‹ Fin de l'ind�ependance boh�eme (volume 2)Chapitre 142 sur 157 · Gesch. Bœhmens, p. 43 G · texte numérisé non relu

Gesch. Bœhmens, p. 43 G

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sente nullement un caractère particulierde cruauté ou d^intolérance. D*aboid ces lois ne s'appliquent qu^aux personnes qui ne sont pas originaires de Bohème et ne visent en rien les Allemands sujets du royaume ; elles répondaient d'ailleurs aux idées universellement répandues et enfin elles étaient presque imposées par la nature du gouvernement. Les décrets qui refusaient aux étrangers le droit d'acquérir des propriétés ne concernaient en effet que les « biens libres », dont la possession entraînait en général le droit de siéger aux États : personne ne crie h la pQ*vsécution parce que les constitutions modernes n'accordent pas le droit de suffrage aux étrangers non naturalisés; lorsque quelques centaines de familles détenaient toute Tautoritc, n*était-il pas prudent de se mettre en garde contre l'envahissement de l'élément étranger? Les Tchèques ne haïssaient alors ni ne persécutaient les Allemands, nous en avons la preuve évidente dans le langage des hommes qui approuvaient le plus fermement la législation existante, de Vchehrd par exemple, mais ils entendaient demeurer maîtres chez eux, et leurs mesures paraissaient assez bien calculées pour que le retour des siècles de sujétion et de déchéance qu'avait traversés la Bohème, fût à jamais évité.

Pour le moment, non seulement les Slaves reprenaient pas à pas dans l'intérieur du royaume le terrain qu'ils avaient perdu auparavant, mais leurs progrès étaient sensibles dans les autres provinces de la monarchie. I^ xv* siècle est une époque d'affaiblissement et de décadence pour l'Allemagne; sous l'effet de causes multiples, elle perd momentanément sa force de résistance et d'expansion et recule sur toutes ses frontières : à la grande période de conquêtes du xiiic ei du XIV* siècles, a succédé une période d'engourdissement et de défaites. Au nord, la puissance de l'Ordre Teutonique, sa sentinelle avancée vers l'est, est battue en brèche par la Pologne, fortifiée par son union avec la Lithuanie. Le second boulevard de la race^ germanique vers le nord-est, la Silésie, est entamé à son tour. Breslau a sans doute balancé la f»»rtune de Podicbrad et empêché la for-

PROlîRKS l>n LA NATIONALITK TCHKQIK 4II

mation d'un grand empire tchèque; mais quelle a été sa recompense ? Il lui a fallu subir la tyrannie d'un hongrois, accepter pour gouverneur Etienne Szapolyai qui ne savait pas rallêmand, et le joug de MathiasCorvin a pesé si durement sur elle qu'elle a été trop heureuse d'accepter Vladislas pour roi et d'unir de nouveau ses destinées au royaume slave de l'Elbe. Découragée, épuisée par ses longs et stériles efforts, elle sera longtemps incapable de reprendre sérieusement la lutte. — Et jamais pourtant l'heure n'a été aussi grave : '^e tous côtés le tchèque gagne du terrain ; la Haute Silésic est déjà presque complètement perdue pour la race germanique; dans la Silésie moyenne, le comté deGlatz redevient slave avec une inquiétante facilité; dans la Basse Silésie même et en particulier sur le territoire de Glogau, la longue domination de seigneurs d'origine slave favorise les progrès du tchèque *.

En Moravie, les petites villes, qui étaient au moins en grande partie allemandes, sont toutes redevenues tchèques; la résistance est plus longue à Brno, à lihlava, à Znoym, mais leur isolement les condamne à capituler dans un temps plus ou moins long ; la noblesse morave suit en eflTet la même politique que les diètes de Bohême, mais avec plus de vigueur encore et de suite. Déjà les dernières citadelles de la race germanique sont en partie occupées par l'ennemi : la proportion des Slaves à Brno augmente rapidement, et, dès la fin du xy^ siècle, l'usage du tchèque s'introduit dans le tribunal des échevins, à lihlava. Au-delà des limites du ro3'aume, dans le nord de la Hongrie, habite un rameau détaché de la race tchèque, les Slovaques; depuis longtemps, ils avaient perdu tout souvenir de leur origine, et pauvres , ignorants , perdus au milieu de races plus avancées et plus nombreuses, ils semblaient condamnés à une disparition prochaine. Le passage des armées hussites, la longue domination d'un chef de bande, Jiskra, dont

I. Grûnhagen, Gesch. Schîcsiens, i, p. Sgi. « Pendant le xv* siècle, un bon tiers de la Silésie est rcamquis pur la race slave, w (p. hjd).

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