‹ Fin de l'ind�ependance boh�eme (volume 2)Chapitre 35 sur 157 · PROJET DE FKDKIUTION EUROPÉENNE I I · texte numérisé non relu

PROJET DE FKDKIUTION EUROPÉENNE I I

ces diplomatique considérable que de lier sa cause ii la cause du roi de France et d'éviter ainsi un isolement qui était à lui seul une condamnation? Et quel triomphe si par impossible Marini réussissait! La papauté était déchue de la primauté qu'elle revendiquait, et toutes ses colères étaient vaines contre le restaurateur de TUnité européenne, qui recevrait certainement, en récompense de son initiative^ le commandement de l'armée fédérale contre les Turcs. C'était donc une très remarquable machine de guerre contre la papauté. Georges aurait-il songé à réorganiser l'Europe, s'il n'y eût été poussé par une nécessité de défense personnelle? — Très probablement non. Attaqué, il se défendait comme il pouvait. De là à l'accuser d'égoïsme, il n'y a qu'un pas. Mais l'égoïsme est un devoir strict pour un souverain, et son tort serait de risquer le salut de son peuple sous prétexte d'expérimentation. Ces conceptions générales ne servent jamais qu'à dissimuler des ambitions personnelles : les politiques s'en servent, les naïfs seuls et les sots les prennent plus au sérieux qu'il ne convient, et, emportés par leurs rêves, perdent pied et succombent, entraînant dans leur chute les nations qui leur ont confié leur fortune.

-Quelles étaient les chances de succès de Marini? — Aussi faibles que possible, presque nulles, et rien ne démontre que Georges ait eu de grandes illusions à ce sujet. Mais que risquait-il à tenter l'aventure? Il inquiétait le pape, l'obligeait à le suivre dans des intrigues très compliquées, détournait son attention du point central où le moindre coup porté eût été redoutable. N'était-ce rien d'ailleurs que de se présenter au monde comme le défenseur des intérêts généraux de la Chrétienté? Quelle meilleure réponse aux accusations de Pie II? L'opinion publique était très habilement provoquée à une comparaison entre le pape qui, tout entier à ses rancunes, oubliait le péril musulman, et le roi qui, en dépit des plus injustes attaques, cherchait les moyens de relever la croix à Constantinople.

Pie II, en face d'une si brillante défense, n^avançait qu'avec bcrmc.oiip de précaution et de lenteur ; il compre-

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naît les dangers d'une fausse démarche, bien résolu à ne rien aventurer et à ne se découvrir qu'au moment propice. II opposait une résene pleine de sang-froid, d'attention, de suite, aux pointes hardies et aux brusques ofl'ensives de Georges. Leur tactique était commandée par leur position respective. Le roi était obligé de recourir aux expédients, de masquer par des feintes rapides ses points faibles, très nom breux, et de remplacer à force d'audace et d'imagînation les ressources solides qui lui faisaient défaut. Le pape, que les retours offensifs de son ennemi n'alarmaient pas sérieusement, veillait et anendait; comme il n'avait rien à craindre que ses propres fautes, il ménageait ses coups, observait, ne brusquait rien, tenait compte des interventions £aLvorabIes à Georges, afin de ne pas mécontenter les autres princes, mais ne reculait jamais. II comptait sur deux puissants alliés, plus fidèles que les amis passagers du roi : le temps, qui finirait bien par lui fournir une occasion, une ambition à soudoyer, une révolte à encourager, et la tradition. Il savait ce qu*il voulait, et tout le monde le savait comme lui, te comprenait, et dans une cenaine mesure au moins, l'approuvait, parce qu'il représentait le passe. Georges ne s'adressait qu'à des aspirations timides et confuses : ses projets inquiétaient plus qu'ils ne séduisaient. Les temps n*étaient pas mùn^. Lui-même n*avait qu^unc conscience obscure de Tceuvre qu*il accomplissait.

Peu à peu aussi et malgré les diversions et les raidsdQ Podtêbrad» Pie II gas;nait du terrain. La réfonne de TEmpire s'était heunée à d'invincibles résistances et avait échoué une seconde fois. La république de Venise , dont la prudence avait été ertrayé^: par rincohêi'ente activité de Paventuricr fronçais» avait ix^poussé TatUance de la Bohème et lui avait pr^tcré cvrlîe de la Hor\grie septembre i^ô? . L*empereur, dcl* vré par ta mort de son ennemi le plus gênant, son frère Abert» et récoaci- iê ennn avec Math'as CcriFin par les soins cj: .i^îat* nVtait plus pout^ Georges un ami sur» puisqu'il navat: p u> besoin de lui. La ^rort Je îa fer:n:e de Mathias, ': r. c i^ r^OvSrvJ. i\!:^vr'">:. a\.: t iv^^ru •<?< 'iens qui

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