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tchèque : on ne s'en émut guère. La réponse des Catholiques, qui n'était pas beaucoup plus imprévue, était du moins fort habilement calculée pour produire quelque impression sur Maximilien : ils lui rappelaient ses serments, le suppliaient de ne pas compromettre son autorité par des concessions aux rebelles, et insinuaient discrètement que, si on les poussait à bout, ils pourraient tout comme d'autres refuser de délibérer sur les propositions royales *. Le pape ne demeurait pas inactif, multipliait ses brefs, s'adressait à tous ceux auxquels il supposait quelque influence, au duc de Bavière entre autres : celui-ci s'excusait, il ne connaissait personne en Bohême, les relationsdece royaume et de l'Empire germanique étaient très rares *. — Mais si la Curie n'avait pas de nombreuses accointances en Bohême, elle en avait en Pologne et en Allemagne.
Pris entre deux menaces, Maximilien ne répondait pas. Les jours passaient et rien n'arrivait. La situation cependant ne pouvait se prolonger. Les esprits se montaient rapidement. Les seigneurs des deux partis avaient amené leurs domestiques, quelques hommes d'armes : qu'une rixe éclatât entre les valets, et l'on aurait une bataille dans les rues. Les prédicateurs attisaient les passions : — un jour, l'Administrateur Dvorsky de Helfenbourg, secrètement converti au Catholicisme, mais qui, sur les ordres de l'archevêque, se donnait toujours pour Utraquiste, parce que sa situation lui permettait ainsi de rendre plus de services à la Curie; un autre jour, maître Frontode Plzen, qui, dans la cathédrale de Prague, comparait les Luthériens à la bête de l'apocalypse. Les Protestants se plaignirent avec aigreur, et, sans le respect qu'inspirait Guillaume de Rosenberg à tous les partis, on en fût peut-être venu aux mains. Les Évangélistes accusaient les Catholiques des plus noirs desseins. Les étrangers étaient nombreux à Prague, les kaliens sunout, qui formaient la clientèle spéciale des Jésuites : on