquiétude s'éveille, leurs polémistes entrent en campagne, le pape Alexandre VI ordonne à l'inquisiteur Henri Institoris de se rendre en lk>hème et en Moravie ', pour y convertir les hérétiques vaudois et brûler leurs livres. Assez peu satisfaits du résultat de leur campagne littéraire *, les Catholiques s'adressèii:nt au roi, et le />Y5 doux prince se laissa aisément persuader. Dés^irmé contre les Utraquistes trop forts et protégés par les traités, il n'était pas fâché de donner à T Eglise une preuve facile de son dévouement. Les premiers décrets de Vladislas ,i5ihi' ne visiuent que ceux des PicarJs qui habitaient sur les domaines de la couronne ou dans les \illes nnales; son autorité n'allait pas plus loin, et lesrésolutitmsde la diète obligeaient seules le^ seigneurs. Or, si le clergé utniquiste rivalisait de zèle avec les prêtres catholiques, les laïques manifes-
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