‹ Fin de l'ind�ependance boh�eme (volume 2)Chapitre 96 sur 157 · i53o. — Tchas. tchcsk. M., i · texte numérisé non relu

i53o. — Tchas. tchcsk. M., i

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ne soit pas dissipe, — ramasse tout ce qu'il trouve et Tapportc à SCS collègues de Prague : ils étaient fort pauvres, c'est leur excuse, \a\ veuve proteste; on la jette en prison, « jusqu'à ce que peut-être de douleur elle s'en aille du monde. »* Des bourgeois de Prague attaquent rUnivcrsitc, lui demandent la restitution des biens saisis, que la veuve leur a laissés par testament ; Sigismond prouve qu'il s*agit d'une serve de l'I^iiversité, et les serfs ne peuvent ni se marier iti tester sans l'autorisation du seigneur : le tribunal lui donne raison '.

Qui osera soutenir que ces faits fussent rares? Non pas qu'il convienne d'en tirer des conclusions trop sombres, mais il faut s'en souvenir, en même temps que des crimes agraires, des incendies fréquents, des tentatives d'insurrection, pour se faire une idée juste de la condition des paysans, moins malheureux peut-être encore qu'exposés à tous les caprices de maîtres fantasques et à tous les hasards de la fortune.

Les bonnes intentions mèmesde leurs seigneursleurêtaient redoutables : un domaine, par vente ou par héritage, passait alternativement aux catholiques, aux utraquistes, aux frères bohèmes : heureux les fermiers, si leurs propriétaires n'étaient pas trop soucieux de leur salut ; heureux aussi, s'ils n*étaient pas trop zélés défenseurs de la vertu. Leur justice sommaire rappelait souvent celle des pachas turcs; un noble par exemple, rencontrant une jeune fille légère, qui s'en était laissé conter avant la noce, tombe sur elle à coups de pied et à coups de poing; il fallut la lui arracher, et elle ne s'en releva pas.

Ces puritains étaient rares, mais beaucoup plus nombreux en revanche ceux qui avaient besoin d'ai^ent. Vchehrd signale à plusieurs reprises les exactions des nobles. « Je ne dirai rien, écrit-il en s'adressant aux seigneurs de Postoupirss faute de pouvoir m'y étendre assez, sur la justice, la bienveillance que vous montrez à tous et la liberté que vous laissez

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